Radio Hchicha

Samir Hchicha - Fondateur et animateur de RadioHchicha.com, et blogueur depuis 2001. N'hésitez pas à nous contacter pour nous faire vos remarques et autres propositions. Ya 1000 Merhba :)

Festival des musiques du monde 2009

TOP210ème édition, du 15 octobre au 15 novembre 2009

Le monde est ici, le voyage aussi !

Quand la Seine-Saint-Denis se fait terre de voyage, les destinations ne manquent pas : bal créole, chant qawwalî pakistanais, riffs magnétiques des touaregs…

Cette 10ème édition foisonne de rencontres artistiques inédites, avec près de 40 concerts dans 18 villes de Seine-Saint-Denis et à Paris, et de multiples moments privilégiés d’échanges, au détour d’un stage de danse ou d’un atelier de cuisine, pour explorer l’univers culturel d’un artiste, d’un pays.

Munissez-vous de votre ticket de transport en commun, organisez votre covoiturage et embarquez sans changer d’horizons vers des destinations à l’impact écologique limité.

L’équipe du festival vous souhaite un bon voyage !

Telecharger le programmec 2009 Format PDF

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Othmane Bali, maître du Tindé

athmane-bali Mebarek Athmani mieux connu sous son nom d’artiste Othmane Bal (né en mai 1953 et mort tragiquement le 17 juin 2005) est un chanteur algérien . Avec sa voix chaude, il interprétait notamment ses chansons dans le style du tindé, le genre musical de sa région de Djanet, qu’il a contribué à faire découvrir au public algérien et international.

Né à Djanet, dans le Grand Sud algérien, au sein d’une famille de mélomanes et de poètes, il est bercé par la musique de sa mère, grande chanteuse de tindé.

Virtuose du luth, un instrument qu’il avait découvert lors de ses études en médecine au début des années 1970, il écrivait des textes en tamacheq et en arabe, saupoudrant parfois ses couplets d’un peu de français. « Il a revisité la musique du terroir et a contribué à sa renaissance et à son élargissement au-delà des frontières.

Auteur, compositeur, interprète, il a rehaussé la musique targuie pour lui donner une dimension universelle.

Il étudie au lycée de Tamanrasset et fréquente des musiciens. Il va réaliser de nombreux enregistrements avec notament des artistes de belle renommée – Il a écrit de nombreux textes inspirés des traditions orales touareg, les tissiouaye, en tamahak, en arabe et en français.

Respectueux de la tradition, Othmane Bali était aussi ouvert aux fusions et aux métissages. Il avait notamment enregistré trois albums avec l’Américain d’origine indienne sherokee Steve Shehan et venait de terminer une belle aventure musicale avec le jazzman français Jean-Marc Padovani.

Il donne son dernier spectacle de l’artiste en mai 2005 à la salle Ibn Zeydoun, à Alger.

Nabil Bali est le fils de Athmane Bali, chanteur, joueur de luth, célèbre poète des Touaregs kel Ajjer de Djanet emporté dans son véhicule par une crue dévastatrice. A l’âge de 13 ans son père lui offre une guitare classique. Il apprend tout seul puis rejoint sa troupe avec laquelle il joue aussi de la derbouka. Après la mort de son père, Nabil décide de reprendre le flambeau. Son père écrivait des textes en tamacheq et en arabe, il chantait d’une voix chaude et forte. Il jouait du « contemporain touareg », comme il aimait à le désigner et était devenu une véritable curiosité pour les musicologues. Othmane Bali avait même introduit, à la manière des Calypso antillais, des bidons d’huile et des jerricans d’essence dans sa musique.

Mohamed El Badji

Mohamed-El-Badji.2jpg Le cheikh Mohamed El Badji محمد البدجي (né le 13 mai 1933 à Belcourt – décédé le 28 juin 2003) fut un auteur- compositeur-interprète de Chaâbi algérien. Connu sous le pseudonyme « Khouya El Baz », il a écrit les plus belles pages pour les plus grands noms de la chanson chaâbie comme Amar Ezzahi, Aziouz Raïs, Reda Doumaz…Il est notamment l’auteur de Bahr Attoffane. Avec sa voix rocailleuse et profonde, ses interprétations demeurent une quête permanente de refouler sa douleur.

Sa vocation pour la musique remonte à 1947, à l’époque où il fréquentait un cercle du mouvement scout El Mouradia Foudj El Aman aux côtés de Didouche Mourad jusqu’en 1952. Il figure aussi dans la troupe de Kaddour Abderrahmane, dit « Kanoun ». Ses camarades de classe étaient cheikh Bâaziz, Chaâbane Madani, Brahim Siket.

A partir de 1952, Mohamed El Badji participe parfois aux fêtes populaires en intégrant différentes structures musicales.

