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Biographie de Rabah Donquishoot

Biographie de Rabah Donquishoot

Il est l’un des pionniers du rap algérien, sans doute le plus international. Etonnant en solo comme avec le groupe MBS, Rabah Donquishoot signe son come back à un moment ou la scène rap dz agonise.

Adulé en Algérie, respecté en France et demandé au Maroc, Rabah possède une plume sans nationalité ni passeport. Il vogue à travers les continents à la recherche de vérités et d’inspiration. Rejetant tout nationalisme ou régionalisme, Rabah étudie le genre humain et nous en livre le meilleur comme le pire.

Dans ce nouvel opus, Rabah nous fait découvrir une nouvelle facette de son art. Cru, engagé, philosophique et allant droit au but, voila comment le Donquishoot algérien se livre en 12 titres tous aussi puissants les uns que les autres.

« 3lem edzayer » (Le drapeau algérien) est un bijou qui s’inscrira sans doute dans le livre des classiques algériens. Rabah pointe du doigt le silence qui règne en Algérie, ce silence qui maintient les Algériens dans cette situation dramatique. L’artiste accuse ces accusateurs qui brandissent le drapeau algérien dès que la liberté d’expression devient gênante. Il dénonce ce patriotisme à sens unique avant de clore la chanson avec un magnifique poème en langue arabe littéraire.

Dans le morceau « Fi balek » (Fais attention), Rabah met en garde sur les dangers de l’extrémisme et du fanatisme. Traçant le parcours d’un jeune endoctriné par les prêches religieux, il aborde le sujet d’une manière réaliste tout en expliquant que la misère sociale et culturelle reste le point de départ et la cause principale de ce phénomène si meurtrier. Quelques extraits de prêches viennent rappeler la violence des mots et des fais.

« Ya serraqine » (Vous les voleurs !) est un appel à la transparence et à la vérité comme on n’en a pas entendu depuis la grande époque du regretté Matoub Lounès. Décrivant à la fois le désarroi du peuple qui s’est fait voler jusqu’au pétrole sur lequel il s’endort chaque soir, et la soif insatiable de pouvoir et de richesse de ceux qui sont à la tête de l’Etat algérien depuis 1962.

Dans « Denia dima tmahan » (La vie est toujours difficile), Rabah relativise la richesse matérielle pour mettre en évidence les relations humaines qui sont complexes à toutes les échelles de la société. Un riche homme d’affaire qui a perdu le goût des choses simples, un modeste citoyen dont la femme jalouse les riches voisins, deux personnages pour un problème sans solution. Deux situations paradoxales qui mettent en évidence la complexité de la vie et qui rappellent l’adage « on en veut toujours plus, mais y’en aura jamais assez ».

MBS, « Le Micro Brise le Silence « , fait parti de ces groupes présents sur la scène culturelle et musicale Algérienne. Ces groupes qui offrent une alternative à l’expression de la jeunesse autre, que le rai aujourd’hui en proie à l’usure.

MBS, c’est l’histoire de quatre jeunes algérois passionnés de musique, de rap et de « révolution musicale ». M’hand très influencé par le rap français, Red One (redwane) inconditionnel du rap Américain, Yacine spécialiste des arrangements et Rabah issu du groupe  » R-boyz », premier groupe de rap algérien ! Tous les quatre grandissent à Hussein Dey, quartier populaire d’Alger. Ils se rencontrent au lycée et commencent à organiser des concerts hip-hop, dès 1993.
Et MBS ose ! C’est dans un mix unique, que le groupe intègre au son hip-hop urbain, des mélodies traditionnelles, tirées du patrimoine algérien. Leurs textes reflètent le malaise de toute une génération d’algériens, engagés et conscients de leurs problèmes. Leurs couplets sont lourds de sens, et l’ensemble donne une touche exceptionnelle à leur musique qui finit par séduire Chérif Aflah. C’est Rachid Doufaine, artiste et producteur spécialiste de la musique Touareg, qui les présente. Cherif Aflah craque immédiatement sur le son de MBS, prend le pari de les produire et c’est parti ! Ainsi né en 1997, le premier album de rap algérien « Ouled El Bahdja » (les enfants de la radieuse), signé MBS. L’album connaît un tel succès (60 000 cassettes vendues en quelques mois), qu’un deuxième opus, « Aouama » (nageurs) sort en novembre 1998.

Après un très fort engouement du public sur le territoire national, M’hand, Red One, Yacine et Rabah ne s’arrêtent pas là ! Invités par Beur FM à participer au concert « L’Algérie à Paris », ils « mettent le feu » au Zénith, le 1er novembre 1998. A leur côtés, Cheb Yazid, Khaled et Cheb Mami.
Un troisième album, « Le Micro Brise Le Silence », voit le jour en Novembre 1999. Production plus étoffée, MBS s’est discipliné, a appris à maîtriser ses pulsions, ses sentiments. La musique de MBS véhicule les aspirations d’une jeunesse qui ne cesse de crier son désespoir, les massacres et les abus de l’armée, le chômage…

Conscients de la chance qu’ils ont eu de sortir indemnes d’Algérie, les quatre artistes restent fidèles à leurs engagements, tant musicaux que militants. C’est beau la constance !
De 1998 à 2010

Si je vous dis MBS, vous ne me direz pas le Mouvement des Belles Sonorités, ni le Mariage de Bons Sons, pourtant vous n’auriez pas tellement tort. Mais à coup sûr vous me direz le Micro Brise le Silence. Si vous avez suivi l’histoire vous me direz même Maquis Bla Slah.
Si toutefois vous ne connaissez pas, c’est le lieu et le moment de vous mettre à la page

MBS, ce sont les initiales incontournables du rap algérien, portées par les presque initiateurs du mouvement en Algérie. Ce groupe de rappeurs né à Alger dans les années 90 cristallise dans ses chansons l’instinct de survie de toute une jeunesse étouffée par l’histoire de son pays. Car la survie passe par la parole. Le terrorisme, le système scolaire, le chômage, la censure, la corruption, rien n’échappe à leurs plumes acérées.

Si les années ont passé et si les sujets ont évolué, la révolte est toujours là. Alors que Red-one et Yacine ont quitté le groupe, Diaz, ancien membre de Oxymore, est venu rejoindre le crew qui n’en a fini ni avec son public, ni avec ses bourreaux.
Plus de dix ans de vers acerbes sur la réalité algérienne, des influences multiples, des collaborations diverses (113, Intik, DAM, Sans Limite, Speed Caravan…) et l’envie toujours présente de dénoncer les abus du système font de MBS une référence de la scène musicale algérienne et les porte-paroles d’une génération avide de justice.

Avec M’hand alias Deymed à la production, Rabah Donquishoot le spécialiste de la métaphore, Diaz et son parler franc et Hadjira, la touche féminine qui n’a de douce que la voix, tout ce que l’on peut espérer, c’est un happy end du genre : « ils s’unirent et eurent beaucoup d’albums ».

Lire la suite: http://www.greatsong.net/BIOGRAPHIE-RABAH-DONQUISHOOT,9999518428.html

Radio Hchicha

février 3rd, 2013

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