Bouzidi Beldjeld dit «Attou» L’artiste décède sur scène

Suite à un malaise cardiaque, l’artiste Bouzidi Beldjeld dit «Attou» est décédé sur scène, lundi vers 22h, alors qu’il se produisait à Annaba, a-t-on appris hier de la direction de la culture de la wilaya.

Agé de 61 ans, l’instrumentiste Bouzidi Beldjeld dit «Attou» officiait en tant que flûtiste et percussionniste (guellal) au sein d’un troupe artistique comptant plus de 45 membres évoluant dans le cadre de la semaine culturelle de Sidi Bel Abbès, hôte de la ville de Annaba, lorsqu’il a été victime d’un arrêt cardiaque. Ce qui a choqué l’assistance nombreuse, qui appréciait le maniement de ses instruments de prédilection : le guellal (percussions traditionnelles) et la gasba (flûte de roseau).

L’intervention de la Protection civile n’a pas été d’un grand secours pour l’artiste, qui a rendu l’âme immédiatement après l’attaque cardiaque. Ce qui a provoqué la suspension de la semaine culturelle de la wilaya de Sidi Bel Abbès à Annaba, décidée par les organisateurs. Cette manifestation culturelle avait été ouverte deux jours avant le décès l’artiste Bouzidi Beldjeld.

Instrumentiste virtuose

Le regretté Bouzidi Beldjeld dit «Attou», né le 6 juillet 1951 à Sidi Bel Abbès, habitait le quartier populaire de Gambetta. Instrumentiste virtuose, il excellait dans le genre musical bédoui et même du «chîr el melhoun» (poésie populaire chantée). Il est connu pour avoir accompagné la «diablesse» du raï, Cheikha Djenia, et Cheikh El Hatab grâce à la dextérité d’un art pas du tout mineur.

Au contraire ! Un art majeur et noble car empli de générosité et de grande maîtrise. Celle d’un artiste authentique, sans fard, brut de décoffrage !
Le défunt devait être inhumé, hier, au cimetière de Sidi Bel Abbès. Ce qui est sidérant, c’est que Bouzidi Beldjeld est mort comme Molière, le célèbre dramaturge français. Alors, salut l’artiste !
Mohamed Fawzi Gaïdi

Essi Moh. Auteur-compositeur et Guitar Hero

Samir Ardjoum

El Watan 24 08 2012

« ma musique reflète ma vision des choses et des gens »

Devenu incontournable sur la scène musicale algérienne, et après avoir donné un beau concert lors du Ramadhan, Essi Moh revient sur son parcours déjà rempli.

-Quelle est votre origine musicale ?

Je suis issu du blues. Depuis quelques années, j’ai baigné dans cette musicalité qui m’est très chère. Je joue depuis toujours du blues. Maintenant, je suis très sensible à la musique traditionnelle algérienne, à son répertoire assez influent. Je suis né et j’ai vécu dans ce pays et c’est ici même que j’ai appris à jouer de la guitare. Je ne pouvais faire abstraction de cette musique du terroir qui m’a toujours accompagné sans pour autant s’immiscer dans ce que je voulais faire réellement. Puis, un moment dans ma vie, j’ai voyagé. C’est à cet instant que j’ai découvert d’autres modalités, d’autres styles, et ce résultat se trouve dans l’album. Le concert que j’ai donné à Alger récemment regroupe toute cette tonalité captée durant mes voyages, toute cette soul, funk, rock, ce reggae. Tout ce mix reflète ma personnalité. La musique que j’ai toujours voulu faire en somme.

-La musique a toujours été une évidence chez vous ?

Non pas vraiment. Au début, je pratiquais de la musique en amateur. A la fac avec des amis, on avait monté un groupe et on jouait le plus normalement possible. C’est durant mes voyages à l’étranger que je me suis perfectionné dans la «gratte». J’effectuais des «jam-sessions» avec d’autres artistes à l’ambiance variée et qui m’ont beaucoup influencé tels que Lucky Peterson, James Arthur ou Camille Duplessy. Mais l’idée de produire rapidement un album ne m’a pas effleuré de suite. J’aime prendre mon temps pour concrétiser les choses, découvrir de nouvelles sonorités et surtout aiguiser mon écriture. Il est impossible de créer l’œuvre parfaite, mais j’aspire à ne jamais renier mon perfectionnisme.