Arrêté pendant la grève des Huit Jours, en 1957, le chanteur est torturé, jugé et condamné à mort. Son exécution est ajournée. Dans sa cellule, il fabrique une guitare’de fortune d’où sortira la musique de Ya Maqnine Ezzine (L’oiseau révolutionnaire). En mars 1962, il est finalement remis en liberté.

Entre 1963 et 1977, Mohamed El Badji occupe un emploi de fonctionnaire au ministère de la Justice avant son départ pour la retraite. Le cheikh exploite ensuite une boucherie située dans le marché « Gaspar » à El- Mouradia tout en se consacrant à son art musical .

Khoya El-Baz décède le 28 juin 2003 à son domicile à El-Mouradia à Alger.

Lounis Aït Menguellet – Portrait

lounis_menguelet Lounis Aït Menguellet (Lewnis At Mangellat) (né le 17 janvier 1950 à Ighil Bouammas en haute Kabylie) est un chanteur et guitariste algérien kabyle contemporain.

Davantage poète que chanteur, il demeure probablement l’un des artistes les plus populaires et les plus attachants de la chanson kabyle contemporaine, un poète qui est devenu le symbole de la revendication identitaire kabyle. À propos des évènements qui ont secoué la Kabylie ces dernières années, il dit que, égale à elle-même, la région est un bastion de la contestation et qu’elle a toujours été à l’avant-garde des luttes. « Je parle de la Kabylie à ma façon, afin d’apporter quelque chose pour que les choses évoluent », avant de s’empresser d’ajouter qu’il ne fait jamais de politique. Il a écrit quelque 150 chansons et fait l’unanimité parmi toutes les générations kabyles.

Biographie

Le prénom Lounis lui a été transmis par sa grand mère, parce qu’elle l’aurait entendu en rêve quelque temps avant le 17 janvier, date de sa naissance. Son oncle paternel, émigré en Oranie, lui choisira un autre prénom, celui d’un de ses meilleurs amis: Abd Ennebi, prénom qui restera ignoré de tous, y compris de Lounès lui même jusqu’au moment où, à Alger, on exigera les papiers du jeune écolier. Il passa les premières années de son enfance dans son village natal avant de déménager à Alger chez ses frères Smaïl et Ahmed. Il fréquente l’école primaire puis le collège Technique du Champ de Manœuvres où il reçoit une formation d’ébéniste. Lounis n’aime pas les études, puisque, dit-il, on peut tout trouver dans les livres.

La carrière de Lounis Aït Menguellet peut être scindée en deux parties selon les thèmes traités : la première, plus sentimentale de ses débuts, où les chansons sont plus courtes et la seconde, plus politique et philosophique, caractérisée par des chansons plus longues et qui demandent une interprétation et une lecture plus approfondie des textes. Ahkim ur nsaa ara ahkim (Pouvoir sans contre-pouvoir), Idul sanga anruhNekni swarach n ldzayer (Nous, les enfants d’Algérie) : Aït Menguellet choisit délibérément dans ses concerts récents de chanter ces poèmes, plus longs et plus composés, comme une invitation lancée à son public à une réflexion et à une découverte.

En présentant son nouvel album à la presse, le 16 janvier 2005, à la veille de sa sortie le jour de son cinquante-cinquième anniversaire, à la Maison de la Culture de Tizi Ouzou, Lounis a fait remarquer que « l’artiste ne fait qu’attirer l’attention des gens sur leur vécu et interpeler leur conscience. C’est déjà une mission et je ne me crois pas capable d’apporter les solutions aux problèmes ». Aigri par la situation sociale et politique de son pays déchiré, Lounis puise de moins en moins dans son répertoire de chansons sentimentales qui ont caractérisé ses débuts.

Une enfance marquée par la guerre d’indépendance

Il a vécu une enfance difficile, partagé entre sa région natale et Alger où il s’installera un temps chez ses frères Smail et Ahmed. Ses parents exerçaient une activité de commerçants. « Ma famille avait pour tradition le commerce. On avait une sorte de ferme et des magasins dans l’Oranais, à Rahouia. Les hommes y allaient à tour de rôle pour faire marcher les commerces. Les femmes et les enfants restaient en Kabylie ». Il aura à peine le temps de commencer ses études primaires à l’école de son village : « J’y suis allé pendant une année, avant que l’école ne soit détruite, brulée par les Moudjahiddines ».

La suite ? « Elle a été un peu compliquée. J’ai tenté de reprendre les études au village, et j’ai fait quelques années encore avant l’indépendance. Puis, après 1962, je suis parti avec mes frères sur Alger où j’ai repris le cursus primaire dans une école aux Champs de Manœuvres, et de là, j’ai atterri au collège d’enseignement technique dans lequel je suis resté trois ans ».

Au cours de la dernière année, Lounis doit tout abandonner après la mort, dans un accident de la circulation, de son grand frère, jeune commissaire de police à Alger, qui l’avait à sa charge et s’occupait de lui depuis le départ du père à Oran.

