[Audio] Écouter l’émission El Gaâda du 26 mai 2012

Voici le lien pour écouter ou télécharger la dernière GAADA, cette semaine on a reçu Mounir cheriak (ex leader du groupe Foursen el djanoub) il nous a parlé de son nouvel album avec en exclusivité des titres et même des lives dans le studio d’ EL GAADA, mais aussi Essi Moh , Mayara band, un collectif inédit d’artistes tunisiens, Terakaft.

 

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Inde : lourde condamnation pour le bassiste des Abranis

L’affaire du touriste algérien arrêté à Khajuraho prend une tournure dramatique après sa condamnation à un an de prison ferme. Redouane Nehar restera donc dans la prison de Chhattarpur (centre du pays), en attendant l’issue de l’appel présenté par l’avocat nommé par l’ambassade d’Algérie à New Delhi.

C’est un homme anéanti et très amaigri que nous avons rencontré. Un jeune brillant, tout à fait étranger aux méandres de la justice et encore moins à celles des centres pénitenciers», nous confie le responsable des affaires consulaires de l’ambassade d’Algérie à Delhi, qui a rendu visite au détenu à la prison de Chhattarpur, où ce dernier partage une cellule non climatisée (le thermomètre frôle les 48°C) avec 40 autres détenus. Redouane, plus connu de ses amis sous le surnom de Redo, ingénieur en informatique, est également bassiste du célèbre groupe de musique rock les Abranis.

L’optimisme de l’avocat nommé par l’agence de voyages pour assister le malheureux touriste algérois, arrêté à l’aéroport de Khajuraho (Etat du Madhya Pradesh) alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour la ville de Varanasi, a viré au pessimisme le plus noir après que le juge du tribunal civil de première instance de Khajuraho, Mahesh Kumar Jha, ait frappé fort, mardi dernier, avec une sentence inattendue. Un an de prison ferme. «Le jeune Algérien n’aurait jamais dû être déféré au parquet et encore moins incarcéré», nous explique un juriste indien qui préfère garder l’anonymat. Selon lui, le motif invoqué par la police pour son arrestation et mentionné dans le procès-verbal, comme suit, «il n’a pas su expliquer la provenance de la balle pleine décelée dans ses bagages à l’examen au scanner», ne justifie pas le grave chef d’inculpation retenu contre lui par le juge : «Détention illégale de matériel belliqueux.»

Policiers zélés

L’ambassadeur d’Algérie à New Delhi, Mohammed-Hacène Echarif, a décidé de confier l’affaire à un avocat plus chevronné, tout en multipliant les contacts diplomatiques avec de hauts responsables du gouvernement central et de celui fédéral du Madhya Pradesh, administré par la droite antimusulmane. Avec une balle unique, sans aucune arme, Redouane Nehar, 32 ans, représentait-il un potentiel danger terroriste ? Séjournant avec des amis dans le cadre d’un voyage organisé par un tour opérateur indien, pouvait-il être confondu avec un cerveau machiavélique en mal d’attentats sanglants ? «Il est clair que la police de l’aéroport de Khajuraho, d’abord, et le juge Kumar Jha ensuite se sont montrés très sévères, pour ne pas dire zélés», ajoute notre interlocuteur.

Pourtant, lors d’une affaire similaire, les autorités indiennes s’étaient comportées différemment. En 2010, trois Italiens ont été arrêtés par la police, car dans la chambre d’hôtel de Delhi, qu’ils venaient de quitter, deux chargeurs et 24 balles pleines avaient été trouvés dissimulés dans le climatiseur. N’ayant pu établir un lien direct entre ces derniers et les munitions, les Italiens ont été relâchés après quelques jours de garde à vue. Pour tirer d’affaire Redouane et comme dernier recours, le gouvernement algérien pourrait, bien qu’une convention bilatérale d’extradition ne lie pas encore les deux pays, réclamer par les canaux diplomatiques l’extradition de ce dernier qui risque de laisser sa santé mentale et physique dans les prisons indiennes.

Nacéra Benali
EW 25 05 2012

L’Orchestre national de Barbès souffle ses 15 ans

Formé à la fin des années 90 dans le mythique quartier parisien, l’Orchestre national de Barbès célèbre son anniversaire avec un double album live et une trentaine de dates dans toute la France.