-Vous vous êtes finalement lancé dans un premier album (Zenjabile V2.0, 2010)

Oui c’est vrai… et même que je suis actuellement en studio en vue de préparer mon second album. Ce sont des projets que je concocte depuis maintenant deux ans. Cela me plaît assurément et je veux associer Karim Kiared dans cette entreprise, sans qui tout cela ne serait jamais arrivé. Nous avions coécrits les textes d’un premier EP et suite à un véritable engouement à travers certains festivals, Zenjabile V2.O a vu le jour. Essi Moh, c’est une équipe. Imaginez une grande bâtisse où chacun aurait ses raisons de s’y trouver. C’est la maison musique, celle du blues, d’un mix. Essi Moh ne signifie en rien que je serai le seul derrière les commandes. Je réfute cela. Essi Moh c’est pour tout le monde.

-Vous achevez l’avant-dernière chanson du concert avec cette phrase : «Je n’ai plus rien à perdre.» Serait-ce votre philosophie, celle du groupe ?

C’est exactement ça ! Nous sommes beaucoup plus dans «l’être» que dans «l’avoir». C’est ma conception du plaisir, du bonheur aussi. Ça peut vous paraître simpliste, mais c’est ainsi que je vois les choses. Par exemple le chaâbi. Je n’ai jamais eu la prétention de faire du chaâbi ni d’égaler les grands maîtres. Je respecte trop profondément El Anka ou Amar Ezzahi pour avoir l’outrecuidance de les dépasser. Et puis, ce ne sont pas mes prérogatives. Je continue d’explorer certains recoins de la musique, celle qui sans doute m’aspire à développer d’autres aspects de ma personnalité. Le jour où j’arrêterai d’évoluer, je bazarderai la musique. J’aurais plus goûts à rien. Donc, je préfère «être» qu’avoir quelque chose pour me sentir bien. C’est ce que j’insuffle dans ma musique.

-Pour «être», il faut parfois se faire violence. Ne pensez-vous pas que la timidité, la vôtre, pourrait déréaliser vos envies ?

Je ne le pense pas. Ce que vous avez entendu reflète exactement la manière dont je perçois les gens, la société, la vie. Il peut y avoir parfois des moments d’hésitation, des choses que vous pourriez associer à de la timidité, alors que c’est tout simplement ma vision des choses. Sans être dans le moralisme bien évidemment. Vous trouvez que je suis timide ?
Lors du concert, excepté le titre Laroussa, on sentait – à tort ?– que vous étiez enfermé dans votre musique, comme si vous aviez du mal à exploser, d’où cette violence trop discrète.
Peut-être, mais je ne me sens pas forcément enfermé. C’est une suite de choses sans doute difficiles à retranscrire en paroles, mais qui passent par des moments hésitants, des bouts d’essai où je me recherche. Comme si vous arrachiez certaines pages d’un livre, il y a des incohérences, mais cette maladresse décrit aussi le sentiment que je peux avoir au moment où je joue. Surtout devant un public algérien, incroyablement exigeant !

Bio express :

Fou de musique et de voyage donc de sonorités décalées et intemporelles, Essi Moh s’est rapidement trouvé une âme de Guitar Hero, affichant un blues lancinant et sensuel accouplé parfois avec le bluegrass des Creedence Clearwater Revival ou bien le reggae torride de Bob Marley ou de Pete Tosh (pour le texte adorablement violent).

Des bancs de la fac de Babez où il s’initie à la «gratte» aux paysages du Maghreb ou du vieux continent (France, Norvège, Tunisie, Algérie, Turquie) où il accompagne des artistes divers tels que Karim Albert Kook, Amar Sundy, Samira Brahmia, Karim El Gafla, James Arthur ou Lucky Peterson. Guitariste de session dans un premier temps, Essi Moh va très vite produire son premier album qui verra le jour en octobre 2011 (Ed. Essi Moh). Le prochain album sortira en 2013.

Samir Ardjoum

Maroc: que reste-t-il de la Nayda casablancaise?

Des jeunes à un concert au Maroc © Abdelhak Senna/AFP
Des jeunes à un concert au Maroc © Abdelhak Senna/AFP

 In http://www.slateafrique.com 16 08 2012

France Inter vient de consacrer une émission à la Nayda, associant ce mouvement culturel underground de Casablanca au Printemps arabe. Cliché ou réalité?

«Cela existe encore ça?»

Sur Facebook, les critiques pleuvent. Au cœur de la jungle urbaine de Casablanca, France Inter vient de consacrer une émission à la Nayda, le mouvement culturel underground né dans la cité au milieu des années 2000. Mais les internautes marocains sont loin d’être unanimes sur la signification actuelle que la radio française lui prête:

«Elle fait rêver tout le Maghreb. Effervescente, atypique, bigarrée, caractérielle, extravagante, Casablanca ne laisse pas indifférent et vit depuis quelques années une renaissance culturelle surnommée la Nayda, en référence à la Movida espagnole…Une plongée au cœur de ce mouvement culturel en compagnie de ces jeunes qui incarnent le Printemps Arabe.»