Pendant ses études – il suit une formation d’ébéniste dans un collège technique – il s’éprend de littérature, grâce à un professeur particulièrement pédagogue, et commence à écrire des poèmes, qu’il chante dans la plus pure tradition orale de la poésie berbère.

Obligé de travailler pour vivre, Lounis trouve un emploi de secrétaire subdivisionnaire au ministère des Travaux publics. Mais, parallèlement, il commence à se lancer dans la chanson, sans penser encore à devenir chanteur.

Les débuts dans la chanson

Ses débuts dans la chanson remontent, à l’année 1968. Il avait à peine dix-huit ans lorsqu’il crée avec quelques copains le groupe Imazighen. « On était des débutants, on a beaucoup bourlingué, fait des galas, des fêtes un peu partout en Kabylie. Je me rappelle bien de ce gala qu’on avait fait à la salle des fêtes de Tassaft. Elle était archicomble, et j’en garde un très bon souvenir. C’était notre premier gala réussi, ça nous a vraiment galvanisés ». Des pères blancs avaient mis à leur disposition une pièce pour que le groupe puisse répéter. Et au 1er étage, Mouloud Mammeri dispensait des cours de langue amazighe ; Lounis apprendra l’alphabet tifinagh grâce à l’écrivain.

Un an plus tôt, en 1967, son cousin Ouahab l’avait pris presque de force pour l’emmener subir l’incontournable et très redouté passage à l’émission Nouva Ihafadhen de la Radio kabyle que Cherif Kheddam, une grande figure de la modernisation de la chanson kabyle, consacre à la découverte des « chanteurs de demain ». Il y chante sa première chanson, composée en 1966, à l’âge de seize ans, à la suite de sa première (et dernière, avouera-t-il plus tard) déception amoureusee, Ma trud ula d nek kter (Si tu pleures, moi je pleure encore plus). Celui qui avait l’habitude de chanter entre copains sous le clair de lune d’Ighil Bouammas, son village natal, devient, en quelques mois, cette idole qui bouleverse les cœurs. Sa carrière est lancée.

Ce cousin s’occupait du groupe, et jouait un peu le rôle de manager. « C’est lui qui m’avait vraiment poussé à y aller. Dans le temps, il était au groupe comme un manager, il nous débrouillait des galas, le transport. Il était très actif avec nous jusqu’en 1970. Puis, je suis rentré au village, les autres se sont dispersés, et le groupe a fini par disparaître. Mine de rien l’expérience a quand même duré près de trois ans ».

De retour chez lui à Ighil Bouammas, Lounis est recruté comme secrétaire à la Kasma de la région, et il se marie. Mais il doit quitter son travail, après seulement quelques mois d’exercice, pour partir sous les drapeaux. Sa première fille – il aura au total six enfants – vient au monde alors qu’il accomplissait son instruction à Blida, avant d’aller faire ses dix-huit mois à Constantine.

C’est également pendant cette période que Lounis prendra son véritable départ dans la chanson. Toujours grâce à son cousin Ouahab, qui avait pris contact avec un éditeur, Yahia L’hadi (qui était aussi un célèbre chanteur arabe oranais), il enregistre en 1969 à Oran quatre chansons; dont la toute première, Ma trud ula d nek kter, pour ses deux premiers 45 tours, sortis en même temps.

Avec l’aide d’un de ses amis, Kamel Hamadi, il surmonte les obstacles imposés par la vie militaire pour continuer à enregistrer : « Kamel m’avait, en fait, beaucoup aidé à foncer. Je venais en permission le weekend, et il me réservait à l’avance le studio de Mahbou Bati à Alger pour enregistrer. À l’époque, c’était des 45 tours. Je laissais alors la bande à Kamel pour chercher un éditeur, s’en occuper, et moi je reprenais le train pour Constantine le dimanche en soirée ».

C’est ainsi qu’il ne se rendra compte du succès remporté par son second tube A Louiza, qui avec Ma selber « Je n’en savais absolument rien. Moi j’étais loin, à Constantine enfermé dans une caserne… ».

Les années d’or

Aït Menguellet était sans doute loin d’imaginer qu’il venait d’entamer une longue carrière, et que, par la suite, cette période des débuts serait qualifiée « d’années d’or », titre donné en 1987 à la réédition de ses premières chansons. À ce sujet, il précise avec modestie : « Ce titre je n’ai jamais eu la prétention de le proposer. C’est l’éditeur qui s’en est servi sans même m’aviser. Je n’aurais jamais osé. Je l’ai découvert comme tout le monde sur les jaquettes des cassettes rééditées. Alors s’il est mauvais je ne suis pas responsable, et si les gens ont trouvé qu’il convient, je n’ai aucun mérite non plus ».

