Chroniques

Djazia Satour en double concert

A la faveur de son nouvel album Klami,  » mes mots « 

A la faveur de son nouvel album,  » Klami » littéralement  » mes mots  » paraphé en début d’année, la chanteuse Djazia Satour, demi-sœur d’Amazigh Kateb, était en concert le 3 novembre dernier pour un mémorable concert à Nantes à la Salle Paul-Fort de la Bouche d’Air, le 17 novembre prochain, elle sera à l’affiche de Villefranche-sur-Saône au Festival Nouvelles Voix en Beaujolais. Avec cette nouveauté, cette jeune de 30 ans était visible le 11 février dernier à Saint-Etienne au Festival Poly’sons, le 21 mars à Sceaux le 22 au Festival Voix des Femmes, Place François-Mitterrand et le 13 mai à St-Jean-de-Braye au Festival Jazz. Une mini-tournée française qui lui permettait de proposer à son public aussi bien du vieux que du neuf. Née en Algérie, la contrée qu’elle quitte au même titre que son demi-frère Amazigh, à l’adolescence, Djazia Satour fait ses apprentissages d’abord avec Gnawa Diffusion, le groupe d’Amazigh qu’il a d’ailleurs dissous en 2007 pour suivre une carrière solo.

Après un passage plutôt bref chez Gnawa, Djazia Satour se faire remarquer par des interprétations lancinantes et un répertoire entre soul acoustique et trip hop au sein du groupe grenoblois Mig. Créé au tournant 2000, avec Pierre Martin (bass, percu, prog.) et Mathieu Goust (drums, percu prog), le groupe publie un maxi 6 titres éponymes (2001), se produit en tournée et apparaît en première partie de Sinsemilia, des Cranberries ou de Dyonisos.

L’album Dhikrayat (2004), réalisé en collaboration avec Fred Monestier et vendu à plus de 15000 exemplaires, puis Yamatna (2006), achèvent d’imposer la voix de Djazia Satour sur des compositions électro soul feutrées, mêlant instruments acoustiques, couleurs électroniques et des textes chantés en anglais, en arabe et en français. Invitée en résidence en Rhône-Alpes, Djazia Satour a croisé la route de Ben Richou, Simon Bacroix, Stéphane Ploto et Rémi D’Aversa, avec lesquels elle se produit aujourd’hui. Lorsqu’elle se réapproprie les rythmes traditionnels maghrébins dans Temet Liyam, c’est pour y ajouter une touche dont elle seule a le secret. M’sira, dernière pépite de ce disque, fait résonner un groove arabe inédit dans un écrin de cordes inattendu.

Une chanteuse inconnue chez elle

En Algérie, cette chanteuse est très peu connue, pour ne pas dire qu’elle est tout simplement inconnue. Djazia Satour n’a animé aucun spectacle chez nous, elle n’a édité aucune chanson chez nos maisons d’édition, forcément elle demeure une illustre inconnue d’autant que sa carrière relativement courte ne l’a pas encore menée au firmament de façon à ce que son nom nous parvienne d’ailleurs comme un météore. Elle était en concert le 23 février dernier a Annonay dans le cadre du Festival Région en Scène. Le 23 mars ; elle était visible sur la scène de Nyons à la salle des Fêtes de Vinsobres, Place de l’Eglise. Le 26 mars, de nouveau elle montait au théâtre de l’Aube en Condorcet. Leader et chanteuse charismatique du groupe MIG, Djazia Satour a révélé son talent par des interprétations empreintes d’une sensibilité électro/soul portées par une voix et une présence saisissantes. Aujourd’hui, Djazia Satour, entourée de 4 musiciens, nous revient avec un répertoire flirtant entre soul acoustique et trip-hop coloré. Continuant de s’affranchir des frontières musicales, elle mêle à son chant des sonorités arabes, mais aussi, hip-hop ou jazz créant des variations inattendues. Subtilité des compositions qui servent d’écrin soyeux à son timbre désarmant et intense. Un univers à la fois stimulant et mélancolique, porté par un profond désir de liberté. Plus ensorcelante et divine que jamais….

L’aventure MIG a pris fin. Chacun des membres a décidé de se consacrer à de nouveaux projets musicaux. Djazia a préparé son retour sur scène, avec de nouvelles compositions dont certaines sont en écoute sur www.myspace.com/djaziasatour. Avec ses 4 musiciens elle présente un répertoire entre soul acoustique et trip-hop coloré. Elle associe à son chant des sonorités hip-hop et jazz, créant ainsi des variations inattendues. La subtilité des compositions servent précisément son timbre de voix. Formée à l’école du chaâbi, Djazia Satour est bercée autant par Bizet que les Beatles. Ce premier disque a bien le goût d’une liberté artistique explosive et sans concession, se donnant, en guise de cap, une inspiration qui se renouvelle à chaque pas et qui est à découvrir à l’occasion des concerts.

Rachida Couri
10 11 2011 http://www.lemaghrebdz.com

Photo http://compositeurdimages.jeblog.fr

Radio Hchicha

novembre 10th, 2011

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