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Entretien Groupe Haoussa : « C’est toujours magique d’être au Festival d’Essaouira »

Entretien Groupe Haoussa : « C’est toujours magique d’être au Festival d’Essaouira »

Invité spécial de la seizième édition du Festival Gnaoua Musiques du Monde, le groupe de punk marocain Haoussa n’en est pas à son premier concert à Essaouira.

Groupe Haoussa

Comment avez-vous découvert puis rejoint le groupe Haoussa ?

Je l’ai collé ! C’est un groupe qui a réussi à gagner en crédibilité sur la scène marocaine. Il a reçu le premier prix du Boulevard en 2002, dépassant largement d’autres groupes plus anciens. Je les ai écoutés sur internet pour la première fois dans le titre Human Insanity, en 2005. De plus, on se connaissait puisqu’on jouait à la Fondation des œuvres laïques à Casablanca. Tout le monde y connaît tout le monde, on a organisé des sessions, des rencontres, des cafés entre amis. Et en 2007, j’ai proposé au leader et fondateur du groupe, Khalid Moukdar, et au guitariste, Nadir Hajji, de venir répéter chez-moi. Par la suite, je les ai rejoints en tant que bassiste.

D’où est venu votre penchant pour Haoussa ?

C’est venu comme ça. Leurs textes sont merveilleux. Leur jeu musical fait vraiment leur identité. Les Haoussa sont contestataires mais ils s’assument tels qu’ils sont. Ils ne se vendent pas. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de quitter le groupe Mazagan, où je jouais avant, pour rejoindre Haoussa.

Ce n’est pas votre première fois ici, à Essaouira. Que fait alors un groupe de punk rock au Festival Gnaoua ?

 

Personnellement, la musique gnaoua n’est pas ma tasse de thé. Je suis souvent sur des musiques plus rythmées, plus énergétiques. Mais après, j’ai beaucoup d’admiration pour les mâallems gnaouis. J’ai rencontré Hamid El Kasri en 2003. Pour moi, il est un excellent ambassadeur du Maroc. Il a beaucoup inspiré Haoussa dans ses jeux aux rythmes gnaouis, parce qu’ils sont assez présents dans la musique du groupe Haoussa.

Comment arrivez-vous à marier la musique gnaouie au registre plutôt rock de Haoussa ?

Je ne sais pas ! Les lignes de basse transe nous y inspirent, les chœurs. Sinon, on joue par notre feeling et ça donne ce que vous voyez sur scène et écoutez dans les chansons.

Pour revenir à vos textes, votre registre y est plutôt coléreux. Qu’est-ce qui vous motive pour les écrire ?

C’est Khalid Moukdar qui les écrit. Chez Haoussa, on peut parler de politique, d’amour, de folie. On ne doit pas passer nuisibles, notre priorité est de partager ce qu’on fait. Un simple citoyen qui parle de choses qui l’interpellent, c’est aussi nous. Nos textes viennent du cœur. Et ce qui vient du cœur parle au cœur.

Vous vivez de Haoussa ?

Nous jouons dans le cadre de Haoussa pour la passion. On aurait bien aimé ne vivre que de Haoussa, mais au Maroc, les artistes n’ont pas de statut, pas d’assurance, pas d’intermittence. Parallèlement alors, je suis associé au B-Rock à Casablanca et je viens de terminer mes études en Direction photographique à l’Ecole supérieure de l’audiovisuel (ESAV) à Marrakech.

Vous pensez arriver à le faire un jour ?

Avec ce qui se passe au Maroc, personne n’est encouragé à continuer dans la musique. Le domaine n’est pas très professionnalisé. Si le Bureau marocain des droits d’auteur ne fait pas correctement son travail, les artistes peuvent toujours s’inscrire à la SACEM (en France). Mais c’est difficile de vivre de ce qu’on aime au Maroc. Je pense à des groupes comme Darga, par exemple. Tout a chamboulé en deux ans.

Vous continuez l’aventure tout de même, un nouvel album sera dans les bacs prochainement…

Oui, l’année prochaine. Nous avons essayé d’y visiter un autre registre que celui très rythmé de notre actuel album en tournée. Les textes sont prêts, les chansons sont composées. Nous y introduirons beaucoup d’acoustique, c’est le meilleur plat à donner.

Qu’est-ce que cela vous fait d’être à Essaouira, dans le cadre du festival ?

C’est magique. C’est un festival qui a de l’esprit, une âme. Ça ressemble au Festival Alegria, à L’Boulevard, et il évolue positivement. Nous aimerions y revenir autant de fois que possible. Ses directeurs artistiques sont de fins connaisseurs de la musique. A l’instar de Karim Ziad, un vrai connaisseur, il l’est profondément.

 

Ghita Zine. La Vie éco
www.lavieeco.com

2013-06-28

Radio Hchicha

juin 28th, 2013

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