Samih Al-Qasim, poète de la résistance des Palestiniens, est parti

HuffPost Algérie. 20/08/2014

Le grand poète palestinien Samih Al-Qasim est mort mardi soir, à l’âge de 75 ans, après un combat de plus de trois ans contre le cancer. La santé du poète s’était dégradée ces derniers jours. Il était rentré chez lui vendredi dernier, au village de Rama à Acre (à 150 km de Jérusalem), après un ultime séjour à l’hôpital de Safed.

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Samih Al-Qassim constituait avec Mahmoud Darwich et Tewfik Ziad, le trio des « poètes de la résistance » dont les poèmes, chantés par Marcel Khalifa, font partie de la culture de combat des palestiniens.

Poète, journaliste, ancien membre du Parti communiste, Samih Al- Qasim qui a publié de nombreux recueils de poésies a été arrêté à plusieurs reprises et soumis à résidence surveillée de la part de l’occupant israélien en raison de ses positions politiques.

Sa correspondance avec Mahmoud Darwich qui a quitté la Palestine dans les années 70, d’une qualité littéraire exceptionnelle, témoignait de la profonde complicité entre les deux hommes.

Thérapie

Le chef de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a rendu hommage à Samih Al-Qassim, dont la « voix haute a défendu le droit, la justice et la terre ».

Le comité exécutif de l’OLP a salué « un grand poète dont le nom est liée à la poésie de la révolution et de la résistance et qui a consacré sa vie à la défense de la culture nationale palestinienne… ».

Le départ de Samih Al-Qassim intervient alors que « renait l’esprit de la culture de résistance dans toute la Palestine et la volonté de notre peuple à vaincre contre l’agression barbare israélienne sur Gaza… » indique le comité exécutif.

Samih Al-Qasim, soulignait lundi le Quotidien d’Oran , est de la même stature que Mahmoud Darwich, son jumeau. « Il ne prétend pas au statut de « porte-parole », un vilain mot que les poètes ne peuvent que réprouver ou tourner en dérision comme Samih sait si bien le faire. Lui et Mahmoud ne sont pas des porte-paroles. Ils sont cependant la parole palestinienne par excellence.

« Samih Al-Qassim est un résistant. Dans tous les sens du terme, un homme qui ne plie pas, qui ne cède pas, qui contrarie, qui combat. Sans être un surhomme. Juste en étant un homme, qui aime la terre, le pain, les choses de la vie ».

…Les Palestiniens sont attachés à leurs grands poètes car « leur voix est une thérapie contre l’oppression. Des voix qui reconstruisent continuellement, dans la colère, dans l’amour, dans l’odeur du pain et du café au matin, dans le geste pudique et tendre de la mère, un pays volé et interdit. Ils deviennent ainsi les créateurs d’une mémoire vivante, des constructeurs et des accumulateurs de sens pour un peuple mené d’un absurde à l’autre, d’une injustice à l’autre ».

Je résisterai

Par Samih al-Qâsim

Je perdrai peut-être – si tu le désires – ma subsistance
Je vendrai peut-être mes habits et mon matelas
Je travaillerai peut-être à la carrière comme porte faix, balayeur des rues
Je chercherai peut-être dans le crottin des grains
Je resterai peut-être nu et affamé
Mais je ne marchanderai pas
O ennemi du soleil
Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.

Je résisterai

Tu me dépouilleras peut-être du dernier pouce de ma terre
Tu jetteras peut-être ma jeunesse en prison
Tu pilleras peut-être l’héritage de mes ancêtres
Tu brûleras peut-être mes poèmes et mes livres
Tu jetteras peut-être mon corps aux chiens
Tu dresseras peut-être sur notre village l’épouvantail de la terreur
Mais je ne marchanderai pas
O ennemi du soleil
Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.

Tu éteindras peut-être toute lumière dans ma vie
Tu me priveras peut-être de la tendresse de ma mère
Tu falsifieras peut-être mon histoire
Tu mettras peut-être des masques pour tromper mes amis
Tu élèveras peut-être autour de moi des murs et des murs
Tu me crucifieras peut-être un jour devant des spectacles indignes
O ennemi du soleil
Je jure que je ne marchanderai pas
Et jusqu’à la dernière pulsation de mes veines
Je résisterai.

