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INTERVIEW Hindi Zahra : « J'aime les musiques mélangées »

Nouvelle diva soul que l’on présente parfois comme une relève de Billie Hollyday, Hindi Zahra puise son inspiration dans le jazz, le folk et les sonorités tribales marocaines. Un style à découvrir.

Chanteuse, auteure, compositrice… qui est vraiment Hindi Zahra ?

Marocaine et nomade, la chanteuse fait escale chez nous. Je me définis avant tout comme musicienne. Je fais de la musique, j’adore le live, je travaille beaucoup sur mes scènes live… C’est ce qui m’intéresse le plus dans ma vie d’artiste.

Comment l’aventure musicale a-t-elle commencé pour toi ?

Je suis issue d’une famille de musiciens, mes oncles faisaient de la musique et chantaient, ainsi que ma mère et je pense que c’est ce qui m’a poussée vers la musique. En tout cas la musique m’a toujours passionnée.

Quelles sont tes influences ?

À la base forcément, la musique traditionnelle marocaine. Et après la musique gnaoua, qui est la musique des esclaves qui sont venus dans le Maghreb, ont mélangé leur culture animiste à la culture musulmane et ont créé un groove tribal pour faire des transes. Ensuite, il y a eu le rock et le funk, des musiques qui ont un gros impact au Maroc. Je me suis beaucoup attachée au funk de James Brown, de Michaël Jackson et j’ai continué à grandir avec.

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Qui t’accompagne dans tes concerts ?

Nous sommes six sur scène. Il y a deux guitaristes, un batteur et une choriste originaire de la Guadeloupe. Elle s’appelle Lucile Loison et vient du gospel. Je travaille avec elle depuis de nombreuses années (…) J’ai un musicien, Thomas, qui vient de la soul, du jazz et de la musique africaine. J’en ai un autre qui vient de la musique orientale. Voilà! Sur scène, ça bouge bien.

Parles-nous de ta toute première scène…

J’ai commencé au Maroc, je chantais dans des petits bars. Mais ma première scène, c’était en France, pour la Fête de la musique, quand j’avais quinze ans. C’était il y a quinze ans déjà, le temps passe vite… Mais je me souviens de cette première scène française…

Les artistes comme toi qui mélangent diverses influences n’aiment pas trop les étiquettes. Mais comment pourrais-tu définir ton style musical ?

Cela appartient à la génération de maintenant de faire des mélanges, plus qu’à celle des années soixante-dix… Donc je ne sais pas comment définir ma musique, mais j’ai envie de citer Victor Ô dont je connais la philosophie musicale, qui disait par exemple qu’aux Antilles, vous baigniez dans la culture hip-hop et dans la culture traditionnelle, sans oublier la musique noire américaine, qui a d’ailleurs influencé le monde entier. Je dirais pour expliquer cela que les artistes de cette nouvelle génération, à laquelle j’appartiens, ont un tas de points en commun, qu’ils aiment mélanger la musique américaine qu’ils écoutent à la musique de leurs racines.

En Guadeloupe, on te connaît peu, malgré une belle notoriété ailleurs, au travers du courant soul, jazz, folk. Que penses-tu de cette reconnaissance ?

La clé du succès pour moi c’est la scène. J’ai travaillé mon premier album qui vient de sortir pendant cinq ans. Cette sortie m’a permis de bénéficier d’une tournée bien plus conséquente que celles d’avant. J’assure actuellement un tas de dates, je suis tout le temps en concert ou dans des festivals. Cet été encore, je me produis dans un festival et je pense que c’est ce qui va nourrir ma musique sur scène. Cela va me préparer aussi à la réalisation et à la sortie d’un futur album.

Parles-nous davantage de ce disque.

L’album est sorti en janvier 2010 en France, mais aussi en Europe, au Japon, en Suisse, en Belgique et au Canada. Il a été remarqué en Allemagne ou en Hollande. Avec mon équipe, nous avons voulu gérer chaque mise en bac, pour nous donner le temps de défendre au mieux son contenu lors de mes passages dans ces pays. L’album s’appelle Hanmade, qui est pour moi un hommage au travail artisanal, car j’ai toujours vu ma mère faire de la couture. Au Maroc, les gens travaillent beaucoup avec leurs mains, l’artisanat tient une grande place dans la société. C’était pour moi une logique de remettre à l’honneur cet artisanat. Et Hanmade c’est aussi parce que l’album a été enregistré de manière artisanale, dans un appartement. Je l’ai fait à la maison, comme on peut faire la cuisine.

La chanson phare de l’album a pour titre . D’où vient-elle ?

C’est une chanson que j’ai écrite à l’époque sur un petit bout de papier. Je l’avais rangé de côté et je me suis mise à travailler sur d’autres morceaux, avant de rentrer dans un studio et d’y repenser cinq mois après. J’ai retrouvé mon petit papier et j’ai continué d’écrire ce texte sur le thème de la beauté de la danse.

Quels sont les autres sujets développés au travers de tes onze titres ?

Mon thème de prédilection, c’est l’amour. J’aime parler des chemins de vie de chacun, des relations amoureuses et passionnelles que l’on peut avoir. Je parle aussi de ma famille.

Tu viens de passer quelques jours de vacances en Guadeloupe. Tu repars pour ta tournée de promotion ?

J’ai encore un long périple jusqu’au mois d’août au moins, avec beaucoup de concert à assurer. Je pense revenir en Guadeloupe au mois de juin pour trouver à nouveau la tranquillité. Ma vie va continuer de s’organiser entre le Maroc et mes voyages. Je pense qu’il faut être nomade dans la vie. Je ne suis jamais au même endroit longtemps. Je partage mon temps entre le Maroc, Paris et tous les pays que je visite.

Peux-tu nous citer des artistes antillais dont tu apprécies la musique ?

La rappeuse martiniquaise Casey, pour moi ça a été une révélation quand je l’ai découverte. J’aime la puissance de ses textes. J’aime son expression. Je connais aussi bien la musique de Soft. J’aime beaucoup Admiral T. Dans les anciens, j’apprécie Malavoi et Kassav. Malavoi par exemple, je trouve que ça sonne cubain, c’est cousin aussi avec la bossa nova. Dans la musique antillaise, il y a des influences venues de partout! J’aime surtout les musiques antillaises anciennes, car on y décèle de la nostalgie.

Propos recueillis par Rebecca Valentine MARIVAL France-Antilles Guadeloupe 24.03.2010

http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/loisirs/sortir/hindi-zahra-j-aime-les-musiques-melangees-24-03-2010-72323.php

Radio Hchicha

mars 24th, 2010

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