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Akli D : « J’espère que c’est la fin de l’humiliation des peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient »

Akli D est d’origine kabyle, cette région située dans le nord de l’Algérie. Un territoire nuancé par les traditions ancestrales et une très grande richesse culturelle. Très sensible à l’actualité, nous lui avons demandé son opinion sur la vague de contestations qui atteint depuis des mois le septentrion de l’Afrique. Et selon lui, ce Printemps Arabe n’a rien d’étonnant ! Rencontre.

As-tu été étonné par le Printemps Arabe ?

Akli D : Vu les conditions de vie dans ces pays depuis des années, voire des siècles, je ne suis pas étonné. J’espère que c’est la fin de l’humiliation
des peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Vivement que l’amour, la liberté et l’égalité s’installent dans cette région du monde !

Comment les évènements ont-ils été vécus par la communauté berbère ?

Akli D : Avec une certaine fierté. Tout en se disant que le premier printemps pour la revendication de l’identité berbère et contre l’humiliation avait eu lieu en Kabylie, le 20 avril 1980.

Quel a été l’impact du mouvement en Algérie ?

Akli D : Quelque chose avait commencé à frémir, mais s’est très vite atténué. Personne ne sait pourquoi. Je reviens d’Algérie où j’ai rencontré un silence complet sur cette question. J’ai ressenti quelque chose de malsain et de brûlant dans le regards des gens. Cela m’a évoqué le feu sous la paille.

Penses-tu que ces révolutions soient le début de changements de fond ?

Akli D : Pour l’instant, je n’ai pas grand espoir quand je vois les sous-chefs qui sont restés au pouvoir. Mon véritable espoir, c’est celle d’une prise de conscience, car on commence enfin à parler et à revendiquer à haute voix. Peut-être est-ce le point de départ de véritables changements…

Quels enseignements le monde occidental devrait-il tirer de ces évènements ?

Akli D : L’Occident a depuis longtemps joué la carte du silence et assisté les pouvoirs totalitaires dans cette région du monde. Aujourd’hui, je perçois au sein de la nouvelle génération occidentale une vraie main tendue à ces peuples. Pour l’instant, cela reste de l’ordre des échanges culturels, mais j’espère que demain l’échange se fera aussi sur la base de valeurs humaines et politiques. Je ne veux pas m’étaler sur le passé colonial de cette histoire, que je trouve sombre et négatif ; je préfère regarder vers l’avant et chanter l’espoir de ces nouvelles générations des deux côtés de la Méditerranée.

10 10 2011 Propos recueillis par Benjamin MiNiMuM
http://www.mondomix.com

Radio Hchicha

octobre 11th, 2011

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