Katr Al-Nada de Samih Al-Qasim chanté par Marcel Khalifa:

Solidaire avec la Palestine, Souad Massi refuse de chanter en Israël

HuffPost Algérie. Par Hamdi Baala Publication: 

La chanteuse algérienne Souad Massi a refusé de chanter en Israël à cause de l’offensive actuelle de l’Etat hébreu sur Gaza, déclare-t-elle dans une interview qu’elle a accordé mercredi 20 août au magazine égyptien Al Ahram Hebdo.

Invitée pour un festival musical à Tel Aviv, Souad Massi a, comme précédemment, décliné l’invitation. « Je chante pour la paix dans le monde alors que le gouvernement israélien ne fait pas grand-chose pour parvenir à cette fin », affirme-t-elle.

« J’ai le droit de ne pas vouloir me produire dans un pays qui assassine des enfants en bas âge, des femmes au foyer, des femmes enceintes, des personnes âgées », a-t-elle martelé en réponse à une question concernant des accusations d’antisémitisme dont elle aurait fait l’objet de la part des médias européens.

La fille de Bab El Oued explique qu’elle ne parviendra jamais à chanter pour des israéliens tant que les positions de leur pays vont « à l’encontre du respect du droit à la vie ».

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Un artiste qui œuvre pour la paix ne doit pas se contenter des belles paroles dans les journaux, selon Souad Massi. Il doit sacrifier les « grands cachets » et chanter dans les zones de conflit, tel que Gaza.

La chanteuse algérienne avait en effet des concerts prévus en Palestine mais qui ont été annulés, comme elle l’indique dans une publication sur sa page Facebook officielle.

Elle a auparavant pris part à un concert de solidarité avec Gaza le 1er février 2009 à l’Institut de Monde Arabe à Paris.

L’auteure de “Raoui” et “Ghir Enta” préfère adhérer au chant révolutionnaire, celui qui défend la cause des plus faibles en leur dédiant des chansons.

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Du café maure au cybercafé : Chaâbi 2.0

Cette musique, apparue au siècle dernier, est entrée dans le troisième millénaire grâce à de nombreux fans qui la célèbrent et la perpétuent sur internet. Porteuse d’une culture citadine ancestrale, la musique chaâbie entre sans complexes dans l’ère du numérique.

De même que les mélomanes se rendaient jadis dans les cafés maures de la capitale pour découvrir les meilleurs interprètes, aujourd’hui les chaâbistes se donnent rendez-vous sur facebook ou youtube pour échanger les meilleurs enregistrements. Ainsi, le cybercafé prend le relais du café maure qui, à quelques rares exceptions près, a totalement disparu de notre paysage urbain.

Si l’on tape, par exemple, «El Anka» sur youtube, on découvre plusieurs centaines de vidéos du précurseur du chaâbi, décédé en 1978. En effet, le web n’a pas attendu la vogue d’El Gusto pour s’intéresser à cette musique encore très prisée par les jeunes d’Alger et d’ailleurs. Le forum du chaâbi (http://chaabi.super-forum.net) par exemple est actif depuis 2007 grâce à des passionnés qui annoncent en guise de slogan : «Du chaâbi on vit, du chaâbi on s’inspire et c’est avec le chaâbi que nos journées sont devenues paisibles et joyeuses».

Ce forum, ouvert à tous les internautes après inscription, invite les membres à partager leurs connaissances et leurs interrogations à propos des textes de qacidate et des termes obscurs de la langue du melhoun. Les chaâbistes y partagent également des vidéos et des sons, non seulement de chaâbi, mais également des genres voisins comme la musique arabo-andalouse (source d’inspiration du chaâbi), le malouf ou encore le chaâbi kabyle. Les enregistrements rares partagés en mp3 sont, quant à eux, réservés aux membres les plus actifs.