Mais que reste-t-il vraiment de la Nayda? Incarne-t-elle vraiment le Printemps arabe au Maroc? Le cliché n’est-il pas bien en-deça de la réalité?

La Movida? Pas tout à fait…

On compare trop souvent la Nayda à la Movida espagnole des années 70 et 80. La Movida était une fièvre contestataire qui bousculait toutes les conventions politiques, sociales et religieuses. Son credo: les limites n’existent pas en art.

Quant à la Nayda, celle-ci ne s’accompagne d’aucune initiative politique à même de soutenir son effervescence artistique ou si peu. Eclose en terre conservatrice et liberticide, elle est plombée dans son élan par des interdits moraux et sécuritaires beaucoup plus puissants que ceux de l’Espagne post-franquiste.

Un terreau politique aride

Contrairement à la Nayda, la Movida s’est accompagnée d’un changement politique radical avec un passage à la démocratie et un développement économique avec l’entrée de l’Espagne dans l’Europe.

C’est loin d’être le cas au Maroc où le terreau politique est loin d’être fertile pour cette jeunesse avide de liberté et briseuse de tabous. Il risque même d’être encore plus aride à l’avenir avec la montée en puissance des islamistes.

Le Palais, tout aussi réfractaire aux bouleversements sociaux, joue aussi sa partition en canalisant et en cooptant bien des figures de la Nayda, dont la flamme, il faut le dire, vacille déjà depuis des années. Même la presse indépendante qui l’a fait connaître et l’a soutenue n’existe pratiquement plus, laminée par la censure, ou n’y croit plus vraiment…Reste une sympathie partagée par une génération d’agitateurs déjà nostalgiques d’une époque presque révolue.

La Nayda, «un feu de paille»

Des questions quelque peu abordées par l’émission de France Inter qui donne la parole à de jeunes artistes branchés, des cinéastes engagés, des créateurs de mode etc. Tous décrivent avec passion une Casablanca alternative, cosmopolite et résistante où existent malgré tout quelques «banthoustans» où l’on cultive le culte de la transgression.

Paroles d’espoir, souvent trop policées, de la part ceux qui ont symbolisé le mouvement à ces débuts ou de ceux qui l’ont rejoint sur le tard, mais dont le silence assourdissant de certains au plus fort des révoltes arabes a sérieusement écorné leur réputation d’irréductibles et de faiseurs de changement.

D’où les commentaires acerbes des internautes sur leur prise de parole sur France Inter. Sur Facebook, on peut lire:

«Où étaient-ils lorsque le Mouvement du 20 Février est descendu dans la rue? D’ailleurs, ils n’en disent toujours rien!»

Ou encore:  

«La Nayda, c’est un feu de paille, finie, récupérée par le roi qui a financé ses leaders et tué dans l’œuf la nouvelle scène avec Mawazine (le festival de musique de Rabat, Ndlr), sans parler de tous ces artistes, hier grandes gueules et maintenant convertis au chant patriotique… »

Essai non transformé

Un jugement parfois expéditif mais qui en dit long sur la désillusion ambiante de voir une scène culturelle si prometteuse désormais confinée à une existence en circuit fermé, réduite à un effet de mode, à une sphère de divertissement sur laquelle la propagande officielle surfe allégrement.

La réalité est certes plus nuancée, les initiatives continuent de se multiplier, des jeunes talents reprennent le flambeau, mais tout cela demeure malgré tout marginal, la maturité du mouvementne s’est pas concrétisée avec la déferlante du Printemps arabe.

Et pour cause:

«Les figures les plus médiatisées de la Nayda ont couru aux abris, ils n’ont pas eu le courage politique qu’on attendait d’eux à ce moment-là», estime un journaliste déçu.

Un alibi pour le régime

«La Nayda a secoué le cocotier, mais rien n’est vraiment tombé de l’arbre», reconnaît un animateur d’une radio musicale qui regrette que la libéralisation des ondes, concommittante au mouvement, s’est faite dans la tiédeur car vite monopolisée par des patrons de médias adoubés par les pouvoirs publics.

Appeurés par la censure, par les risques inhérents au débat ouvert sur les institutions et sur le pouvoir, la plupart des artistes font leur show dans les limites tracées par la monarchie, transformant leur génie créatif en alibi pour le régime.

Le témoignage du rappeur El Haqed rapporté par France Inter souligne le nouveau ras-le-bol de la jeunesse, pointant du doigt «la vraie source du mal marocain». Lui n’était qu’un gamin lorsque la Nayda était en pointe de la contestation. Et il lui donne un sacré coup de vieux. Pas étonnant qu’il soit retourné à la case prison en ces temps où «l’art propre» est érigé en référence par les islamo-monarchistes.