Dès le départ, il se situe en rupture avec les orchestrations luxuriantes (et souvent inutiles à son avis) de la musique « berbère » de cette époque. Son langage est à la fois poétique et revendicatif. Il est devenu un symbole de la musique amazighe, à tel point qu’on l’a souvent qualifié de Georges Brassens kabyle.

Dans les années soixante-dix, il s’installe quelque temps en France, où il s’impose comme l’une des grandes figures de la chanson kabyle dans l’émigration. Il passe une première fois à l’Olympia en 1978, fait le plein au Zénith de Paris en 1985, et remplit toujours les stades de Tizi Ouzou, de Béjaïa et la salle Atlas à Alger. À partir de cette période, il commence à devenir le symbole de la revendication identitaire berbère qu’il exprimera de façon éclatante une décennie plus tard, lorsqu’il délaissera les chansons sentimentales de ses débuts pour adopter un style plus philosophique, plus politique, qui ira en s’affirmant avec des chansons fondatrices comme Agu (le Brouillard), Tibratin (Missives) et surtout Idaq wul (le Cœur oppressé).

Les gens se reconnaissent dans le malaise social dépeint par Aït Menguellet. Ses textes contiennent cette dose de subversion nécessaire à la prise de conscience d’un peuple qui revendique son identité. Lounis Aït Menguellet dérange. Le 25 octobre 1985, il est condamné à trois ans de prison ferme pour « détention illégale d’armes de chasse et de guerre ». Il est mis en isolement durant trois mois. Malgré les aléas de la conjoncture et de l’ingratitude humaine, il reste le plus populaire des chanteurs kabyles. Et surtout le plus dense et le plus profond. Parce qu’il a su garder sans doute un parfait équilibre entre l’inspiration et la technique et qu’il constitue un moment fort de la chanson kabyle moderne et de la chanson algérienne contemporaine.

Le sage a dit

Après près de quarante ans de carrière, plus de 200 chansons produites (il affirme être incapable lui-même d’en donner le nombre exact) et une notoriété bien établie, Lounis Aït Menguellet est toujours resté « ce campagnard fier », « ce montagnard au fort caractère », essayant de couler des jours paisibles dans son village d’Ighil Bouammas près de Tizi Ouzou. « La vie au village n’est pas aussi ennuyeuse qu’on le pense. Le village où l’on est né présente des attraits que d’autres personnes ne peuvent pas voir. Le fait de me réveiller le matin et de voir la même montagne depuis que je suis né m’apporte toujours quelque chose. »

Victime d’un lynchage en 2001, lié à la situation difficile que connait l’Algérie depuis le début des années 1990, il écrit deux ans plus tard Nedjayawen amkan (On vous a laissé la place), qui est censée être une chanson-réponse à cet évènement dont il refuse de parler.

En 2005, il sort un nouvel album Yennad Umghar (Le sage a dit), et fait remarquer que la sagesse qu’il chante dans ses chansons est puisée chez les petites gens qu’il côtoie. Le titre le plus long de l’album – il dure 8′ 22″ – Assendu n waman (Les brasseurs de vent) dénonce à la fois les manipulateurs d’opinion qui ont un rang officiel, mais également, toutes les voix officieuses, partisanes, généralement adeptes de la politique politicienne. Lounis constate que les brasseurs de vent « viennent, promettent. Et reviennent, oublient. Et disent, c’est ainsi que se font les choses ». Nul acteur politique n’est épargné, et c’est justement ce que certains reprochent à Aït Menguellet : son manque d’engagement. Il rétorque qu’il n’est pas chanteur engagé par vocation. Lui, il est humaniste, rebelle, observateur et porte-voix des petites gens, des humbles, de toutes ces voix écrasées par toutes sortes d’hégémonies, que l’on ne laisse jamais s’exprimer.

Un poète à la voix envoûtante

Ni philosophe, ni penseur, tout juste poète (« on me le dit si souvent que je commence à y croire »), Lounis s’interdit, dans ses chansons, de donner des leçons. « Je ne fais que de l’observation. Elle peut être juste ou fausse. Mes mots ne sont pas des vérités générales. Mais, quand je les dis, ça me fait du bien ». Avec des mots simples, il raconte la vie des gens simples qu’il cotoie, et sait transmettre une émotion qui touche un public de plus en plus nombreux, qui se presse à ses concerts. Et, avec modestie, il ajoute : « Je suis un homme ordinaire, plus ordinaire que les ordinaires ».

La voix envoûtante et profonde de Lounis Aït Menguellet porte un chant qui vient du fond des âges ; c’est celle des troubadours du Moyen Âge, celle des musiciens traditionnels de tous les peuples qui ont su préserver leur âme. Par sa seule magie, cette voix chaude transporte ceux qui l’écoutent au cœur de la Kabylie. Troubadour, chanteur-compositeur, Aït Menguellet perpétue cette tradition orale des montagnes kabyles qu’a si bien mise en évidence avant lui le grand poète Si Mohand, décédé en 1906, et qu’a chantée Taos Amrouche, sœur du poète Jean Amrouche, décédée en exil, en Tunisie.

