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HADADI KADDOUR DU GROUPE HK ET LES SALTIMBANKS À L'EXPRESSION

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«Stéphane Hessel, un Grand Monsieur auquel on a dédié une chanson»
Fils d’émigrés algériens établis dans un quartier populaire de Roubaix, au nord de la France, Hadadi Kaddour se définit avant tout comme un «citoyen du monde». Un saltimbanque sans frontières qui souhaite contaminer le monde de ses révoltes, de ses rêves et de sa folie car, comme disait Jacques Brel, «le monde sommeille par manque d’imprudence». On retrouve chez HK des chansons à la fois entraînantes et engagées, abordant parfois même, avec humour, les sujets de société les plus sensibles.
Certains le qualifient comme le Renaud des temps modernes, d’autres comme le Baziz du nord de la France. HK fait partie de cette race rare de chanteurs pour qui la chanson est un moyen de lutte. C’est aussi le genre de chanteur qu’on entend une fois et dont on ne peut plus s’en défaire… Ce qui lui a valu d’avoir un fan très spécial, qui n’est autre que Stephane Hessel, le très célèbre écrivain…
Le public de Tizi Ouzou aura le plaisir de le découvrir sur scène, ce jeudi, lui qui est amateur de ce genre de chanteur des causes dites perdues.
L’Expression: Bonjour HK! Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs? D’où vient votre nom HK et les Saltimbanks?
Hadadi Kaddour: HK, en fait, est mon nom de scène. Je l’ai choisi en prenant simplement mes initiales de Hadadi Kaddour. Je suis un fils d’émigrés algériens installés à Roubaix, dans le grand nord de la France. Mes parents sont originaires de la région de Bouira.
Et les Saltimbanks, ce sont une bande de musiciens roubaisiens comme moi. J’aime à les présenter comme des artistes aussi talentueux que déjantés. Il y a là Jeoffrey à l’accordéon, Meddhy au mandole (algérienne bien sûr), Jimmy à la guitare, Eric à la basse, Seb à la batterie, et enfin il y a Saïd, qui est lui, comédien. Il vient nous apporter ce côté «saltimbank», en se mettant en scène et en nous mettant en scène. Ils viennent d’horizons musicaux différents mais ont cette passion de la musique et de la scène. Au final, HK et les Saltimbanks donnent donc une musique pleine de mélange et d’influences entre hip-hop, chaâbi, chanson française, reggae, blues…
Il paraît que vous allez chanter à Alger? Parlez-nous de ces deux concerts. Où auront-ils lieu? Est-ce une première? Comment est-ce qu’ils ont été programmés? Qui les a organisés?
En fait, on joue le 18 au grand stade de Tizi Ouzou, en première partie de Rabah Asma. On avait demandé à notre tourneur de nous trouver si possible une date à Alger. Il nous avait trouvé une date le 17, la veille de notre concert à Tizi Ouzou. Mais il semble qu’à cette date, le concert n’aura finalement pas lieu. (l’entretien a été réalisé avant que le concert de Tizi Ouzou ne soit annulé suite aux émeutes).
Vous avez déjà chanté en Algérie?
Oui, c’était en 2008. Avec mon autre groupe M.A.P. on avait joué à la salle Ibn Zeydoun à Alger. ça avait été un concert mémorable pour nous. Et l’on l’espère pour le public aussi.
Comment appréhendez-vous ce concert devant un public qui apprécie les artistes engagés comme vous? Avez-vous eu des échos sur le public algérien?
D’abord, il y a bien sûr pour moi un aspect émotionnel de chanter, jouer ici, en Algérie. Mais au-delà de ça, on pense et l’on espère que notre musique et notre engagement peuvent avoir un écho ici. L’album de HK et les Saltimbanks s’appelle «Citoyens du monde». Donc, par définition on aime dépasser les frontières, jouer partout où les artistes «engagés» sont les bienvenus. C’est vrai que l’énergie de la musique et de l’engagement efface bien souvent toutes les barrières.
Parlez-nous de la relation si particulière que vous avez avec Stéphane Hessel, le Vieux Monsieur comme vous l’appelez? Comment avez-vous fait pour l’initier au rap, lui qui n’a pas la tête des fans de rap?
Oh, nous ne l’avons pas initié au rap! On a juste eu la chance de le rencontrer et de pouvoir échanger quelque peu avec lui. C’est surtout un Grand Monsieur qu’on aime écouter.
Un peu comme tous ces vieux sages qui ont écrit l’Histoire. Et surtout l’Histoire qu’on aime: celle de la Résistance, celle de la liberté, celle de la dignité humaine. On a écrit justement une chanson en hommage à Stéphane Hessel qu’on ne chante pas encore sur scène mais qu’on aimerait bientôt lui chanter en live. Comme ça, on pourra peut-être l’initier au rap.
En parlant de ça, vos fans sont de tous âges et des différents milieux sociaux. Comment l’expliquez-vous?
C’est un peu toujours cette histoire de «citoyen du monde». Les barrières, les frontières, ne sont pas que géographiques. Notre monde regorge malheureusement de murs, de portes blindées, de rideaux de fer…
On vit dans une époque où tout est prétexte à l’enfermement, à la division, à la segmentation. Nous, on a la chance de faire de la musique, et par définition la musique a vocation à rassembler. Donc, quand on y arrive on ne sait pas forcément l’expliquer, mais ça veut dire qu’on a pu «exploser» quelques murs.
En dehors du travail, êtes-vous déjà venu en Algérie?
Oui, j’y suis venus trois ou quatre fois pour rendre visite à la famille et dans la quête de mes «racines». Pour mieux comprendre l’histoire de mes parents, découvrir ce pays qui est toujours resté dans leur coeur, «leur pays».
J’y suis venu aussi une fois pour découvrir le «désert» algérien et ses habitants, pour certains encore «nomades». Je suis allé à Tamnarasset, et de là, avec quelques amis et quelques guides (qui sont devenus des amis), nous sommes partis à la découverte du désert du Hoggar. Tout simplement magnifique.
De ce voyage; de la façon dont nous avons été accueillis en «frères», est née la chanson Salam Alaykoum. Cette chanson ouvre notre album, et elle ouvre nos concerts. C’est une façon de rendre à ces gens formidables toute l’hospitalité et l’humanité qu’ils nous ont offertes lors de notre venue.
De quelle région êtes-vous originaire?
Mon père est de Bouira même et ma mère est de Ben Haroun, du côté de Palestro. Moi, je suis né à Roubaix, dans le grand nord de la France.
Dans un autre registre, comment HK passe-t-il le Ramadhan?
D’ordinaire, comme beaucoup je le passe à la maison à jeûner en famille. Avec ce sacro-saint rendez-vous chez la maman à l’heure du f’tour. C’est vrai qu’en ce moment le Ramadhan a lieu en été, qui est une période de travail intensif pour nous les Saltimbanks. Donc, je suis beaucoup sur la route, ce qui enlève un peu de la saveur «familiale» particulière à ce mois.
Que voulez-vous dire aux Algériens?
Déjà, «Salam alaykoum». Disons qu’ on a plutôt des choses à partager que des mots à dire. Pour moi, la nuance est importante parce qu’on a toujours autant à donner qu’à recevoir. Par exemple, on a une chanson dans notre répertoire qui a beaucoup été reprise en France lors des dernières manifestations.
Cette chanson, c’est un slogan qu’on essaie d’abord d’appliquer à nous-mêmes mais il reflète aussi notre état d’esprit. Cette chanson c’est On lâche rien. Je crois que ces mots collent bien au peuple algérien lui qui a su démontrer bien des fois qu’il ne lâchait rien en ce qui concerne ses droits et ses libertés. Et je suis certain qu’il continuera encore et toujours à le prouver.
Un dernier mot HK?
A très vite en live. Public, je vous attends, et je vous promets que ça sera très chaud…
Entretien réalisé par Walid AÏT SAÏD – Mardi 23 Aout 2011

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Maroc : la musique gnaoua inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco

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La tradition, perpétuée par les descendants d’anciens esclaves venus d’Afrique subsaharienne, remonte au moins au XVIe siècle.

Le Monde avec AFP 13/12/2019

La musique gnaoua, inscrite jeudi 12 décembre au patrimoine immatériel de l’Unesco, est une tradition perpétuée au Maroc par les descendants d’anciens esclaves venus d’Afrique subsaharienne. Associant rituels africains et culte des saints vénérés par les populations locales, l’art gnaoua se rapporte à un « ensemble de productions musicales, de performances, de pratiques confrériques et de rituels à vocation thérapeutique où le profane se mêle au sacré », selon le dossier présenté par le Maroc.Lire aussi  Au Maroc, les femmes bousculent les codes de la musique gnaoua

Vêtus de costumes colorés, les musiciens gnaoua jouent du guembri, une sorte de luth-tambour à trois cordes composé d’un manche rond qui s’enfonce dans une caisse de résonance en peau de dromadaire, accompagnés par des castagnettes en acier appelées qraqeb. Ils pratiquent un « rituel de possession thérapeutique sous forme d’une veillée de rythmes et de transe où se mêlent des pratiques africaines ancestrales, des influences arabo-musulmanes et des manifestations culturelles berbères autochtones », est-il souligné.

La tradition remonte au moins au XVIe siècle, en liaison avec « des groupes et des individus issus de l’esclavage et de la traite négrière », et représente aujourd’hui une des multiples facettes de l’identité culturelle marocaine.

Un festival à Essaouira

Cette musique de confrérie a été largement popularisée par le Festival gnaoua d’Essaouira, créé en 1997 dans la citadelle fortifiée accrochée à une presqu’île rocheuse au bord de l’Atlantique, dans le sud du Maroc.

Jusque-là, la confrérie gnaoua était peu connue, voire marginalisée. Désormais, sa réputation attire chaque année des flots de fans du monde entier pour un festival qui propose un métissage musical assez unique. Essaouira a en effet vu des pointures comme Pat Metheny, Didier Lockwood ou Marcus Miller se produire avec les plus célèbres des maalem, les maîtres de la musique gnaoua, leur filiation africaine favorisant la fusion avec le blues ou le jazz.Lire aussi  Au Festival gnaoua d’Essaouira, des fusions musicales tous azimuts

Le nombre de groupes confrériques et de maîtres musiciens « ne cesse de s’accroître dans les villages et les grandes villes du Maroc », selon le dossier de candidature. Les groupes gnaoua « forment des associations et organisent des festivals » tout au long de l’année, ce qui « permet aux jeunes générations de découvrir les paroles et les instruments ainsi que les pratiques et rituels liés » à cette culture.

Photo Un musicien gnoua lors du festival d’Essaouira, au Maroc, en juin 2014. FADEL SENNA / AFP

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Interview. Raja Meziane: “I don’t like to put a label on my commitments”

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In Madame Rap 14 novembre 2019

Raja Meziane is an Algerian songwriter, singer, rapper and lawyer. As she has been listed as one of the BBC’s 100 most influential women of the year, the Prague-based-artist told us about her activism and the reasons of her exile.

How did you discover hip hop and how did you start to rap?

I didn’t really discover rap, I have always been a fan since my earliest childhood. It is a music I have always been attracted to. Making rap wasn’t a decision or a choice but every time I needed to express my anger, I found myself writing texts that could only be turned into rap verses.

How do you write? Do you have any rituals?

To write, I just need to completely keep myself to myself and listen to myself.

Would you say rap is a political tool?

I don’t see rap as a political tool, but more as a simple and powerful means to directly address the collective consciousness, which, in my opinion, makes its strength.

You left Algeria for Czechia in 2015. Why is that?

I unfortunately didn’t have other choice but to leave my country. I received direct and indirect pressures after I released the track Révolution in 2013 and in 2014, after I refused to contribute to a song to support the fourth term of the president in-place. These pressures ended up stifling me.

Are you in contact with other female rappers in Algeria or in Czechia?

Honestly, I don’t know any but the hip hop scene in both countries is very real.

You are listed as one of the BBC’s 100 most influential women of the year. What does it mean to you?

Being part of BBC’s list is definitely a precious acknowledgement, which helped raise my voice further and allowed me to discover 99 other struggles, achievements and dreams.

Who are your female role models?

‘Dihya” aka ”El Kahina” (a Berber queen), Miriam Makeba and my mom.

Do you consider yourself a feminist?

I don’t consider myself a feminist but I am a woman who defends women’s rights and injustice no matter what, otherwise I don’t like to put a label on my commitments.

What are your upcoming projects?

Many ongoing and upcoming singles, collaborations and concerts, some of which will be in France.

What do you think of Madame Rap?

Madame Rap made me discover quite a lot about the female rap scene in France and elsewhere thanks to helpful articles. I think it is a very good platform for well-known or unknown female rappers. As far as I’m concerned, it is a go-to, don’t change a thing!

Find Raja Meziane on FacebookYouTubeTwitter and Instagram.

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Concert de Soolking : 6 mois de prison pour l’ancien directeur de l’ONDA

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Par Ouramdane Mehenni – www.algerie-eco.com – 28 novembre 2019

Sami Bencheikh El Hocine

L’ancien directeur général de l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA), Sami Bencheikh El Hocine, a été condamné, ce jeudi 28 novembre 2019 par le tribunal de Sidi M’hamed, de six mois de prison, dont trois avec sursis, assortie d’une amende de 50 000 DA, dans le cadre du procès sur le drame survenu lors du concert du rappeur Soolking, rapportent plusieurs médias.

Quant aux accusés Oussama K, chargé de la coordination avec les agents de sécurité, Abdeslam S, propriétaire de l’imprimerie ayant produit les billets du concert, et un autre suspect répondant aux initiales de M. Mehdi, ont été condamnés à six mois de prison dont quatre avec sursis. La peine a été assortie d’une amende de 50 000 DA.

Pour rappel, cinq personnes avaient trouvé la mort et 21 blessés, suite à une bousculade à l’entrée du stade 20 août 1955, lors du concert du rappeur algérien Soolking, organisé par l’ONDA le 22 août dernier.

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