Fairuz – portrait

La chanteuse libanaise Fairuz est la star incontestée de tout le monde arabe. Par l’entremise des frères Rahbani, cette Diva a su innover au sein de la musique arabe pour lui donner un nouvel élan qui a traversé la Méditerranée et a rayonné dans le monde entier.

Fairuz (« turquoise » en arabe) est la voix incontournable, la Diva du monde arabe. De son vrai nom Nouhad Haddad, elle est issue d’une famille paysanne du Haut Liban qui quitta son village en 1935 pour s’installer dans le quartier populaire de Beyrouth, Zokak Elblat. Elle y passera son enfance, toujours à l’affût de la musique. Sa carrière débute en 1947 dans la chorale de Mohamed Fleifel. Fairuz est tout de suite remarquée grâce à son timbre vocal particulier et Halim Elroumi lui ouvre les portes de sa radio.

C’est là que le destin lui fera rencontrer les frères Rahbani, partisans du renouveau de la musique arabe. Mansour Rahbani écrit alors les paroles des chansons de Fairuz et Assi, qui deviendra son mari, en compose les musiques. Son répertoire, chanté au départ dans des opérettes folkloriques, colle tout à fait au contexte politique et social de son pays. Fairuz exprime l’amour passionné du Liban, célèbre la ville de Jérusalem… Elle se détache indéniablement des thèmes évoqués dans la musique arabe. Ses chansons racontent des histoires de village, d’amour, avec un air tendre et poétique, rarement rencontré dans les autres formations arabes. Les pleurs et les gémissements, très traditionnels, sont bannis de son interprétation pour laisser la place à une synthèse de chants locaux, de tendances populaires européennes et de musique arabe.

Très attachée à son pays, elle y demeure lors de la guerre civile au lieu de s’exiler comme l’ont fait de nombreux artistes. Son œuvre est ainsi reconnue par beaucoup de Libanais comme un symbole patriotique, culturel et politique. Elle attire également des admirateurs d’origines sociales, nationales et même idéologiques très diverses. Fairuz remplit alors les salles les plus prestigieuses de Paris, de Londres, des Etats-Unis ; la célébrité de cette Diva dépasse les frontières du monde arabe.Emblème de modernité et de respect, Fairuz est dans le cœur des Libanais «leur ambassadrice auprès des étoiles».

Jean Ferrat plusieurs fois censuré

• Dans les années 60 et 70, Jean Ferrat a souvent subi la censure. Voici quelques-unes de ses chansons interdites d’antenne au prétexte qu’elles étaient trop politiques.
« Nuit et brouillard » (1963), où il est dit : « Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, Nus et maigres tremblants dans leurs wagons plombés … » Le disque se vend à plus de 300.000 exemplaires, en pleine vague florissante des yéyés.

« Potemkine » (1965), que Jean Ferrat, qui ne s’est jamais produit dans les pays de l’ex-bloc communiste, a écrite et composée à la gloire des marins du cuirassé de la mer Noire, dont la mutinerie marqua le début de la révolution russe de 1905.

« Ma France » (1968) : ici, le chanteur s’attaque aux gouvernants, dont il dit : « Cet air de liberté dont vous usurpez aujourd’hui le prestige… »

« Au printemps de quoi rêvais-tu ? » (1969) est une chanson inspirée de mai 68.

« Un air de liberté » (1975), chanson sur la fin de la guerre du Vietnam où il est dit : « Ah ! Monsieur d’Ormesson, vous osiez déclarer qu’un air de liberté flottait sur Saigon, avant que cette ville s’appelle ville Ho Chi Minh », l’opposa à Jean d’Ormesson, alors directeur du Figaro. Celui-ci, s’estimant diffamé, obtient d’Antenne 2 que la chanson soit retirée d’une soirée consacrée à Jean Ferrat. Finalement, la chaine accorde au chanteur de lire une déclaration préalable expliquant pourquoi l’émission est tronquée. « Je n’ai rien contre lui, contre l’homme privé. Mais c’est ce qu’il représente, (…) la presse de la grande bourgeoisie qui a toujours soutenu les guerres coloniales, que je vise à travers M. d’Ormesson ».

Via http://www.lakoom-info.com/

El Asira: un sex shop halal sur le net au Pays-Bas (insolite)

On connaissait les boucheries. Et même le champagne. Voici que débarque le sex shop halal, qui vend en ligne des produits érotiques destinés aux musulmans.

Des herbes, de l’huile de graines de pavot, du miel… C’est ce que l’Islam recommande aux couples. « Car les gens sont effrayés par le viagra. C’est un médicament », prévient Boularia Houari, un imam néerlandais interrogé par le site du quotidien NRC Handelsblad. Alors, suivant les conseils de son imam, Abdelaziz Aouragh lance El Asira (« la tribu », « le village »), le premier sex shop halal en ligne. Pour offrir aux musulmans des capsules qui « maintiennent les performances des hommes, le désir et le plaisir ».

Ce sex shop d’un genre nouveau, qui se base sur les recommandations de la religion en matière sexuelle, dispose aussi de pillules pour femmes et de lubrifiants spécifiques au beurre de cacao, à l’eau ou au silicone. Soit sans aucune graisse ou substance animale, et sans produit chimique. Autre particularité: ce site web, qui sera lancé vendredi, ne montre aucune photo d’homme ou de femme car « ce n’est pas licite ».

