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KARIM ZIAD «Mon prochain album sera jazzy» Entretien

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Outre Hayet Zerouk, qui a mis de l’ambiance à la «khaïma» vers minuit, avant cela le grand chapiteau de la Radio nationale et de Nedjma accueillait samedi dernier deux virtuoses de la musique en les personnes de Maâlam Hamid El kasri et notre fierté nationale, l’icône de la batterie, Karim Ziad. Ils étaient accompagnés d’une troupe gnawa aux costumes chamarrés et qui en plus de jouer au karkabou donnaient un joyeux spectacle de danse traditionnelle qui nous renvoyait chaleureusement aux images du festival d’El Saouira dont Karim Ziad est le directeur artistique! Le «tagnaouit» au summum, l’artiste qui se plait à mêler l’harmonie au tempo était entouré de sa «smala» gnawi pour un spectacle époustouflant de folie et de délire mystique. Une sorte de «hadra» emplie de ferveur et invoquant par la voix de Hamid El Kasri Dieu, ses prophètes et ses saints. 6 choristes, un leader au milieu, au gumbri et un batteur aux mains de feu! L’âme authentique des Gnawa planait tandis que le coeur de l’Afrique, battant la chamade, dansait librement transportant l’esprit du public au firmament jusqu’au bout de la transe. Ainsi, après une mini-tournée nationale sur initiative de l’Onci, Karim Ziad finissait en beauté son périple musical algérien, en attendant de le revoir sur scène avec une nouvelle formation…
L’Expression: Que devient Karim Ziad depuis le Panaf?
Karim Ziad: Toujours le même, fidèle à la musique. J’essaye toujours de faire de nouvelles choses. J’ai sorti il y a quelques mois un nouvel album intitulé Yobadi, enregistré avec mon ami Hamid El Kasri. Le cd est sorti un peu partout dans le monde et j’espère qu’on arrivera à faire pareil en Algérie. On va faire tout notre possible pour qu’il sorte ici. Je suis aussi en pleine préparation de mon prochain disque sans voix, c’est-à-dire que ce sera de la musique purement jazz avec des musiciens de renom tels que tiganan Massayan, un très grand pianiste, aussi Chic Corea, si tout se passe bien, et Boyan Z, pour le piano et quelques bassistes. Il y aura encore Adrian Ferro, Linley Marthe et Michel Alibo. Là, ce sera un gros travail. Je vais changer ma façon de procéder. Nous allons enregistrer tous ensemble en live, comme dans un concert. Je suis encore dans la préparation de ce disque…
Et avec Hamid El kasri?
C’est de la musique gnawa. J’ai essayé de trouver un nouveau concept musical, une nouvelle façon d’arranger. Beaucoup de nouvelles couleurs et je travaille surtout le côté harmonique de la chose, autrement dit, c’est le mariage des notes entre elles. Quand tu as une mélodie, tu mets des accords, c’est là où j’essaye de concentrer mon travail. Je ne vais surtout pas mettre des accords à la «monsieur tout-le-monde». C’est ça mon boulot, c’est de trouver ces nouvelles couleurs. Il y a plein de musiciens avec moi. Il y a Khaled aussi dans le disque. Il y a aussi des musiciens américains dont Scott Kinze au piano, toujours mon groupe qui est composé de David aubail, Vincent mascart, Alin Debiossa et Boyan Z mais il y a quand meme des invités.
Ce disque-là je l’ai préparé moi-même, tous les morceaux, et Hamid y a greffé sa voix. Khaled, fait en fait un duo avec Hamid El Kasri sur un morceau qui s’appelle Ba Nouar. Ça parle d’un individu «salih», un saint qui existe dans le répertoire gnawa algérien sous le nom Abba Nouar sauf que pour nous ce n’est pas la même mélodie, ni la même musique. On a donc sollicité Khaled qui a très gentiment accepté l’invitation et a fait ce duo. Un morceau, je dirais, pour les jeunes..
Vous êtes toujours directeur artistique du festival de la Saouira?
Oui, et le seul! Avant, on était deux et maintenant je suis le seul avec Abdesselam Ariken qui s’occupe lui des gnawa. Moi, je m’occupe de tout l’aspect musical «fusion» des troupes qui viennent de l’étranger, sauf des gnawa.
Il n’y a pas beaucoup d’artistes algériens qui s’y produisent…
Si! On en a eu souvent. Je te citerai par exemple Rachid Taha. Les gnawa diffusion sont venus trois fois, Maâlem Benaïssa, etc.
Vous qui êtes directeur artistique, pourquoi donc ne pas essayer de faire pareil en Algérie, même si nous avons le festival diwan?
J’attends qu’on m’appelle pour ça. Je ne peux pas venir et m’imposer. Personne ne m’a contacté pour collaborer. Si l’on a besoin de moi, je serai toujours disponible pour mon pays.
Karim Ziad et la musique gnawie?
Pas que… la musique au sens général, la musique avec un grand M. Je suis fidèle à la musique, c’est tout ce qui peut s’entendre, pas que du gnawa. Par contre, je ne suis pas du tout star Academy, ni même Emy Winehouse bien qu’elle ait une belle voix. Je trouve ça superbe mais ce n’est pas ma tasse de thé, y compris Beyonce. Je n’écoute pas ce genre de musique. J’écoute plutôt les musiques authentiques, traditionnelles de tous les pays; j’aime beaucoup la musique africaine traditionnelle. J’adore et j’étudie, du moins j’essaye de comprendre ce qui se passe dans la musique indienne, traditionnelle aussi et je travaille la musique, c’est-à-dire que jessaye de comprendre l’harmonie. J’anime effectivement beaucoup de master-class en France et à l’étranger.
Tes projets en perspective?
Je vais rester une dizaine de jours à Alger. Après, je retourne à Paris où je vais entamer la nouvelle année. D’ici le mois de décembre, je vais me concentrer à mon nouvel album jazz
Pourquoi cette formule jazz cette fois?
J’ai envie de m’exprimer pour une fois avec une musique pas facile. J’ai toujours fait de la musique un peu facile à écouter pour tout le monde mais j’ai toujours enfoui une forme de musique que j’aimerais faire et que je veux faire. Il fallait que je trouve le moment opportun pour le faire car cela demande du temps. Ça me tient à coeur et je compte le faire. Ça peut ne pas plaire mais je ne fais pas de la musique comme je t’ai dit à l’instar de Beyonce ou autre; je ne minscris pas dans cette mouvance. Si ça me plaît d’abord à moi je la sors, sinon ça ne sortira pas. Même si elle plaît à moi et pas aux autres, il n’y a aucun problème. En général, si ça te plaît à toi, les gens peuvent accrocher par la suite.
Vous avez joué sur pas mal d’albums et notamment avec Takfarinas…
Oui, bien sûr, je fais mon métier de batteur, c’est mon premier métier. Et ce sera, je pense, mon dernier, même si je fais plein d’à-côté. Mon métier c’est de jouer de la batterie. Je ne peux pas jouer seul. Si l’on m’appelle je viens jouer avec ma batterie pour les gens sinon je fais ma musique. Récemment, on a sorti un nouvel album qui s’appelle Bozilo avec Boyan Z et Julien Lourau au sax, lequel est un disque de jazz.
J’ai adoré faire ce projet avec mes deux compagnons. Je fais pas mal de choses avec plein de gens différents. J’ai fait aussi une tournée avec Scott Kinze et Scott Anderson, guitariste, tous deux sont de Los Angeles, sans oublier Mathieu Garisson un bassiste new-yorkais et c’était vraiment superbe. Peut-être qu’un jour on viendra avec cette formation ici. J’aimerais beaucoup. Il faut juste trouver les gens qui auront envie d’organiser ça ici en Algérie…
www.lexpressiondz.com
Par Entretien réalisé par O. HIND – Lundi 29 Aout 2011