Le chantre de la chanson kabyle

Lounis Aït Menguellet part sans cesse à la source pour puiser « une prose littéraire orale, cette prose amazigh traditionnelle dans ses différentes formes d’expression autour desquelles a évolué la mémoire collective de la société », fait remarquer Mohammed Djellaoui, auteur d’un essai sur la poésie d’Aït Menguellet, et il ajoute que le poète « met la légende et la vertu au service d’une cause ».

Cette cause, c’est celle de la culture berbère. Longtemps marginalisée, réduite à un genre mineur, la chanson kabyle, grâce à Lounis Aït Menguellet, a renoué avec le fonds traditionnel berbère qu’a chanté avant lui Slimane Azem, interdit d’antenne dans son pays durant plus de vingt-cinq ans. L’auteur de « Asefru » a su créer des formes et des structures propres à sa poésie en jouant sur l’ambiguïté de sens des mots qu’il utilise, permettant une interprétation pluridimensionnelle de la part de ses auditeurs.

En avril 1980, lorsque le wali de Tizi Ouzou décida d’interdire une conférence de l’anthropologue Mouloud Mammeri sur « La poésie ancienne des Kabyles », la population de la ville, puis des régions avoisinantes, sans parler d’Alger, où les Kabyles sont très nombreux, se souleva, à l’appel des étudiants, pour défendre, à travers les poètes anciens, la langue des ancêtres. L’un de ses défenseurs les plus ardents fut Aït Menguellet :

Reconnais ce qui est tien
Prends garde de ne jamais l’oublier!…
Langue kabyle
Celui qui t’aime
Te sacrifie sa vie
Il te vénère
Et pour toi garde la tête haute
C’est grâce à tes fils

Que l’Algérie est debout.

« Pourquoi cette véhémence ? » se demande l’écrivain Kateb Yacine dans la préface qu’il écrivit en 1989 pour le livre de Tassadit Yacine « Aït Menguellet chante », et il répond : « C’est que tamazight, notre langue nationale, depuis des millénaires, est à peine tolérée, pour ne pas dire proscrite, dans l’Algérie indépendante ! ». La puissance des chansons de Lounis réside dans la qualité de ses textes, la force du verbe : « La paix demande la parole : je suis contrainte de t’abandonner, pays pour qui j’ai l’âme en peine / Ils m’aiment en me comparant à une perdrix / Belle quand je leur sers de festin… », dit l’un de ses textes. Ou cet autre, qui clame : « Nous avons chanté les étoiles, elles sont hors de notre portée / Nous avons chanté la liberté, elle s’avère aussi loin que les étoiles ».

Conscient du rôle essentiel joué par la chanson pour le maintien et la sauvegarde de la langue kabyle, Lounis Aït Menguellet effectue, au travers de ses chansons – dans lesquelles le texte et la langue tiennent une place primordiale – un véritable travail de mémoire pour sa langue maternelle. La défense de sa langue est l’une de ses raisons de vivre : « La chanson a toujours porté à bout de bras l’âme kabyle, l’essence algérienne. Il y a plein de Kabyles qui ont appris leur langue grâce à la chanson ». Les mots du kabyle lui parlent et il continue à en découvrir : « La langue, c’est la mère, la terre ».

Chanteur à textes, Lounis Aït Menguellet n’en a pas moins introduit une recherche musicale plus élaborée dans ses chansons depuis que son fils Djaâffar, musicien lui-même, fait partie de son orchestre, qui ne dépasse pas quatre membres (deux percussionnistes, un guitariste et son fils qui joue au synthétiseur et à la flûte).

À propos de la chanson kabyle, Lounis Aït Menguellet considère qu’elle se porte plutôt bien, dans la mesure où il y a toujours de jeunes artistes qui émergent. « Il y a d’un côté, la chanson rythmée que demandent les jeunes, mais il y a aussi le texte qui reste une chose fondamentale dans la chanson kabyle», souligne le poète pour qui la chanson engagée est avant tout une liberté d’expression.

De nombreux ouvrages et études ont été consacrés à son œuvre en tamazight, en arabe et en français.

Hommage de Kateb Yacine

Dans un texte à propos de la défense de la langue kabyle, le grand écrivain algérien Kateb Yacine, décédé en 1989, rend hommage à Lounis Aït Menguellet :

« (…) Et comme l’ignorance engendre le mépris, beaucoup d’Algériens qui se croient Arabes – comme certains s’étaient crus Français – renient leurs origines au point que le plus grand poète leur devient étranger :

J’ai rêvé que j’étais dans mon pays
Au réveil, je me trouvais en exil

Nous, les enfants de l’Algérie
Aucun coup ne nous est épargné
Nos terres sont devenues prisons

On ferme sur nous les portes
Quand nous appelons
Ils disent, s’ils répondent,

Puisque nous sommes là, taisez-vous !

