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Transe-fusion entre Maroc et Réunion

L’aventure en partage continue pour les musiciens d’Agadir et ceux de notre Griyo pays qui font une escale au Kabardock de la Réunion, cette semaine, avant de jouer à Marseille, la semaine prochaine, au Babel Med Music pour la première fois, “Kamlinn” (tous ensemble).

Rencontre.

Il risque d’y avoir du monde, jeudi soir, au Kabardock, pour saisir l’instant magique attendu par les fondus de world et de percu, amoureux des sons en réunions, différents, venus d’ailleurs et tous faisant écho aux battements des coeurs de l’intérieur. Une recette dont Sami Pageaux Waro et Luc Joly sont devenus les spécialistes du cru en assaisonnant leurs maloya et jazz, de salegy, de rythme gnawa et des musiques de Rio, l’un en tamisant ses notes au filtre des kora, sanza, rouler, kaïamb et autre grigri à bruit en drum set de son invention ; l’autre en éclatant avec brio les sons de ses clarinette, contralto, flûtes et saxo, que Bruce mouline pour patine électro, le tout labellisé Lo Griyo, pour des festins musicaux dont le monde entier commence à être toqué. A commencer par le Maroc où les organisateurs du Festival Timitar d’Agadir ont flashé sur les Réunionnais. Brahim El Mazned, son directeur artistique avait déjà mis un pied chez les musiciens de l’océan Indien il y a trois ans avec l’opération “Trois Mâts” à Mada, dont le Kabardock était l’un des instigateurs, et il avait envie de récidiver avec la Réunion. Le sanctuaire portois des musiques actuelles jouant les accompagnateurs de Lo Griyo (sacré Prix Alain Peters 2007 à Sakifo, avec résidences et plans de carrière à la clé) le groupe s’est imposé comme un choix royal pour le projet partageur et musicalement fusionnel, envisagé avec les organisateurs de Timitar.

Gnaoua et service kabaré même combat

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Kamlinn Agadir Maroc

D’autant que Sami Pageaux-Waro avait succombé à l’attraction des rythmes gnaoui après un séjour à Essaouira en 2006 avec son papa, y trouvant une familiarité avec sa propre alchimie sonore, au point de s’en emparer. “Leur musique est très voisine de la nôtre et ce que j’ai entendu là-bas m’a rappelé les services kabaré avec les mêmes rythmiques de base ternaires et binaires à subdivision que nos ryhmes principaux, avec des instrumenst différents”, explique Sami. Il a suffi ensuite à Brahim El Mazned de trouver les musiciens marocains susceptibles de profiter d’une telle rencontre et l’aventure pouvait démarrer. Il a choisi, expert, Bouhssine Foulane, Khalid El Berkaoui, Mehdi Nassouli, instrumentistes aguerris et éminemment compatibles avec Lo Griyo. Une évidence dès la première rencontre l’an dernier à Agadir, puis à Fès, au point que le jury de Babel Med Music, à l’affût des bons plans métissés, les a retenus pour son édition 2010. Dans une semaine. “On a voulu que les musiciens se posent tous ensemble à la Réunion quelques jours pour travailler dans une autre ambiance et préparer ce qui ne sera pas juste un concert à Marseille”, explique le responsable de Timitar, qui espère, comme Stéphane Rochecouste du Kabardock, que ça ne sera que le début d’un itinéraire de tournées sur le marché marseillais du spectacle où les acheteurs ne manqueront pas de se disputer. En attendant, les complices marocains de Lo Griyo se disent fiers et heureux de découvrir la Réunion “un si bel endroit qui par sa nature magnifique facilite l’esprit du travail de la musique” comme le dit joliment Medhi Nassouli qui conclut “Vous avez de la chance de vivre ici”. Surtout quand on y gratifie le public, avant la mère patrie, d’un inédit musical qui risque de faire du bruit !

Marine Dusigne

Kamlinn : concert unique à l’Auditorium du Kabardock, jeudi, à 21h.

– Bouhssine Foulane Bousshine Foulane est né en 1979 à Agadir, où, grandissant dans une famille de musiciens, entouré d’instruments traditionnels, il a étudié les fondamentaux de la musique et notamment le violon, au conservatoire dès 1996. Doué et particulièrement ouvert aux musiques du monde et au jazz, il a puisé dans les sonorités de sa culture amazighe et adopter le ribab dont il est devenu un expert sur toutes les scènes nationales, avec le groupe Amarg Fusion, avant de faire partie des fondateurs de Ribab Fusion et de Mazagan. Son instrument de prédilection (qui lui vaut là-bas le surnom du “Jimmy Hendrix du ribab”) serait selon lui “un symbole de la tendresse, et de proximité entre les gens à travers la poésie et le chant amazighs qu’il a toujours accompagnés”. Bouhssine fait aujourd’hui partie de ces musiciens auxquels il semble bien que tout soit permis et il multiplie les expériences et les collaborations avec des artistes de renommée mondiale (Bakbo, Karim Ziad, Hamid Alkasri, Amazigh Kateb, Abdelhadi Belkhayat, Amouri Mbraek, Abdelwahab Adoukali, Aklid, Fathi Salama et Lo Griyo !).

– Khalid El Berkaoui Lauréat du conservatoire de musique d’Agadir et d’origine amazigh lui aussi Khalid El Berkaoui est un passionné de rythmes qui a vécu depuis son plus jeune âge dans un environnement où la musique avait une place importante. Surtout la musique orientale. En 1998, il a commencé à jouer dans les mariages, les cabarets et à collectionner des instruments de percussion des quatre coins du monde, s’efforçant par le biais de la création musicale de confronter sa culture amazighe avec les autres genres musicaux (oriental, andalou, jazz, musiques africaines). Il travaille depuis une dizaine d’années dans la recherche et le développement des percussions amazighes et ressemble dans l’esprit comme un frère percutant et battant, à notre Griyo pays.

– Mehdi Nassouli Né en 1985, Mehdi Nassouli a débuté son apprentissage de la musique à 14 ans, attiré par les racines familiales ancrées dans la culture gnawa. De Taroudant à Marrakech, en passant par Essaouira et Safi, Mehdi a entrepris, en une décennie, un véritable voyage initiatique auprès des maîtres (mââlems) qui lui ont enseigné les musiques d’expression essentiellement berbères, gnawa (des descendants d’esclaves noirs), daqqa (originaire de Marrakech et basée essentiellement sur le rythme), melhoun (musique rurale du monde arabe aux rythmes dansants)… Mehdi Nassouli a collaboré avec de nombreux artistes de renommée mondiale, s’imposant au guembri, au chant et à la flûte aux côtés de personnalités comme Philippe Garcia, le batteur d’Eric Truffaz, Kamel Zekri et la Création Transdiwan, le groupe Enzo, Babko, le Benjamin Taubkin Quartet. Et maintenant, Lo Griyo !

http://www.clicanoo.com/index.php?page=article&id_article=239557

Radio Hchicha

mars 17th, 2010

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