Pour être certain de ne pas planter son affaire, Aouragh s’est donc tourné vers un imam qui lui a semble-t-il été de bon conseil. Mais selon NRC Handelsblad, ce dernier s’est lui-même dirigé vers une autorité supérieure pour mettre toutes les chances du côté de El Asira. Il a consulté un sheik saoudien dont la réponse n’étonne personne: « les produits doivent être halal et les relations sexuelles se dérouler au sein du mariage ».

Le préservatif: halal?

Même avec préservatif? Apparemment oui: « Un préservatif, c’est mieux pour le plaisir sexuel, assure l’imam Boularia Houari. L’homme ne se retire pas au moment de l’éjaculation. C’est important: femme et homme atteignent l’orgasme en même temps. Car si une femme n’est pas satisfaite, elle risque de recourir à des méthodes impures, comme la masturbation ou les vibromasseurs ».

Avec son sex shop, Aouragh veut aussi changer l’image de la femme musulmane. « L’image d’une femme dans une cuisine, soumise sous sa burkah, c’est dépassé. Il y a beaucoup d’amour. l’Islam a beaucoup de respect pour la femme et notre sex shop place la femme au centre des choses ». Il fera aussi avancer l’image du plaisir sexuel dans la société musulmane d’Europe. « C’est un tabou pour la première génération d’imigrés », admet-il. C’est pourquoi ses parents ne sont pas trop au courant que leur fils a ouvert un sex shop.

Vraiment halal, El Asira?

Selon le site des consommateurs musulmans Al-Kanz.org, El Asira n’est pas si halal qu’il n’en a l’air. Le site est certainement « croustillant pour ceux qui ont une vision chrétienne de la sexualité dans l’Islam », préveint Al Kanz. Quand on s’attache à la lecture de l’article de NRC Handelsblad, « le sex-shop annoncé semble a priori une banale boutique en ligne qui vend quelques produits liés à la sexualité, comme d’autres vendent des bouquins sur le sujet ». Il faudra attendre vendredi pour vérifier.

Via Facebook et http://www.actu24.be/article/buzz24/insolite/el_asira_un_sex_shop_halal_sur_le_net_au_paysbas/430239.aspx

Le dernier secret d'Ali Farka Touré

Avec Toumani Diabaté (à g.), en 2005. © Youri Lenquette
Avant de mourir, en 2006, la star de la musique africaine avait enregistré un second album avec son complice Toumani Diabaté, virtuose de la kora.

En février 2006, Toumani Diabaté et Ali Farka Touré recevaient un Grammy Award pour leur album commun, In the Heart of the Moon, enregistré l’année précédente. Un mois plus tard, Ali Farka Touré, le « guitar hero » malien, star internationale de la musique africaine, disparaissait, vaincu par un cancer. « Ce qui s’est passé entre nous pendant l’enregistrement et le succès immédiat de cet album m’ont poussé à suggérer à Nick Gold [patron de la maison de disques anglaise World Circuit, NDLR] de profiter de notre passage à Londres pour lui donner une suite », raconte Diabaté. Aussitôt dit, aussitôt fait. En trois après-midi de juin 2005, mais non sans mal. Ali Farka Touré, souffrant, a besoin de faire des pauses quand la douleur devient trop vive.

Dans son studio flambant neuf, à Bamako, où il espère enregistrer son prochain album, Toumani Diabaté, le prodigieux ciseleur de kora, parle, le regard brouillé par l’émotion, de son ancien compagnon de voyage musical, à qui il va rendre hommage lors d’une tournée*. « Ces concerts seront également dédiés à Orlando “Cachaito” López [le contrebassiste cubain de Buena Vista Social Club, décédé en février 2009], paix à son âme, qui a participé à l’enregistrement », précise le musicien, qui avait aussi entraîné Vieux Farka Touré (le fils d’Ali Farka) dans le projet, pour des ajouts de percussions et de chœurs dans certains titres.

Plus de la moitié de l’album s’articule autour de compositions ou d’arrangements sur des airs traditionnels d’Ali Farka Touré. L’un des titres, « Sina Mory », revêt une importance toute particulière. « Il est lié à la rencontre d’Ali avec la guitare. C’était en Guinée-Conakry, en 1956. En descendant du taxi-brousse, il voit un homme jouer de cet instrument. Il interprétait “Sina Mory”, dont les paroles sont tirées d’un conte mandingue. » L’homme en question n’est autre que le Guinéen Keita Fodeba, fondateur des Ballets africains, que Sékou Touré, après l’avoir nommé ministre, accusera de complot et fera fusiller en 1969. Cette rencontre impromptue et cette chanson seraient à l’origine de la vocation d’Ali Farka Touré pour la guitare. « Il ne l’avait encore jamais interprétée », affirme Toumani Diabaté. Quand Nick Gold lui demandait quelle était la première chanson qui l’avait inspiré, il disait toujours ne pas s’en souvenir. « Et là, il l’a jouée, comme s’il avait la prémonition que cet album serait le dernier. Comme pour fermer la boucle. »

* Toumani Diabaté en concert (septet acoustique), « Ali Farka Touré Variations »; le 18 mai à Paris (Casino de Paris, invité : M), le 21 mai à Rabat (Maroc-Festival Mawazine), puis à nouveau en France : le 22 mai à Saint-Etienne (Le Fil) et le 29 mai à Pessac (Festival Rencontres africaines).

Source: http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2567p094.xml0/musique-africaine-hommage-tradition-ali-farka-tourele-dernier-secret-d-ali-farka-toure.html