La discographie de Lounis Aït Menguellet comporte au total, plus de 200 chansons.

* 1967-1974 : Période des 45 Tours, environ 70 titres.
* ( 1975 ) : Thalt iyam – Thaghzalt 33 tours voix du globe édition brahim ounasser
* 1976 : Anidha thedjam ammi (Luzine akham) (ou Anida n-tejjam mmi (Luzin s axxam))

* 1976 : Live à l’Olympia
* 1977 : Amdjahed (Ali d Ouali) (ou Amjahed)
* 1978 : Aaathar (ou Aâettar)
* 1979 : Ayagou (ou Ay agu) premier album avec les moustaches
* 1981 : Almusiw (ou A lmus-iw (Askuti))
* 1982 : Amachahu
* 1983 : Ammi (ou A mmi)
* 1984 : Akbaili – Egget-iyi
* 1986 : Asefru
* 1988 : « Les années d’or » 48 titres, reprises en 6 K7 des 45 tours des débuts
* 1989 : Achimi (ou Acimi)
* 1990 : Avrid n temzi (ou Abrid n temzi (tirga n temzi))
* 1992 : Akw nikhdaa Rebbi (ou A ken-ixdeâ Rebbi)
* 1994 : Awal
* 1995 : Iminig egguid (ou Iminig n yid)
* 1997 : Siwliyid thamac (ou Siwel-iyi-d tamacahutt)
* 1999 : Inagan
* 2002 : Inasen (ou In-asen)
* 2005 : Yennad Umghar (ou Yenna-d wemghar)

Bibliographie

* Tassadit Yacine, « Aït Menguellet chante », Préface de Kateb Yacine, Paris, la Découverte, 1989.
* Mohammed Djellaoui, « L’image poétique dans l’œuvre de Lounis Aït Menguellet – Du patrimoine à l’innovation » (Essai) – Éditions Les Pages Bleues, Alger, 2005.
* Aït Mokhtar, Abdelkrim: La poésie chantée de Lounis Aït Menguellet ou le miroir éducateur d’une société désarçonnée, in Horizons Maghrébins, n° 47 (2002), pp 50-57, .

Liens internet

Portrait et extrait d’interview de Lounis Aït Menguellet par Madjid Chérifi
Amedyaz n Imedyazen.

La diva Marie Louise Taos Amrouche

Évocation. Marguerite-Taos Amrouche

Surgie des siècles

taos-amrouche_1 Dernier maillon d’une chaîne d’aèdes, Marguerite-Taos Amrouche, cantatrice et romancière d’expression française, nous revient cette semaine. Trente-trois années se sont écoulées depuis son enterrement, le 2 avril 1976, dans le village provençal de Saint-Michel-l’Observatoire. Son charisme inaltérable, sa présence irradiante, sa voix chevrotante, n’ont pas pris une ride.

Célébrée et reconnue dans l’autre rive, même après sa disparition, elle n’a pas reçu ses lauriers en Algérie. Née en Tunisie, le 4 mars 1913, la petite Marie-Louise Taos, de son nom d’état civil, grandit partagée entre le souvenir d’un pays abandonné par ses parents et la dure réalité de la terre d’accueil, pas forcement accueillante. Véritable héritière, elle descend d’une lignée de récitants de la tradition orale kabyle, les « clairchants ». Fille de Marguerite Fadhma Ath Mansosur Amrouche, auteur du poignant livre Histoire de ma vie et petite fille de Aïni Aïth Lâarbi-ou-Saïd, Taos tenait de ses aïeux un don céleste : celui de nous faire parvenir des émotions déchirantes, des souffles fragiles, des cotes et des proverbes d’une culture plusieurs fois millénaire. Berbère, chrétienne et française, Taos Amrouche n’en revendique pas moins son algérianité. Elle était cet « hybride » voulant concilier des univers différents et complexes : Croissant et Croix, France et Algérie, modernité et tradition. Un sentier cahoteux qu’elle n’a pas hésité a emprunter, en assumant pleinement sa complexité, sans renier un iota de ses origines berbères. Il semble que la fille tient ce legs de son père, Belkacem Antoine Amrouche, originaire d’Ighil Ali, en basse Kabylie. « C’est un homme extraordinaire, qui a tenté toute sa vie de concilier sa foi et ses origines », révélait Taos Amrouche a propos de son vava (père). Les interrogations douloureuses soulevées par l’auteur de Rue des Tambourins, son frère, Jean El Mouhoub Amrouche, intellectuel aux multiples talents, restent d’une brûlante actualité. Elles sont aujourd’hui la dîme à payer de tous les transplantés. Forcés à l’état végétatif de transplantés, indépendamment de leurs choix, les Amrouche ont trouvé l’ exutoire dans le chant et l’écriture en rendant compte de la complexité et de la douleur d’être des déracinés. « Le sort des Amrouche aura été une fuite harcelée, hallucinante, de logis en logis, de havre jamais, de grâce en asile toujours précaire. Ils sont toujours, chez les autres, étrangers, où qu’ils soient », disait le défunt Mouloud Mammeri.