L’Orchestre national de Barbès sur la scène du Trianon ©Stéphanie Trouillard

L’AUTEUR: 

La loge de l’Orchestre national de Barbès (ONB) porte encore les marques du concert de la veille. Quelques verres sales sur la table, des cendriers remplis à ras bord, des boites vides de traiteurs, la nuit a été longue. Les yeux des musiciens paraissent fatigués, mais le sourire est sur toutes les lèvres. Pour fêter ses 15 ans de carrière, l’ONB a pris possession pour deux soirées de la scène du Trianon.

«On avait de l’émotion avant le départ, de l’appréhension. Cela c’est très bien passé, on a même été touché par un moment de grâce. Le public de lui-même a entonné joyeux anniversaire !», raconte Kamel Tenfiche, tranquillement installé sur la petite terrasse de la salle parisienne.

Le chanteur et percussionniste de la formation profite d’un petit moment de détente avant le second show.  A ses côtés, Luis Saldanha, réalisateur et manageur du groupe savoure lui aussi l’événement:

«Quinze ans pour nous, c’est énorme ! Bien sûr que quand on se compare aux Rolling Stones, ils ont des affiches partout. Ils disent qu’ils ont 50 ans de carrière, nous ont des adolescents, mais cela nous convient, on le vit pleinement avec beaucoup de joie !».

Un tour du monde de concerts

Les membres de l’ONB n’ont peut-être pas encore le CV de Mick Jagger, mais leur carrière est déjà bien remplie. Depuis sa création à la fin des années 90, le groupe de rock festif aux sonorités maghrébines compte plus de 1000 concerts à son actif. Du Caire, à Monaco, en passant par New York ou Essaouira au Maroc, pas facile de faire le tri parmi tous les souvenirs de tournée.  Kamel garde en tête un spectacle en Uruguay à Montevideo, où il a pu jouer avec un groupe traditionnel de percussion: «On s’est retrouvé avec des crampes à essayer de les suivre. Ils nous ont mis une claque !» De son côté, Luis se rappelle d’un show en Allemagne où le public a eu le droit à une grosse surprise: «Ils pensaient que c’était de la musique classique à cause de notre nom.»

 

Des dates aux quatre coins du monde, pour un petit groupe finalement sorti de nulle part. C’est en 1996, que l’Orchestre national de Barbès voit le jour sur la scène parisienne du New Morning. Une dizaine de musiciens, originaires d’Afrique du Nord, d’Europe du Sud ou de France, se réunissent pour quelques morceaux improvisés. Un mélange de chaabi, de rock, de raï, de gnaoua, de reggae, de funk et même d’un peu de salsa. La sauce prend et un premier album live est enregistré.

«En sortant du studio, on s’était dit « Si on en vend 10.000, c’est cool, car on rembourse tout le monde. On se fait un petit billet chacun, et puis on fait quelques concerts, ce sera déjà une réussite. » Et en fait c’est parti beaucoup plus loin et beaucoup plus vite que ce qu’on pensait», raconte Luis, qui fait partie de l’aventure depuis le départ.

Le succès est rapidement au rendez-vous. La bande de potes commence alors à sillonner la planète et sort un deuxième album en 1999, Poulina. Les concerts s’enchaînent pendant cinq ans à un rythme infernal. Une popularité qui devient cependant vite pesante. Les musiciens perdent peu à peu leur motivation des débuts.

«Il a fallu arrêter les compteurs et faire un bilan, on ne savait plus qui était nos partenaires. Des fois dans les loges, il y avait plus de gens extérieurs au groupe, on était en minorité. On a tout arrêté pour pouvoir garder notre liberté, digérer aussi ce qui c’était passé, sinon on allait à notre perte, comme une orange qu’on aurait pressée et ensuite on aurait balancé les pelures de l’ONB à la poubelle», se souvient Kamel.

Au début des années 2000, la troupe fait une pause. Chacun en profite pour se tourner vers des projets plus personnels. Ce n’est qu’en 2008, que le groupe se retrouve pour un troisième disque intitulé Alik, puis pour un quatrième deux ans plus tard, Rendez-vous à Barbès. Peu médiatisé et totalement autoproduit, l’Orchestre national de Barbès réussit à survivre et à remplir les salles.

«Ce qui est bien avec l’ONB, c’est qu’on n’a pas fait de tubes. C’est un peu notre réussite, cela nous a permis de rester vigilant et les pieds sur terre. On a ce coté parallèle, pas contre culture, mais en tout cas contre les choses établies. Cette insolence nous plaît», explique le percussionniste.  