Un mouvement toujours «en émergence»

Dominique Caubet, sociolinguiste, passionnée par la nouvelle scène marocaine et auteur du documentaire CasaNayda (2007) ne s’y trompe pas:

«On atteint des limites de ce que peut faire un mouvement sans politiques publiques derrière (…). Le mouvement a été lancé, grâce à des individus et des réseaux informels; il est resté «en création», «in progress», «en émergence», «en gestation »… mais il y a un moment où il faut que ça aboutisse.

Bientôt 10 ans d’émergence… (…) Il se passe des choses, indéniablement, mais on se pose sérieusement la question de savoir si ce mouvement «en émergence» va enfin «émerger». On ne pas être indéfiniment «en émergence»… et les choses tardent à évoluer vraiment. Ce serait dommage qu’une telle effervescence, unique dans le monde arabe, retombe», prévenait-elle dans une interview accordée à Made In Medina en janvier 2011. Le Printemps arabe venait de démarrer à Tunis.

 

Ali Amar

A écouter aussi, la seconde partie de l’émission «Là où ca se passe» d’Anne Pastor, France Inter. Intitulée «Casablanca en resistance» l’émission est consacrée au Mouvement du 20 Février, aux inégalités, à la corruption, à la violence, à la misère, mais aussi aux hommes et aux femmes qui combattent les démons de cette ville tentaculaire.

[+Vidéo] HAMID EL KASRI, ABDELKÉBIR MERCHANE ET KARIM ZIAD A KHAIMETKOUM

Un hommage au Diwane algérien
Par : Sara Kharfi 14/08/2012

La soirée de dimanche soir, à Khaimetkoum chez Djezzy, dressée sous le grand chapiteau de l’hôtel Hilton, a été dédiée à l’art des Gnawa, avec un concert exceptionnel de deux grands maîtres de la musique Gnaoua : Maalem Hamid El Kasri et Maalem Abdelkébir Merchane du Maroc, qui ont été accompagnés par le batteur algérien Karim Ziad. Muni d’un goumbri particulier, Maalem Hamid El Kasri, un des maîtres gnawa les plus en vue de la scène gnaoui, et Maalem Abdelkébir Merchane, une voix chaude et puissante qui l’a accompagné aux crotales, et par le chant, a revisité quelques-uns des morceaux de l’album, « Yobadi » (réalisé par Karim Ziad) et d’autres issus du riche répertoire des Gnawa, notamment « La Ilah ila Allah », « Aicha », « Boyandi », « Moulay Ahmed », « Mimouna », « Aicha Kandicha », etc. à plusieurs, Maalem El Kasri évoquera dans son chant le nom de Maalem Ben Aissa, une sorte d’hommage à un des plus grands maîtres du Diwane en Algérie, disparu en 2008.

L’hommage à la musique Diwane continue lorsque le groupe Ouled Haoussa rejoindra la scène pour accompagner les deux artistes marocains sur « Sergou ». Une fusion entre le diwane et le gnaoui, une fusion également avec la batterie de Karim Ziad qui a fait danser l’assistance jusqu’à l’épuisement grâce à ses élans rythmiques. La barre était placée bien haut lors de cette prestation de fusion (batterie, goumbri, karkabou, et le Diwane avec le Gnaoui), d’une durée d’une heure vingt minutes, où l’on a réécouté le blues des gnawa avec une nouvelle orchestration, forcément moderne, rehaussée par la voix de deux grands interprètes.

Par : Sara Kharfi
liberte-algerie.com

[Audio] Inasliyen – Itri – 1979

Postée par http://www.youtube.com/user/mastanabal

Chanson issue de l’album « Tagmat », enregistré sur un 33T (Espagne – 1979)
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ITRI

Tamεayt uwegnan yurga, yeɣli-d s igenni yitri-s
Yekcem s itran inuda, yedderɣel-d si tafat-is
Deg wul-is teɣma ccama, mi d-yuki yelli-d allen-is
Ziɣen a yemma, llant tirga i d-yessakayen
Ziɣen a yemma, llant tirga i d-yessakayen
Ad yewwet deg ???, yerna ɣer wid yemmuten

Ala ala ala …

Ufiɣ-t yeddari a yemma, tafat-is am tziri
Yugi ad yeffeɣ seg uẓekka, aɣebbar fell-as yuli
Kra n wid yemmuten yeεya, i wid yessen yettcetki
Ziɣen a yemma, llant tirga i d-yessakayen
Ziɣen a yemma, llant tirga i d-yessakayen
Almi εerqen deg ubrid, ad ittfeqfiq deg yigenni

oh oh oh …