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Maroc : la musique gnaoua inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco

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La tradition, perpétuée par les descendants d’anciens esclaves venus d’Afrique subsaharienne, remonte au moins au XVIe siècle.

Le Monde avec AFP 13/12/2019

La musique gnaoua, inscrite jeudi 12 décembre au patrimoine immatériel de l’Unesco, est une tradition perpétuée au Maroc par les descendants d’anciens esclaves venus d’Afrique subsaharienne. Associant rituels africains et culte des saints vénérés par les populations locales, l’art gnaoua se rapporte à un « ensemble de productions musicales, de performances, de pratiques confrériques et de rituels à vocation thérapeutique où le profane se mêle au sacré », selon le dossier présenté par le Maroc.Lire aussi  Au Maroc, les femmes bousculent les codes de la musique gnaoua

Vêtus de costumes colorés, les musiciens gnaoua jouent du guembri, une sorte de luth-tambour à trois cordes composé d’un manche rond qui s’enfonce dans une caisse de résonance en peau de dromadaire, accompagnés par des castagnettes en acier appelées qraqeb. Ils pratiquent un « rituel de possession thérapeutique sous forme d’une veillée de rythmes et de transe où se mêlent des pratiques africaines ancestrales, des influences arabo-musulmanes et des manifestations culturelles berbères autochtones », est-il souligné.