La révélation

Marguerite Taos Amrouche s’est appliquée durant toute sa vie à la collecte d’un florilège de trésors poétiques auprès de sa mère, Fadhma Ath Mansour. « Pour ma part, ayant baigné depuis l’enfance dans ce merveilleux climat de ses chants et de ses poèmes, le miracle était que je puisse prendre assez de recul pour en découvrir toute la force magique et la beauté : c’est la grâce qui me fut accordée et qui me permit de recueillir des lèvres de ma mère, avec la docilité totale et le respect de l’élève en face du maître, ces chants dont la lumière chemine vers nous depuis des millénaires », avait-elle confié dans les notes imprimées sur le disque Chants berbères de la meule et du berceau », publié en 1975. Voici ce que disait sa fille, Laurence Bourdil-Amrouche, dans un témoignage posthume, également poignant, publié sur la revue Algérie- Littératures/Actions (n° 179-1996), à propos de cette « mission » : « Elle avait une vingtaine d’années, c’est elle qui me l’a racontée. Il était deux-trois heures de l’après-midi. Elle faisait la sieste ; elle était dans cette sorte de demi-sommeil, entre deux eaux, où l’on dit que les rêves sont très importants. Jean était en train de donner un cours dans la pièce à côté. Tout à coup, elle a entendu, dit-elle, une voix chanter en elle. Dans une demi-conscience, elle a essayé de chanter en même temps que la voix. Elle s’apercevait du décalage énorme qu’il y avait entre son chant et cette voix… Soudain, de l’autre côté de la cloison, son frère s’est mis lui aussi, à chanter ce même chant, lointain, plus lointain encore que la voix. Tous les trois, l’être invisible, elle et Jean, chantaient à l’unisson (…) Sa mission était là : elle devait sauver ces chants. » A la maison de Tunis, c’ était la communion parfaite. Son frère Jean El Mouhoub Amrouche, se mit de la partie. Au bout du compte sont nés Les Chants berbères de Kabylie, publiés en 1938. Cependant, la révélation est plus profonde. A Paris, elle monte son premier répertoire. Deux ans plus tard, en mai 1939, Taos, à l’insu de son père, se rend au Congrès de musique marocaine de Fès. Vêtue d’une robe blanche que l’on peut voir sur la couverture de la réédition de Rue des Tambourins, elle se produit devant un public émerveillé. Le directeur de la Casa Velasquez de Madrid est subjugué par la grâce de sa voix. Quelques conciliabules et, vite, la jeune Taos accepte de rejoindre, en compagnie de Maurice Legendre, la fameuse école sur les traces des chants de l’Alberca. En terre ibérique, elle rencontre le peintre André Bourdil avant de se marier avec lui. De retour à Alger, après un bref passage à Tunis, Taos s’est engagée à Radio-Algérie alors que son époux est pensionnaire de la Villa Abdeltif. Malade en1945, Taos regagne l’exil et c’est l’écrivain français Jean Giono qui va leur ouvrir les portes de sa résidence de Manosque, entre 1947 et 1949. Chemin faisant, elle est reconnue comme la spécialiste des chants berbères en France. C’est ainsi, qu’à partir de 1950, elle anime à Radio France-Culture des émissions et des entretiens avec des écrivains, au même titre que des chroniques littéraires en langue kabyle sur la RTF-ORTF. A l’occasion de deux concerts envoûtants en France, Paris n’a d’yeux que pour elle. Taos avait de la magie dans la voix. « Lorsque maman chantait, la chatte se mettait dans un état épouvantable : elle miaulait à la mort. Et puis, une voisine du rez-de—chaussée, quand maman chantait, faisait des crises d’hystérie… Cela pour dire la force étrange de son chant… », relate Laurance dans son témoignage. Devenue ambassadrice de la culture berbère, Taos tient de nombreux colloques à Orléans, Rabat et Florence. A l’invitation du président sénégalais Senghor en 1966, elle prend part au Festival des arts nègres. En 1967, elle remporte le Grand prix du Disque pour les chants berbères de Kabylie.

