Chroniques

Festival de Fès des musiques sacrées du monde. La découverte du sacré et du mythique

Orchestrée par la Fondation Esprit de Fès, la 16e édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde, invite du 4 au 12 juin les passionnés du sacré et du soufisme à un voyage initiatique dans un écrin magnifique de pierres centenaires.

Le Festival de Fès des musiques sacrées du monde se confirme d’une édition à l’autre comme l’un des moments les plus originaux de l’activité musicale de la ville. Organisé sous le signe du voyage initiatique, le Festival, dans sa 16e édition, met à l’honneur les grandes œuvres de la musique sacrée du monde et rassemble une mosaïque des chants sacrés du monde, expression de l’âme des peuples: arabe, perse, indou, africain, asiatique, corse ou encore les groupes de gospel et des formations d’artistes internationaux et nationaux pour le grand plaisir des passionnés des musiques et fidèles à cette rencontre du sacré et de la spiritualité.

Il s’agit, selon Mohamed Kabbaj, président de la Fondation Esprit de Fès, d’une invitation à un voyage qui englobe l’apprentissage du monde, la découverte de l’autre, la connaissance de soi et la quête spirituelle. « Nous nous sommes inspirés, pour la thématique de cette année, des grands voyageurs qui ont marqué l’histoire de toute l’humanité tel le voyage de Moïse, celui du Prophète Sidna Mohammed, comme des voyages d’autres grandes figures mystiques emblématiques de chaque religion tels Ghazali, Ibn Arabi, Maimonide et les autres exilés de Fès ou de Charles Foucault dans la solitude du désert comme celui de Bouddha », indique-t-il. Le programme de cette année propose d’ailleurs une variété de styles et d’ensembles conjuguant les chants religieux avec les traditions populaires musicales du monde.

Le Ballet royal du Cambodge: Création «Preah Thaung et Neang Neak, la Légende de la Création du Royaume Cambodge», chorégraphie de Son Altesse Royale la Princesse Norodom Buppha Devi, est à l’honneur la première soirée du festival. Proclamé en 2003 par l’UNESCO, Chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité, le ballet royal du Cambodge comprend une danseuse-étoile, la princesse Norodom Bopha Devi, ainsi qu’une vingtaine de danseuses et musiciens formant le corps de la troupe.
Les autres soirées seront animées, entre autres, par Ben Harper acoustic des Etats-Unis, Africa Spirit, ensemble soufi Mtendeni Maulid de Zanzibar et les Maîtres Tambours du Burundi.

Le musée Batha, ancien Palais, érigé par Moulay Hassan (1873 – 1894), abritera de son côté les concerts de l’après-midi. Dans ce lieu chargé d’histoire, le festival commence avec la Danse acrobatique et rituelle des temples de l’Orissa, orchestrée par les jeunes danseurs Gotipuas du Raghurajput Heritage Village de l’Inde. Il abritera aussi Shakila Saidi et le Rajab Suleiman Trio de Tanzanie, l’art du taarab dans la tradition swahilie, Ahmed Essyad et l’ensemble Accroche Note du Maroc et de France. Parmi les temps forts du Festival figure la Nuit de la Médina.

Celle-ci sera marquée par un voyage musical et initiatique au cœur de la médina de Fès, dans ses plus beaux sites :

Musée Batha, Dar Tazi, Dar Mokri, Dar Adiel, Snagogue Ben Danan. Elle sera animée entre autres par Camille avec Clément Ducol de France, l’ensemble Constantinople et Barbara Furtuna de Iran-Canada-France. Le Groupe «Canti Di A Terra» y célébra également le sacré à travers les polyphonies corses et les musiques d’Iranau côté de Ustad Gholam Hossain et son ensemble Chants soufis et luth robab d’Afghanistan, Epi – Mongolie avec leurs chants nomades des steppes, et Gülay Hacer Toruk avec ses Chants sacrés et populaires d’Anatolie. Au Musée Batha et Bab Al Makina, les spectateurs sont appelés à découvrir les productions de l’Ensemble SamulNori Hanullim du Corée du Sud, Tambours sacrés, Shahram Nazeri – Hafez Nazeri et l’ensemble Rumi –Iran, Parvathy Bâul de l’Inde et l’art des poètes mystiques Bauls du Bengale.

Des soirées grand public marquées par plusieurs spectacles

Pour convier de nouveaux publics au Partage, le festival dans la ville propose plusieurs concerts animés par de prestigieuses formations marocaines de musique soufie ou chaabi.

Ainsi, à Bab Boujloud, à Dar Tazi, à Ait Skato, se défileront au fil des jours du festival Issawas de Fès, Amayno, Tachinouite, l’ensemble de Lalla Rahoum El Bakkali, Hadra Chefchaounia, Najat Atabou, Gnaoua, Jilala et Jilaliates de Fès. Ces soirées grand public seront aussi marquées par les spectacles de Nouri, Abidates R’ma, Mtendni Maulid de Zanzibar, les musiciens du Nil, les Tambours du Burundi, la Tarika Shaymia du Gharb, Oulad El Mokhtar, Rhany, Hel’Mkan, Tarika El Kadiria de Meknès et Abdelaziz Stati. Le rossignol de l’Atlas Rouicha, Jil Jilala, Ahl Touat Dar Dmana de Ouazzane, Hatim Amor, Ribab Fusion, Tarika Skallia et les fameux Gospel seront également de la partie pour un voyage diversifié et riche dans différents types de traditions musicales. Un voyage musical aux couleurs multiples…

Photo: Le Ballet royal du Cambodge: Création «Preah Thaung et Neang Neak, la Légende de la Création du Royaume Cambodge. Ph. A. MRANI

Radio Hchicha

juin 6th, 2010

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