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Moulay AÏt Si Ahmed. Guitariste et leader de Daxar. Les notes forment un language qui transcende les mots

Moulay AÏt Si Ahmed. Guitariste et leader de Daxar. Les notes forment un language qui transcende les mots

Par Samir Ardjoum
El Watan 07 09 2012

Bercé dès son plus jeune âge, la musique chez Moulay Aït Si Ahmed dépasse l’entendement et finit par être un mode de vie. Avec son groupe Daxar, il revient sur l’album Nus Nus, chantier musical enveloppant l’Occident tout en lui susurrant des mélodies orientales à l’oreille.

Avant de vous lancer dans le «projet» Daxar, quelles ont été vos orientations musicales ?

J’ai eu de multiples expériences musicales qui ont abouti à l’épanouissement d’une musique métissée et diversifiée, que cela soit sur des projets de groupes Rock, musique classique par le prisme d’un duo de guitares, ou alors avec le groupe Thalweg, empreint de racines algériennes et celtiques, et que j’avais monté avec mes complices Marc Israel, Hocine Boukella alias Cheikh Sidi Bemol. L’enrichissement d’un musicien se fait à travers la rencontre d’autres artistes, et des différents projets auxquels il contribue.

L’idée d’être dans un groupe est-elle devenue un sacerdoce, une manière de vivre pleinement votre musique ?

Je prône plus l’énergie de groupe qu’un projet personnel. La dynamique y est différente, et plus enrichissante à vivre. Elle pousse à bien faire en fonction des individus, et l’on peut chacun rebondir sur les talents des uns et des autres. J’aime l’idée de provoquer une famille d’où un état d’esprit se dégagerait avec les atouts de chacun, et d’exprimer un langage qui se démarquerait des sentiers battus. Ce qui n’est pas toujours évident, et le challenge est bien là.

Le groupe Daxar, c’est une sorte de Maison-Musique où chacun aurait son mot à dire…

Oui ! Cela me va bien comme formulation, c’est assez démocratique non ? (Rires). J’ai monté ce projet avec de bons musiciens, croisés sur les routes diverses de la musique, sachant que chacun avait une personnalité musicale (Hervé le Bouché à la batterie, Amar Chaoui aux percussions, Marc Israel à la basse, Aurélien Guyot au violon, ainsi que des featuring et additionnels selon les événements). Ce travail collectif définit une convergence dans notre savoir-faire, Daxar serait alors une musique orientale inspirée des différents folklores de base, et de les interpréter avec modernité, de donner une nouvelle alternative, je l’espère, à cette musique orientale. C’est pour cela que j’ai baptisé le style Daxar comme étant de l’«Oriental Alternative Expérience».

Comment s’est déroulée l’écriture de l’album ? Des moments de flottement, de doutes ?

Disons que j’apportais du matériel (composition) avec un schéma-directeur, puis en les répétant, on amenait le dessin vers une maturité, avec l’aval de tous et la part de chacun dans sa touche. Ceci dans un cadre précisé. Après il faut savoir que cet album est une invitation aux amis chanteurs et chanteuses, chacun des intervenants donnait de son temps et surtout de son talent dans une bonne ambiance. Finalement, nous leur en sommes très reconnaissants.

Votre musique fait penser à un film dont on ne connaîtrait jamais la fin ou bien qu’il y aurait une seconde séance, mais qui se développerait dans l’esprit du spectateur/auditeur. Et puis parfois il y a cette fusion qui, selon certains, pourrait dénaturer la musique algérienne…

Ne pas connaître la fin laisse à l’auditeur le choix de se procurer la sienne, ou bien encore de rester dans la possibilité de différents scenarii, propre à ses émotions. Cela me convient ! On a tendance à trop vouloir définir ce qu’est la musique, mais les notes forment un langage qui dépasse ou alors transcende le vocabulaire des mots… Sinon, j’apprécie la musique folklorique algérienne ainsi que d’autres tendances, et respecte le savoir-faire talentueux des artistes qui la font. Néanmoins, je trouve judicieux de proposer autre chose au public. D’autant que le relief de cette rencontre met en valeur le langage de l’un par rapport à l’autre et vice et versa. C’est une vision de premier ordre, et donc une orientation principale du projet Daxar, à savoir une « expérience » qui proposerait une « alternative » à la musique orientale.

Quand pensez-vous revenir en Algérie pour y jouer ?

Daxar garde un très bon souvenir de l’accueil qui lui a été réservé lors d’un festival, il y a quelques années, à la salle Ibn Zeydoun. Nous reviendrons donc avec plaisir sur la scène algérienne s’il y a la moindre opportunité.
Bio express :

Plus qu’un groupe, Daxar est un projet original qui s’articule autour d’un noyau dur de musiciens, évoluant depuis longtemps, ensemble ou en parallèle, dans diverses formations (Gnawa diffusion, Gaâda Diwane de Béchar, Thalweg, Orchestre national de Barbès, Cheikh sidi Bémol, Fanfaraï, Samira Brahmia, etc.) et qui, riche de la diversité de leur cultures musicales (aussi occidentale qu’orientale), prennent aujourd’hui plaisir à tisser de nouvelles nappes instrumentales. Le groupe a peaufiné son premier album, Nus Nus, avec des invités tels que Florence Touiar, Manu Le Houezec, Mohamed Dilmi, Hassan Idbassaid, Samira Brahmia, Cheikh Sidi Bémol et d’autres belles voix de la scène maghrébo-orientalo-parisienne.

Samir Ardjoum

Radio Hchicha

septembre 7th, 2012

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