Des sites comme webchaabi.com proposent également de la musique en streaming et une web radio. La star des interprètes sur la Toile est sans doute Ammar Ezzahi, légende vivante du genre qui brille par sa discrétion. Sa page sur facebook regroupe plus de 80 000 fans et reprend une déclaration qui résume sa philosophie : «Je ne suis qu’un petit interprète de musique populaire». La page consacrée au regretté El Hachemi Guerrouabi (particulièrement bien animée) affiche 160 000 fans et celle de Hadj M’hamed El Anka dépasse également la barre des 100 000. Bref, les cheikhs passionnent les jeunes internautes.

Les âges des membres de la communauté chaâbie en ligne sont par ailleurs très variés et le web est loin d’être l’apanage des plus jeunes. On retrouve sur les réseaux sociaux certains artistes reconnus, encore trop rares, qui profitent de cet outil pour rester en contact avec leurs fans et échanger en toute simplicité. C’est le cas de Reda Doumaz, très actif sur facebook, qui partage non seulement sa musique, mais aussi ses coups de gueule et ses réflexions sur des sujets d’actualité.

Il existe également des pages facebook thématiques qui regroupent les passionnés de cet art. On peut citer à titre d’exemple le groupe intitulé «Hna fi hna… Les chaâbistes» (Entre nous… les chaâbistes). Un titre qui exprime bien cette propension des amateurs de chaâbi (de même que ceux d’autres genres dans le monde comme le jazz ou le flamenco) à se regrouper en happy few possédant le goût et le savoir de la «vraie musique».

En vérité, cette communauté est loin d’être fermée et le groupe compte d’ailleurs 70 000 membres ! Dans ce «grand fouillis» que peut être le web, les puristes regretteront que d’aucuns se présentent en spécialistes autoproclamés et propagent des informations approximatives. Mais cette absence de repères n’est pas totalement imputable au web. Bien que le genre tende à se restructurer, notamment avec le Festival national du chaâbi, la formation et la recherche ne permettent pas encore de séparer le bon grain de l’ivraie. Du reste, le conflit d’autorité est un sujet aussi vieux que le chaâbi.

De Saqi baqi à Sobhan allah ya ltif, les qacidate sont nombreuses à enseigner la modestie aux jeunes pousses qui se prétendent cheikhs. Avec cet outil qui donne le micro et la plume à tous, on trouve certes le meilleur et le pire, mais cette communauté très active nous confirme que le chaâbi a encore de beaux jours devant lui.

Walid Bouchakour
El Watan 19 08 2014

Aziz Sahmaoui, artiste marocain, souhaite obtenir la nationalité algérienne

Bladi.net 18 août 2014

Aziz Sahmaoui, marocain résidant en France, fondateur de l’University of gnawa et membre fondateur de l’orchestre national de Barbès, a déclaré, en marge du festival culturel international de la musique diwane, organisé à Tlemcen, 600 km à l’ouest de la capitale Alger, qu’il souhaite obtenir la nationalité algérienne.

Dans une interview accordée à lexpressiondz.com, l’artiste marocain – jusqu’à présent en tout cas – a affirmé que c’était « un appel sérieux. Vous en avez le pouvoir ? J’aimerai être algérien, ça serait un honneur pour moi. C’est peut-être un droit, mais ce sera une joie, un privilège, un honneur d’être algérien ».

Bien que cette question relève des libertés individuelles et des choix personnels de chacun, au Maroc comme en Algérie, cela suscite à chaque fois la polémique et des querelles interminables entre Marocains et Algériens, notamment sur Facebook et Twitter.

A titre d’exemple, certains Algériens n’ont pas hésité à accuser cheb Khaled de trahison suite à l’obtention de sa nationalité marocaine, en août 2013, par décret du roi Mohammed VI. Il aurait également subi d’énormes pressions pour y renoncer.

Quant à Lamine Ouahab, tennisman maroco-algérien, il a décidé d’acquérir la nationalité marocaine car il n’était pas apprécié à sa juste valeur en Algérie, avait-il expliqué à des médias marocains.

