Chroniques

FORMATION ATRI N’ASSOUF, L’appel suave du désert

FORMATION ATRI N’ASSOUF, L’appel suave du désert

Blues-rock touareg et youyous est la marque de fabrique de ce groupe qui chante le désert et l’espoir avec joie et sourire affiché.

Il eut le maître sacré de la musique touarègue, Athmane Bali. Un monstre à lui tout seul. Inoubliable et unique. Désormais, il faudrait apprendre à conjuguer avec de nouveaux groupes dont la musique en provenance du désert est assaisonnée à «l’air» du temps. Les puristes aimeront ou n’aimeront pas. Tinariwen, fort de ses guitares électriques n’a plus à faire ses preuves tant le concert qu’il a donné cet été à Alger a failli défrayer la chronique, autant par la grande foule qui s’est déplacée pour l’écouter, que pour le son orignal qu’il propose. Une nouveauté.

Preuve de l’engouement du public pour ce genre de musique. Friand pour tout ce qui est world music et musique fusion, les jeunes Algériens développent, en effet, un goût prononcé pour tout ce qui émane du Sud. Le look qu’ils arborent et adoptent, chèche et djellaba en attestent largement. Le Sahara étant une mine d’or et pas seulement au sens économique, mais culturel surtout, après le gnawi et au tindi, place au rock du désert!
Aujourd’hui un nouveau groupe vient occuper la scène artistique et avec lequel il faudra composer si ce n’est se disputer la scène. Il s’agit de Atri N’Assouf, qui veut dire l’Etoile du désert en langue tamacheq. Inspirées de la musique traditionnelle tamasheq, des sonorités amazighes et plus largement de la musique d’Afrique de l’Ouest, ce groupe est composé de quatre musiciens, issus d’univers et de continents différents.
Atri N’assouf groupe a été créé fin 2008, suite à la rencontre du musicien Plume, alias Alain, le percussionniste, et Rissa Ag Wanaghli, l’auteur-compositeur-chanteur, ancien membre du groupe nigérien Takrist N’akal.

«Plume et Rissa sont des amis à moi en fait, que j’ai fait rencontrer. Ils se sont rencontrés à l’occasion d’une conférence à Paris, où Plume a rencontré des jeunes Touaregs qui étaient en concert où j’avais invité en tant qu’ami, Plume. Ils se sont vus et revus et décidé de faire un groupe. Moi, j’ai juste fait la jonction et puis musicalement et humainement ça a pris.

Plume avait très envie de se retrouver sur scène, il a aussi une riche carrière en France. Ils ont décidé de créer le groupe Atri N’assouf. Aussi, afin de pouvoir tourner, il fallait entrer en studio et faire un album. Chose faite, maintenant le groupe est là. Les thèmes qu’ils abordent dans leurs chansons sont la terre, l’éducation…des thèmes sociaux en général, la vie touarègue, ou encore des thèmes plus emblématiques comme la chamelle, qui est un trésor, le lien entre les Touareg et leur terre. Aussi, à titre d’exemple, l’éducation des enfants apparaît dans la chanson Chaghat nous a fait savoir le manager du groupe, Samira.
Le premier album de Atri N’assouf s’apelle Akal qui veut dire terre, vient de sortir en France. Il était disponible lors des différents concerts qu’à donnés le groupe, cet été à Alger, et notamment à El Mougar et la veille de l’Aïd, à la kheïma Tennis Club de Sidi Fredj où il avait mis le feu. Sur scène, on pouvait aussi distinguer Ahmed Cissé le bassiste, un jeune artiste burkinabé qui a déposé ses valises en France. Il a déjà deux albums à son actif.

Il y avait ainsi Plume, batteur-percussionniste ayant évolué dans plusieurs formations en France, notamment dans Diesel, Lili Drop, Kas Product, Alain Khan, Brahim Izri et bien d’autres dans les années 1980. M.A.O., Sampling et Beat Maker dans les années 1990. Un touche-à- tout puisqu’il a également travaillé dans l’habillage télé, radio, pubs et en tant que directeur artistique hip-hop ragga R’nb chez Polydor…
Aussi le groupe Atri N’assouf c’est Rissa ag Wanaghli, un Touareg du Niger ayant commencé la musique dans la cité minière d’Arlit (nord du Niger). Dans les années 1990 en Algérie et en Libye, où de nombreux Touareg étaient exilés, il perfectionnera sa guitare. C’est Abdallah Oumbadougou qui le forme à Tamanrasset. Rissa est alors membre du groupe emblématique Takrist Nakal. En 1994, il crée son propre groupe en Libye, puis rentre au Niger quelques années plus tard. C’est en 2006 que Rissa rejoint le collectif Désert Rebel dont Amazigh Kateb a fait aussi partie.

Le groupe Atri N’assouf ne peut être complet sans la voix légère et la joie qui se lit sur les visages des deux choristes Mama et les choeurs du groupe et membre du groupe emblématique de femmes Tartit Hadjira. Notons que sur l’album Akal vient le rehausser de sa présence Abdallah Alhousseyni, chanteur guitariste et compositeur du groupe Tinariwen. Comme quoi, les musiciens se donnent toujours la main et offrent leurs services pour l’amour de la musique. Celle-ci, contrairement à d’autres, se veut joyeuse, ponctuée souvent par des youyous. Atri N’assouf un groupe à suivre!

O. HIND
13 09 2010
http://www.lexpressiondz.com/article/3/2010-09-13/80550.html

Radio Hchicha

septembre 13th, 2010

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