Jean Giono, l’ami bâillonneur

Taos Amrouche fut une romancière à la plume écorchée vive. Essentiellement d’ordre psychologique et intimistes, ses trois romans, Jacinthe noire (1947), Rue des Tambourins (1969), L’Amant imaginaire (1975) et Solitude ma mère (1995, à titre posthume), convergent dans les thématiques de l’exil, du déracinement, de la quête des origines, de la solitude et de l’amour insatisfait. En France, elle se lia d’amitié avec de nombreux écrivains de renom à l’image d’André Gide, François Mauriac et Jean Giono. L’intellectuel français André Breton qualifiait l’auteur de « Grain magique », un recueil de poésie, de reine Néfertiti dans une autre existence. Pour Taos, l’écriture n’aura été que souffrance. Elle écrivait pour comprendre et se faire comprendre, analysait Denise Brahimi dans son essai, Taos Amrouche romancière (1995). Sa fille se rappelle encore : « Ses livres ont été sa grande blessure. Je l’ai vue sangloter plusieurs fois à cause de cela, de son histoire avec Jean Giono, par exemple. Il l’a bâillonnait (…) Quand elle a écrit L’Amant imaginaire, il l’encourageait. Puis, quand il a su qu’elle le mettait en lecture et qu’il a reçu quelques coups de fil lui indiquant qu’il figurait dans l’ouvrage, il a paniqué et envoyé une lettre à tous les éditeurs, interdisant que l’on publie quoi que ce soit d’elle. Elle a été muselée comme cela pendant vingt ans… Il a fallu l’autorisation de Giono pour que sorte Rue des tambourins… ». Taos Amrouche est passée également par une période de froid avec son frère, Jean El Mouhoub, pour des « rivalités littéraires ». Et sa fille écrit : « Quant à Jacinthe noire, c’est son frère, Jean Amrouche, qui l’a « étranglé » chez l’éditeur Charlot… Jean adorait sa sœur, mais elle était son talon d’Achille. Il y avait entre eux presque une rivalité d’homme à homme. Elle l’a maudit une fois à la maison de la Radio… C’était terrible. Heureusement, vers la fin, ils se sont réconciliés et il est mort dans ses bras à elle. »

La disgrâce de trop

Le premier voyage en Algérie post-indépendance de Taos eut lieu en juin 1968 pour donner une conférence à la salle des Actes (souterrain des facultés, Alger) sur son frère Jean El Mouhoub, mort en avril 1962. Sur place, elle a entendu, par le biais d’une chanteuse kabyle qu’elle « chantait des chants des pères blancs ». Taos n’en croyait pas ses oreilles d’entendre autant de sornettes. « Cet antichristianisme primaire a blessé ma mère », atteste Laurence Bourdil-Amrouche dans son témoignage. La tenue de la 1re édition du Festival panafricain d’Alger aura été, par ailleurs, pour l’écrivaine et chanteuse, synonyme d’ostracisme et d’interdit scandaleux. Le président Houari Boumediene tenait un double discours. « Longtemps contraints de nous taire ou de parler la langue du colonisateur, c’était un devoir essentiel et premier que de retrouver nos langues nationales, les mots hérités de nos pères et appris dès l’enfance. », affirmait-t-il à l’ouverture de l’évènement. Pourtant, Taos s’est vu signifier par des officiels algériens une pure interdiction de chanter quand bien même elle était invitée d’honneur. Sa réponse indignée fuse vite. « Nos bijoux sont exposés, nos poèmes, contes et chansons sont répertoriés partout ailleurs à l’étranger. A quoi serviront alors vos lois et vos discours ? », avait-t-elle écrit dans une tribune parue dans le journal français Le Monde. Humble, elle accepta par ailleurs de chanter à l’invitation d’un groupe d’étudiants à la cité universitaire à Ben Aknoun. Pour son troisième voyage, arrêtée à l’aéroport, il aura fallu l’intervention de Rédha Malek, alors ambassadeur à Paris et d’Edmond Michelet. Après ç’a été fini, elle n’est jamais repartie (…) Le Maroc l’a accueillie plusieurs fois, pour qu’elle chante. Mais cela se faisait devant un public trié sur le volet. Un jour, Mohamed Arkoun m’a dit : Heureusement que Moulay Ahmed Alaoui a compris l’importance de ce que faisait votre mère ! Pourquoi fallait-il que ce soient les autres qui « comprennent » ? s’interroge, amère, sa fille dans son témoignage. Celle-ci continue de traîner une profonde blessure en raison de l’exclusion méprisable de sa mère de la reconnaissance officielle. Près d’un demi-siècle après l’indépendance, l’Algérie reste « intolérante » envers les Amrouche, en raison de leurs particularismes religieux et linguistiques. L’œuvre romanesque de Taos, au même titre que sa discographie, sont introuvables sur le marché national. Comme son frère et sa mère, elle n’est toujours pas célébrée dans les cercles officiels, encore moins dans les manuels scolaires. Pourtant, que de fois elle a chanté le pays perdu, la terre des ancêtres. Le devoir de mémoire implique une réparation urgente de ce long, terrible et inutile ostracisme.

Par Hocine Lamriben El Watan

Voir aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/Taos_Amrouche