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Foule au concert de Gaâda Diwane Béchar au théâtre de Verdure

Quand la touchia se met en mode Gnawi !

gaada887 Il n’y avait plus où se mettre, mardi soir au Théâtre de verdure de Riadh El Feth à Alger, pour assister au concert Gaâda Diwane Béchar (GDB), pour la clôture du Festival international du diwane, organisé à la faveur du deuxième Festival culturel panafricain (Panaf’).


On s’était même installé derrière les buissons attenants aux gradins du théâtre pour danser au rythme gnawi. On avait prévenu : la « gnawamania » est devenue un phénomène sociologique. Il n’y à qu’avoir ces jeunes, avec chèches et tenues sahariennes, tentés de danser en transe ou de faire semblant. A deux mètres de la scène, on se massait par centaines pour voir évoluer un groupe en incessante quête de perfection. Gaâda diwane Béchar s’est annoncé avec une nouvelle version de Dhib el ghaba (le loup de la forêt) avant d’enchaîner avec Amine, amine, Salamou salamou puis l’inévitable Gnawi hamouda… Une touchia a ensuite servi de prélude à Sobhan Allah sifna ouala chetoua, grand succès du groupe, puisé dans la sève de Ya el Mustapha ghir aliya, l’indémodable qaçida chaâbie. Aïcha Lebgaâ, seule voix féminine de GDB, a interprété, toujours fidèle à elle même et à son Timimoun natal, un morceau arrangé de l’Ahelil, célèbre chant du Gourara. Ya ouled Rah ellil a enflammé un public déjà sur les charbons ardents. Avant le spectacle, Abdelaâti Laoufi, chanteur et percussionniste, nous avait prévenus : « On ne veut pas que le public s’ennuie. On veut que le public danse et écoute aussi. Il y a de belles paroles à écouter en pensant à l’Afrique et à l’Algérie », a-t-il ajouté. Au chapitre des nouveautés, il y avait cette fusion entre le classique Sobhan ya Latif, immortalisé par El Hadj M’Hamed El Anka, Lalla Mira, du diwane pur sucre, et un morceau kabyle. « On a appris le kabyle. C’est une ouverture », a précisé Abdelaâti Laoufi. C’était l’un des passages les plus réussis du spectacle. Des sonorités orientales ont été ajoutées à un plat déjà riche en couleurs. Dommage que parfois la guitare électrique a tendance à étouffer le son agréable du gumbri, parfaitement joué par Tayeb Laoufi. Alaâ, le célèbre compositeur de la Saoura et que l’Alger culturel semble oublier, n’était pas loin dans le lancement de Chkina Lillah avec une mélodie saharienne fort appréciée par les inconditionnels du diwane. Alaâ n’avait-il pas sa place dans le Panaf’ ? Le public ne cessait de réclamer Ghoumari, lalla mimouna, bien chanté par Aïcha Lebgaâ, en dépit de quelques chutes mélodiques. Et puis, avant la fin, les présents ont eu droit à un petit bonus, avec l’interprétation de Sidi Benbouziane, véritable « hymne à la joie » des Diwan’s people. Même si Sidi Benbouziane commence à lasser un peu les rénovateurs du gnawi ! Mais comment expliquer cet engouement pour le gnawi, rappelant l’âge d’or de la musique rai ? « El hadra est algérienne et maghrébine. Cette transe qu’on a en nous. Les thèmes du diwane sont ceux de chants sacrés et mystiques connus. Des artistes ont travaillé et on amené cela au public. Il y avait des choses qui étaient oubliées. Certaines choses ont été modernisées. Le traditionnel dans cette musique est compatible avec la modernité. Cela plaît aux jeunes », a souligné Abdelaâti Laoufi. GDB prépare un troisième album composé d’une douzaine de nouvelles chansons. « On traîne pour la préparation de cet album. Tout est prêt, les compositions et les textes. Il nous faut un peu de temps et des moyens. Nous cherchons des sponsors. On lance un appel d’ailleurs pour des sponsors qui croient en nous », a précisé le leader de ce groupe d’une dizaine de membres dont des musiciens français. Ziara, le dernier album du groupe, remonte à 2003. L’album live, enregistré à Alger en 2001, a eu un grand retentissement. Abdelaâti Laoufi a souhaité que le Panaf’ se tienne au moins tous les deux ans. « On ne va pas attendre quarante ans pour voir organiser un autre. Il faut que ça devienne une habitude », a-t-il lancé au public. Début août, Gaâda Diwane Béchar animera un double concert à Tlemcen.

Par Fayçal Métaoui

EW 16 07 2009

Radio Hchicha

juillet 16th, 2009

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