Recettes de cuisine

Qalb el louz

L’enfance de l’art. Ce fut probablement la première pâtisserie créée par les peuples qui avaient fait des céréales leur culture vivrière. Toujours à la recherche de nouveaux horizons gustatifs, l’homme a fini par découvrir le mélange céréales et matières sucrées, fruits, miel, etc. Les cuisines berbères en ont gardé quelque chose : assalou, thaqnetah (tomina) toujours au goût du jour dans le Maghreb. Graines oléagineuses, semoules, miel ont donné des dizaines de variantes dans le pourtour méditerranéen. Restées primitives, les recettes des origines ont été détonnées par des formes plus évoluées.
Voilà, le qalb el louz débarquant d’Andalousie, au XVIe siècle dans les impedimenta des refoulés d’Espagne. Les cuisines du Maghreb intègrent la spécialité dans leur répertoire gastronomique sous les appellations de harissa et chamiya. Qalb el louz, étant une dénomination typiquement algéroise, semble être plutôt tiré du nom d’une spécialité de pâtisserie française, le cœur d’amande.

Création de calife
Echamiya (la Syrienne), harissa, qalb el louz sont à base de semoule travaillée avec corps gras (smen, beurre), mouillée et aromatisée à l’eau de fleur d’oranger, avec cuisson au four et imbibée d’un sirop (cherbet) en fin de cuisson. Le procédé semble élémentaire mais dans la pratique, il faut avoir un sacré coup de main. La préparation de la spécialité est rare dans la cuisine domestique, d’où la popularité des débits durant le Ramadhan. Cette spécialité aurait été créée par le calife el Ma’moun au Xe siècle. Le riz aurait été employé à l’origine. On en retrouve plusieurs recettes dans les livres de recettes de l’époque sous la dénomination de ma’mounia, du nom de son créateur. Une grande variété de recettes en a dérivé. Au Moyen-Orient, on les appelle halwa, helva, basboussa. La ma’mounia est aujourd’hui syrienne et plus particulièrement d’Alep. On la sert au petit déjeuner en dessert ou au déjeuner, elle est également offerte aux femmes en couches afin qu’elles reprennent des forces. (Claudia Roden. A Book of Eastern Cookery).

Ingrédients
Pour la semoule
– 500 g de grosse semoule
– 1/2 verre de beurre (environ 100 g)
– 1 c à soupe de sucre
– 1 c à soupe d’eau de fleur d’oranger
Pour l’amande
– 250 g d’amandes en poudre
– Environ 20 à 30 g de sucre
– 1/2 c à café de cannelle
Pour le sirop
– 600 g de sucre cristallisé
– 600 g d’eau
– 1/2 verre à thé d’eau de fleur d’oranger

– Faites d’un côté votre mélange semoule, beurre, eau de fleur d’oranger, vous égrenez. et de l’autre, votre mélange amande, cannelle et un peu de sucre, vous égrenez aussi.
– Mélangez progressivement la semoule et les amandes en égrenant la semoule (pour être sûr qu’il n’y a pas de grumeaux).
– Mettez dans le plat, beurrez.
– Tassez un peu.
– Préparez un mélange de beurre fondu (suivant la quantité à beurrer), ajoutez un peu de sucre (1 c à soupe) et eau de fleur d’oranger (1 c à soupe).

– Avec un pinceau, badigeonnez tout votre gâteau généreusement.
Coupes des parts et mettez vos amandes effilées et hop au four.
– À mi-cuisson, changez votre programme, mettez le grill environ 5 à 10 minutes pour qu’il dore bien.
– Ensuite finissez la cuisson normalement et 10 minutes avant la fin, mettez la moitié du sirop et redécoupez vos parts. Il faut qu’il soit noyé.

À la fin de la cuisson, mettez le reste.
– Laissez refroidir au frigo.

http://algerietele.centerblog.net/6.html

Radio Hchicha

septembre 15th, 2009

Vos Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *