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Concert de Soolking : 6 mois de prison pour l’ancien directeur de l’ONDA

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Par Ouramdane Mehenni – www.algerie-eco.com – 28 novembre 2019

Sami Bencheikh El Hocine

L’ancien directeur général de l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA), Sami Bencheikh El Hocine, a été condamné, ce jeudi 28 novembre 2019 par le tribunal de Sidi M’hamed, de six mois de prison, dont trois avec sursis, assortie d’une amende de 50 000 DA, dans le cadre du procès sur le drame survenu lors du concert du rappeur Soolking, rapportent plusieurs médias.

Quant aux accusés Oussama K, chargé de la coordination avec les agents de sécurité, Abdeslam S, propriétaire de l’imprimerie ayant produit les billets du concert, et un autre suspect répondant aux initiales de M. Mehdi, ont été condamnés à six mois de prison dont quatre avec sursis. La peine a été assortie d’une amende de 50 000 DA.

Pour rappel, cinq personnes avaient trouvé la mort et 21 blessés, suite à une bousculade à l’entrée du stade 20 août 1955, lors du concert du rappeur algérien Soolking, organisé par l’ONDA le 22 août dernier.

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Maroc : la musique gnaoua inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco

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La tradition, perpétuée par les descendants d’anciens esclaves venus d’Afrique subsaharienne, remonte au moins au XVIe siècle.

Le Monde avec AFP 13/12/2019

La musique gnaoua, inscrite jeudi 12 décembre au patrimoine immatériel de l’Unesco, est une tradition perpétuée au Maroc par les descendants d’anciens esclaves venus d’Afrique subsaharienne. Associant rituels africains et culte des saints vénérés par les populations locales, l’art gnaoua se rapporte à un « ensemble de productions musicales, de performances, de pratiques confrériques et de rituels à vocation thérapeutique où le profane se mêle au sacré », selon le dossier présenté par le Maroc.Lire aussi  Au Maroc, les femmes bousculent les codes de la musique gnaoua

Vêtus de costumes colorés, les musiciens gnaoua jouent du guembri, une sorte de luth-tambour à trois cordes composé d’un manche rond qui s’enfonce dans une caisse de résonance en peau de dromadaire, accompagnés par des castagnettes en acier appelées qraqeb. Ils pratiquent un « rituel de possession thérapeutique sous forme d’une veillée de rythmes et de transe où se mêlent des pratiques africaines ancestrales, des influences arabo-musulmanes et des manifestations culturelles berbères autochtones », est-il souligné.

La tradition remonte au moins au XVIe siècle, en liaison avec « des groupes et des individus issus de l’esclavage et de la traite négrière », et représente aujourd’hui une des multiples facettes de l’identité culturelle marocaine.

Un festival à Essaouira

Cette musique de confrérie a été largement popularisée par le Festival gnaoua d’Essaouira, créé en 1997 dans la citadelle fortifiée accrochée à une presqu’île rocheuse au bord de l’Atlantique, dans le sud du Maroc.

Jusque-là, la confrérie gnaoua était peu connue, voire marginalisée. Désormais, sa réputation attire chaque année des flots de fans du monde entier pour un festival qui propose un métissage musical assez unique. Essaouira a en effet vu des pointures comme Pat Metheny, Didier Lockwood ou Marcus Miller se produire avec les plus célèbres des maalem, les maîtres de la musique gnaoua, leur filiation africaine favorisant la fusion avec le blues ou le jazz.Lire aussi  Au Festival gnaoua d’Essaouira, des fusions musicales tous azimuts

Le nombre de groupes confrériques et de maîtres musiciens « ne cesse de s’accroître dans les villages et les grandes villes du Maroc », selon le dossier de candidature. Les groupes gnaoua « forment des associations et organisent des festivals » tout au long de l’année, ce qui « permet aux jeunes générations de découvrir les paroles et les instruments ainsi que les pratiques et rituels liés » à cette culture.

Photo Un musicien gnoua lors du festival d’Essaouira, au Maroc, en juin 2014. FADEL SENNA / AFP

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Interview. Raja Meziane: “I don’t like to put a label on my commitments”

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In Madame Rap 14 novembre 2019

Raja Meziane is an Algerian songwriter, singer, rapper and lawyer. As she has been listed as one of the BBC’s 100 most influential women of the year, the Prague-based-artist told us about her activism and the reasons of her exile.

How did you discover hip hop and how did you start to rap?

