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Noubli Fadhel, un musicologue oublié

Noubli Fadhel, un musicologue oublié

noubli-fadhelPlus de 250 œuvres musicales ont été créées par cet artiste, musicologue et compositeur à la fois. L’ONDA dispose de pas moins de 180 œuvres musicales de Noubli Fadhel (62 ans).

Pris d’un sérieux malaise dimanche dernier dans la matinée, le compositeur algérien a été évacué au service des urgences de l’EPSP de Cherchell, avant d’être transféré à l’EPH de Sidi-Ghilès. La prise en charge du patient par le personnel médical a été correcte. Noubli Fadhel, qui faisait partie de cette poignée d’Algériens soucieux de la préservation du patrimoine immatériel national, en participant à l’organisation de nombreux festivals algériens, vit à présent dans l’anonymat et l’indifférence. Il avait composé la musique de films, d’opérettes, de pièces de théâtre, de chansons, en plus de nombreuses mélodies.

Au moment où l’Algérie célèbre le Mois du patrimoine, Noubli Fadhel sombre dans l’oubli. Atteint de la maladie d’Alzheimer, Noubli Fadhel, toujours alerte, essaye de nous exprimer ses sentiments. Difficile pour lui, car il n’arrive plus à trouver les mots pour enchaîner ses discours. Néanmoins, il affiche un sourire sincère. La dernière invitation qui lui a été faite lui, était celle de l’APC de Bab El Oued au mois de Ramadhan dernier, à l’occasion de l’hommage rendu par cette même APC à l’autre géant du théâtre algérien, Sid Ali Kouiret. Noubli Fadhel n’est malheureusement pas inscrit au registre du secteur de la culture de la wilaya de Tipasa. Inconnu au bataillon.

Ses partitions musicales sont pourtant connues dans beaucoup de pays. Noubli Fadhel a exporté ses œuvres musicales au Liban, Yémen, Syrie, Jordanie, Tunisie et en Egypte, pour être interprétées par les artistes de ces pays. Après quelques heures passées sur son lit, au service des urgences de l’EPH de Sidi Ghilès, il nous a murmuré avec un sourire complice : «N’importe quelle mélodie de Mozart me fera rêver, me fera plaisir en ces moments précis.» Puis, il replonge dans un profond silence. L’artiste épuisé, a besoin d’un moment de repos. Son besoin n’est nullement matériel, il veut simplement une reconnaissance.

«Nous allons nous revoir pour discuter de la culture en général et de la musique en particulier plus tard dans notre pays», nous promet-il, avant de fermer les yeux. Après les contrôles médicaux d’usage, le personnel de l’EPH nous assure qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Noubli Fadhel, le grand musicologue est déjà oublié. On se souvient du ras-le-bol que nous avait balancé en pleine figure un autre grand artiste, Abdelwahab Salim. C’est l’histoire qui se répète en ce Mois du patrimoine avec Noubli Fadhel.

M’hamed Houaoura
El Watan 23/04/2013

Radio Hchicha

avril 23rd, 2013

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