Contre l’intolérance

Le groupe est aussi fier de rassembler toutes les générations. Dans leur public, jeunes et moins jeunes se déchaînent au son de leur musique explosive.

«Il y a des fans du début, mais il y aussi les enfants et ils commencent à avoir les petits-enfants !»,  affirme Luis dans un grand éclat de rire, avant d’ajouter, «Cyril, qui a intégré le groupe il y a deux ans et qui est au son, il avait 12 ans quand on a démarré. Il avait vu le concert avec ses parents !».

Mais la plus grande satisfaction de l’ONB est de permettre de rapprocher les cultures. Avec ses 11 musiciens aux origines multiethniques, la formation se bat contre le climat d’intolérance et de racisme ambiant.

«On est tous d’horizons différents. Quand je vois des Français qui viennent de partout, surtout quand on tourne en dehors de Paris, notamment à la campagne, je pense que cela les rassure. (…) Au départ, on n’a pas choisi de faire de la musique pour ce travail là, mais ce sont des dommages collatéraux sympas. C’est un travail de fond, pour un peu contrebalancer ce qui se passe en ce moment », estime Luis.

Un point de vue partagé par son camarade Kamel: «Nous on ne fait pas de politique, on n’est pas dans des partis, mais on s’est rendu compte qu’on arrivait à changer les choses. (…) Nous sommes conscient que la joie que l’on apporte, elle peut apaiser et faire réfléchir un minimum».

Ce soir-là au Trianon, la joie est plus que palpable. La salle affiche complet. Les spectateurs sont survoltés et en redemandent. Quelques youyous retentissent même pour célébrer cet anniversaire. Plus motivés que jamais, les membres de l’ONB ne sont pas prêts de débrancher leurs amplis. «Quinze ans d’amour et de problèmes ! Rajoutez encore une tranche, s’il vous plaît mes amis !», lance Kamel à son public.

Stéphanie Trouillard

http://www.slateafrique.com/87571/orchestre-national-de-barbes-anniversaire

Décès de Warda El Djazairia au Caire

La chanteuse Warda El Djazairia est décédée aujourd’hui jeudi 17 mai vers 19 heures (heure algérienne) en Égypte, à l’hôpital du Caire, à l’âge de 72 ans, a‑t‑on appris de source sûre.

Warda est née en France le 22 juillet 1940 d’une mère libanaise et d’un père algérien, Mohammed Ftouki, originaire de Souk Ahras. Initiée dès son plus jeune âge par sa mère à la chanson libanaise, elle commence à chanter en 1951, à l’âge de onze ans dans un établissement appartenant à son père. Elle se fait peu à peu connaître, notamment pour ses chansons patriotiques algériennes, mais à cause de celles‑ci, elle est obligée de quitter la France pour Beyrouth. Puis, à l’Indépendance, elle rejoint l’Algérie, où elle se marie en 1962. Son mari lui interdit de chanter. Mais en 1972, à la demande du président Houari Boumediene, elle chante pour commémorer l’indépendance de l’Algérie, accompagnée d’un orchestre égyptien. Peu après, son mari demande le divorce et Warda décide alors de se consacrer à une carrière musicale.

Elle quitte l’Algérie pour l’Égypte, où elle rencontre le compositeur Baligh Hamdi avec qui elle se remarie. Elle acquiert la célébrité en travaillant avec les plus grands compositeurs arabes, comme Mohamed Abdelwahab ou Sayed Mekawi.

Forte d’un répertoire de plus de 300 chansons, Warda El Djazairia a vendu plus de 20 millions d’albums à travers le monde. Ses chansons les plus connues sont Lola el malama, batwannes bik, harramt ahibbak, wahashtouni ou encore awqati btehlaw. Dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance, Warda s’est dernièrement associée à l’opérateur de téléphonie mobile Nedjma pour un clip la mettant en scène avec les habitants de la petite localité de Sidi Ghilès, près de Cherchell (Tipaza). Ceux-ci, jeunes et moins jeunes, ont accueilli à bras ouverts la Diva algérienne et créé, tout au long du tournage une véritable communion avec elle en reprenant en chœur les paroles patriotiques de Mazal waqfine, la chanson du spot.

Samir Allam TSA 17 mai 2012