KARIM ZIAD & HAMID EL KASRI, Yobadi

KARIM ZIAD & HAMID EL KASRI, Yobadi, Accords Croisés/Harmonia Mundi

Et voilà encore un autre disque sous le signe de la musique gnawa. Nous vous avons présenté le percussioniste algérien Karim Ziad en septembre 2007, à l’occasion de la parution de son album “Dawi” (Intuition music), et l’artiste qétait également au centre du disque “Gnawa home songs”, réalisé par l’ethnomusicologue Emmanuelle Honorin, (Accords croisés) sorti la même année.

Cet artiste kabyle, donc berbère, qui vit désormais en France, est l’un des co-directeurs artistiques du Festival d’Essaouira de musiques gnawas, créé en 1999. Il dialogue ici avec le maître gnaoui Hamid El Kasri, l’un des grands artistes marocains du genre – les deux artistes se sont souvent produits ensemble sur scène.

“Yobadi” veut dire “les amis” en bambara, et là non plus, le clin d’oeil à la culture malienne n’est pas fortuit: car les gnawas revendiquent leurs racines sub-sahariennes, du temps pré-colonial où il n’y avait pas de frontières entre le Mali, la Guinée (d’où les gnawas tirent leur nom), le Maroc ou l’Algérie, et où le bambara, lingua franca des commerçants sahariens, était parlé dans une vaste zone reliant Afrique du Nord et sub-saharienne…

Le disque s’ouvre sur une incantation religieuse: “La ilah illa Allah” – “Il n’y a de dieu que Dieu” – pour nous rappeler que la musique gnawa, si elle est à la mode aujourd’hui, est à l’origine une musique sacrée. Et les sons des guitares électriques, tout comme les rythmes actuels de rock et de blues, se greffent bientôt sur les voix pour accompagner tout naturellement ces chants religieux musulmans en arabe.

Karim Ziad a accompagné Cheb Mami, Joe Zawinul, Takfarinas ou Aït-Menguellet. Jeune, il aimait Chick Corea ou le Weather Report. Toutes ces préférences – et un net esprit jazz – transparaissent dans ce disque, où, avec Hamid El Kasri, les deux artistes se sont entourés de musiciens aussi divers que Bojan Z au piano, Jacques Schwarz-Bart au saxophone, Nguyen Lê à la guitare électrique, ou encore Chris Jenning à la contrebasse, pour ne citer que ceux-là.

Un disque qui porte toute l’énergie de l’Afrique, et qui séduira tous les amoureux de ces musiques faites pour emporter jusqu’à la transe par leurs rythmes frénétiques qui deviennent vite hypnotiques, drogues tout à fait naturelles, à consommer sans modération…

www.festival-gnaoua.net

Via www.babelmed.net

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Publié par le 16 novembre 2010. Classé dans Artistes, Chroniques. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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