I didn’t really discover rap, I have always been a fan since my earliest childhood. It is a music I have always been attracted to. Making rap wasn’t a decision or a choice but every time I needed to express my anger, I found myself writing texts that could only be turned into rap verses.

How do you write? Do you have any rituals?

To write, I just need to completely keep myself to myself and listen to myself.

Would you say rap is a political tool?

I don’t see rap as a political tool, but more as a simple and powerful means to directly address the collective consciousness, which, in my opinion, makes its strength.

You left Algeria for Czechia in 2015. Why is that?

I unfortunately didn’t have other choice but to leave my country. I received direct and indirect pressures after I released the track Révolution in 2013 and in 2014, after I refused to contribute to a song to support the fourth term of the president in-place. These pressures ended up stifling me.

Are you in contact with other female rappers in Algeria or in Czechia?

Honestly, I don’t know any but the hip hop scene in both countries is very real.

You are listed as one of the BBC’s 100 most influential women of the year. What does it mean to you?

Being part of BBC’s list is definitely a precious acknowledgement, which helped raise my voice further and allowed me to discover 99 other struggles, achievements and dreams.

Who are your female role models?

‘Dihya” aka ”El Kahina” (a Berber queen), Miriam Makeba and my mom.

Do you consider yourself a feminist?

I don’t consider myself a feminist but I am a woman who defends women’s rights and injustice no matter what, otherwise I don’t like to put a label on my commitments.

What are your upcoming projects?

Many ongoing and upcoming singles, collaborations and concerts, some of which will be in France.

What do you think of Madame Rap?

Madame Rap made me discover quite a lot about the female rap scene in France and elsewhere thanks to helpful articles. I think it is a very good platform for well-known or unknown female rappers. As far as I’m concerned, it is a go-to, don’t change a thing!

Find Raja Meziane on FacebookYouTubeTwitter and Instagram.

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Cheb Hasni, un chant d’amour au temps du couvre-feu

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pan-african-music.com Leila Assas on 29 septembre 2019 

#HasniDay. Vingt-cinq années après son assassinat à Oran, le chanteur algérien et icône du « rai love » suscite de nos jours encore de vives émotions, une immuable adoration et beaucoup de respect. Symbole de résistance, il reste vivant dans le cœur des Algériens.

De la Guinguette au stade du 5 juillet 

Natif de Gambetta, le quartier populaire mythique d’Oran, ville de l’Ouest algérien, Hasni grandit au sein d’une famille modeste et conservatrice. Après un bref passage au club l’ASMO de sa ville, il abandonne ses projets de devenir footballeur professionnel suite une blessure, et bien qu’il ne se prédestinait pas à une carrière musicale, c’est au gré d’une fortuite rencontre que débute son aventure.

Lors du mariage de son frère, il interprète le classique oranais « El Mersem », et se fait repérer par Kada Naoui, le propriétaire du cabaret la Guinguette à Oran. Ce lieu pittoresque et trivial, riche en couleur et en sonorités, est fréquenté par de nombreux promoteurs de spectacles. 

Une seconde rencontre le propulse ensuite hors des murs des cabarets, celle de Mohamed Saint-Crépin qui produira son premier album en 1986. Hasni signe trois duos avec la sulfureuse star oranaise Cheba Zahouania : « Derna l’amour fi Beraka meranika » (On a fait l’amour dans une baraque délabrée), une chanson très suggestive qui relate une torride étreinte dans une baraque abandonnée, « Bouya ya Bouya » (Père ö mon père) et « Zerga Galbi Bghak » (Je t’aime ma brune), mais c’est sans conteste sa chanson de « Tal ghyabek ya ghzali » (Ton absence perdure, ö ma gazelle) qui contribuera a sa renommée.

L’imagerie autour de l’œuvre de Hasni est ancrée dans un imaginaire de Spleen a l’oranaise : el ghorba (l’exil), le visa, l’amour meurtri, le dilemme amoureux, l’adultère et le sexe. Un sujet sensible que le chanteur a exploité sans tabou ni fioritures. C’est bien là le génie de Hasni, une hypersensibilité assumée et des textes accessibles. De là, un genre nouveau est né « le raï love » ou le raï sentimental. Hasni réussit un pari fou, celui de pénétrer les foyers et de titiller les puritains. Le raï se démocratise. 