– Par: Fouad Boumnadel
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Aziz Sahmaoui @ Facebook. il y a 4 heures
Bonjour à tous,

Suite aux différentes interprétations relatives à ma récente déclaration quant à mon souhait de demander la nationalité algérienne, je tenais à apporter les clarifications suivantes :

Il n’est nullement dans mon intention d’abandonner ma nationalité marocaine à laquelle je tiens énormément. Mon parcours artistique prouve mon attachement indéfectible au Maroc et à sa culture. Ce même parcours rappelle également ma soif de rapprochement entre les peuples et notamment ceux d’Afrique du nord. Ma déclaration doit être interprétée comme un message d’amour et de fraternité entre nos deux peuples, qui dans mon cœur ne font qu’un. Je ne m’interdis d’ailleurs pas de demander un jour la nationalité tunisienne!

Cette phrase issue de mon prochain album résume toute ma pensée :  » hna hbab hna ouahed, aalach ikasmouna  »

Paix et amour sur nos peuples

Aziz Sahmaoui 19 08 2014

Ezza, du blues-rock touareg made in Toulouse

Via www.africavivre.com Juin 2014
Par Lola Simonet

La rencontre de trois identités musicales.

Comme l’explique son leader, le chanteur et guitariste nigérien Goumour « Omar » Adam, le trio Ezza est la rencontre de trois identités musicales fortes, celles de Menad Moussaoui, de Stéphane Gratteau et la sienne, à Toulouse.

Et il est important de préciser le lieu de la rencontre. Car, toujours selon l’intéressé, la ville rose et son quartier populaire, Arnaud Bernard, auront façonné la naissance de ce groupe en lui insufflant une énergie et un art de vivre tout à fait occitans.

Un immigré maghrébin, un Toulousain élevé dans la musique jazz et un Touarègue nigérien, respectivement bassiste, batteur et guitariste, ont commencé à jouer ensemble lors de buffs improvisés aux pieds de l’église Saint-Sernin. Non loin de l’espace où se tient chaque semaine le marché sur lequel « Omar », récemment arrivé en France de son Niger natal vend alors ses créations de bijoux. Il joue de la guitare à la manière touarègue lors de ses pauses et Menad Moussaoui l’a repéré.

ezza-touaregue

Les répétitions s’enchaînent et suivent bientôt les concerts, nombreux en 2013, l’année où le trio décroche le trophée Tremplin Midi-Pyrénées des Francopholies. Cette année, la sortie d’un EP album de 7 titres intitulé « Abadaya », est la consécration de quatre années de travail du groupeEzza.

Riffs accrocheurs à la guitare, groove puisé dans le désert, chants traditionnels du peuple touarègue redynamisé, on se laisse entraîner par la fougue enthousiaste de ce premier opus prometteur. En Tamashek du Niger, « Omar » y appelle au règne de la paix, à la scolarisation des enfants (sa sœur n’a pas eu la chance d’aller à l’école), le respect des valeurs comme l’honneur, la dignité… Valeurs très importantes chez les Touarègues. Vivement l’album au complet !

Ezza – Abadaya en live

Goumar Adam, dit « Omar », le forgeron touarèg qui rêve de musique et de voyages

Arrivé en 2009 en France à l’invitation d’amis français qu’il avait connus au Niger, Goumar Adam, dit « Omar » fera vite sienne la ville de Toulouse qui, dit-il, l’a accueilli à bras ouverts…

Issu d’une famille de forgerons touaregs du Niger, il grandit en apprenant le métier de ses parents et rien ne semble le prédestiner à une carrière musicale si ce n’est son goût pour la musique de ses ancêtres. Enfant, il s’imprègne des groupes emblématiques touaregs que sont Tinariwen, Takrist Nakal et d’autres…

Une fois en France, il vit de son métier de forgeron en le revisitant et devient créateur et vendeur de bijoux touaregs, très prisés par nos concitoyennes et concitoyens. Avec le trioEzza, « Omar » rêve encore et toujours de voyages et sait que la musique est un passeport en soi. Ce deuxième métier, comme une deuxième chance lui ouvre d’autres chemins. En bon nomade qu’il est, il ne les refusera pas…

Sa culture, la situation critique de son pays et de son peuple sont ses thèmes de prédilection. Avec Ezza, un nouveau petit frère des Tinariwen est né. On lui souhaite bon vent !

Lola Simonet