Reportage Beur FM 1994

Le succès au rendez-vous, Hasni enchaîne les hits et produit 150 albums en huit ans ! Un recordman, jamais détrôné à ce jour. Son dernier concert en 1993 lors de la célébration de la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse le 5 juillet au stade éponyme à Alger a réuni plus de 150 000 spectateurs. Alger étant sous couvre-feu, le concert se poursuit jusqu’à l’aube sous haute surveillance. Programmé en dernier, le passage de Hasni a déchaîné les passions. Il chante l’amour sous couvre-feu et clôt son spectacle avec « Mazal kayen l’espoir » (il y’a encore de l’espoir), le message est clair.

Un symbole étant né, celui d’un messager de paix et de liberté durant ces Années Noires où chanter l’amour, l’écrire et le clamer est passible de mort. Car durant cette période (1991-2002), l’Algérie a connu une terrible vague de violences sans précédent depuis l’indépendance. Les artistes, écrivains et acteurs socioculturels ont été parmi les premières cibles des organisations terroristes de  l’Armée islamique du salut (AIS). Beaucoup furent contraints à l’exil. L’assassinat de Hasni le 29 septembre 1994 prend les airs d’un baiser de Juda : proche de ses fans, il se laisse approcher… et meurt d’une balle dans le cou, l’autre dans la tête. 

La postérité 

Il est des pertes incommensurables pour l’Algérie, qui a tant perdu durant la Décennie noire. Celle de Cheb Hasni a plongé la joyeuse ville d’Oran, à l’instar du reste du pays dans un sinistre climat du deuil. Premier chanteur assassiné durant cette période, il est désormais affublé d’un nouveau surnom, El Marhoum (celui qui a reçu la miséricorde divine) : une périphrase habituellement usitée pour désigner un défunt, qui est devenue, pour lui, un nom propre.

L’on raconte que des mois durant, sa voix — à travers ses cassettes — résonnait encore, en écho, dans toutes les villes. Les jeunes erraient en voiture sans but, son à fond, défiant les islamistes. Hasni devient un acte de résistance en soi, un symbole de lutte contre l’intégrisme. De son vivant et longtemps après sa mort, il aura bousculé les codes. Lors de son enterrement, les femmes prennent part au cortège funèbre et l’accompagnent au cimetière, un acte proscrit dans la loi canonique musulmane.

« Il a été le plus grand chanteur de la jeunesse avec Matoub. Les deux ont galvanisé les foules, pour moi ils restent les seuls, uniques », explique Fella Khelif, de l’agence culturelle Ifrikya Roots. Étrange corrélation, car l’un est apolitique et l’autre ne l’est pas. On dira sur Hasni que c’est un artiste intrinsèquement oranais « avec ses gestes, sa mal-vie et son apolitisme ». Sa résistance a l’intégrisme est une sorte de punk attitude, couleur rose dragée.

Hasni est célébré par ses fans à travers le monde. À Paris, en 2017, le #HasniDay, est initié par le franco-marocain Mohamed Sqalli qui a réuni des artistes maghrébins : parmi eux Sofiane Saïdi, Kenzi Bourras, Sarah Benabdallah et Mohamed Lamouri ainsi que DJ Glitter, ou encore Melek Zertal et le designer Nassim Riad Azarzar. Il obtient la même année la médaille du mérite national à titre posthume par décret présidentiel algérien. 

« Mon premier souvenir de Cheb Hasni était lors de la marche au Front de mer d’Oran à l’annonce de sa mort », confie Faiza Lellou, qui avec l’association Wah-Wah Prod travaille à perpétuer la mémoire du raï à Oran et Paris. « J’avais trois ans à cette époque et j’ai le souvenir que mon grand frère me portait sur ses épaules. Cheb Hasni est un personnage fascinant, sa mort traumatisante a bouleversé l’Algérie. Pour moi, le vrai raï est mort avec Cheb Hasni, mais c’est aussi à travers sa mémoire que le raï est encore vivant aujourd’hui. Après 25 ans, on peut dire que Cheb Hasni est comme le vin, il se bonifie avec le temps. Il aura représenté le raï love et l’amour de son pays. À ce propos, dans une interview, un ami proche à lui disait « Hasni est le psychologue de tous les Algériens. » Personne ne l’a remplacé.

Hasni n’a pas d’alter ego dans le cœur des Maghrébins. En Algérie, au Maroc et en Tunisie, il reste El Marhoum adulé. 25 ans après sa mort, il est aussi le plus écouté. Car il est un âge où on rencontre inévitablement Hasni, l’âge des premiers amours et premiers chagrins. 

Écoutez le top 20 de Cheb Hasni sur Spotify et Deezer.

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