La tradition remonte au moins au XVIe siècle, en liaison avec « des groupes et des individus issus de l’esclavage et de la traite négrière », et représente aujourd’hui une des multiples facettes de l’identité culturelle marocaine.

Un festival à Essaouira

Cette musique de confrérie a été largement popularisée par le Festival gnaoua d’Essaouira, créé en 1997 dans la citadelle fortifiée accrochée à une presqu’île rocheuse au bord de l’Atlantique, dans le sud du Maroc.

Jusque-là, la confrérie gnaoua était peu connue, voire marginalisée. Désormais, sa réputation attire chaque année des flots de fans du monde entier pour un festival qui propose un métissage musical assez unique. Essaouira a en effet vu des pointures comme Pat Metheny, Didier Lockwood ou Marcus Miller se produire avec les plus célèbres des maalem, les maîtres de la musique gnaoua, leur filiation africaine favorisant la fusion avec le blues ou le jazz.Lire aussi  Au Festival gnaoua d’Essaouira, des fusions musicales tous azimuts

Le nombre de groupes confrériques et de maîtres musiciens « ne cesse de s’accroître dans les villages et les grandes villes du Maroc », selon le dossier de candidature. Les groupes gnaoua « forment des associations et organisent des festivals » tout au long de l’année, ce qui « permet aux jeunes générations de découvrir les paroles et les instruments ainsi que les pratiques et rituels liés » à cette culture.

Photo Un musicien gnoua lors du festival d’Essaouira, au Maroc, en juin 2014. FADEL SENNA / AFP

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Interview. Raja Meziane: “I don’t like to put a label on my commitments”

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In Madame Rap 14 novembre 2019

Raja Meziane is an Algerian songwriter, singer, rapper and lawyer. As she has been listed as one of the BBC’s 100 most influential women of the year, the Prague-based-artist told us about her activism and the reasons of her exile.

How did you discover hip hop and how did you start to rap?

I didn’t really discover rap, I have always been a fan since my earliest childhood. It is a music I have always been attracted to. Making rap wasn’t a decision or a choice but every time I needed to express my anger, I found myself writing texts that could only be turned into rap verses.

How do you write? Do you have any rituals?

To write, I just need to completely keep myself to myself and listen to myself.

Would you say rap is a political tool?

I don’t see rap as a political tool, but more as a simple and powerful means to directly address the collective consciousness, which, in my opinion, makes its strength.

You left Algeria for Czechia in 2015. Why is that?

I unfortunately didn’t have other choice but to leave my country. I received direct and indirect pressures after I released the track Révolution in 2013 and in 2014, after I refused to contribute to a song to support the fourth term of the president in-place. These pressures ended up stifling me.

Are you in contact with other female rappers in Algeria or in Czechia?

Honestly, I don’t know any but the hip hop scene in both countries is very real.

You are listed as one of the BBC’s 100 most influential women of the year. What does it mean to you?

Being part of BBC’s list is definitely a precious acknowledgement, which helped raise my voice further and allowed me to discover 99 other struggles, achievements and dreams.

Who are your female role models?

‘Dihya” aka ”El Kahina” (a Berber queen), Miriam Makeba and my mom.

Do you consider yourself a feminist?

I don’t consider myself a feminist but I am a woman who defends women’s rights and injustice no matter what, otherwise I don’t like to put a label on my commitments.

What are your upcoming projects?

Many ongoing and upcoming singles, collaborations and concerts, some of which will be in France.

What do you think of Madame Rap?

Madame Rap made me discover quite a lot about the female rap scene in France and elsewhere thanks to helpful articles. I think it is a very good platform for well-known or unknown female rappers. As far as I’m concerned, it is a go-to, don’t change a thing!

Find Raja Meziane on FacebookYouTubeTwitter and Instagram.

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Concert de Soolking : 6 mois de prison pour l’ancien directeur de l’ONDA

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Par Ouramdane Mehenni – www.algerie-eco.com – 28 novembre 2019

Sami Bencheikh El Hocine

L’ancien directeur général de l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA), Sami Bencheikh El Hocine, a été condamné, ce jeudi 28 novembre 2019 par le tribunal de Sidi M’hamed, de six mois de prison, dont trois avec sursis, assortie d’une amende de 50 000 DA, dans le cadre du procès sur le drame survenu lors du concert du rappeur Soolking, rapportent plusieurs médias.

Quant aux accusés Oussama K, chargé de la coordination avec les agents de sécurité, Abdeslam S, propriétaire de l’imprimerie ayant produit les billets du concert, et un autre suspect répondant aux initiales de M. Mehdi, ont été condamnés à six mois de prison dont quatre avec sursis. La peine a été assortie d’une amende de 50 000 DA.

Pour rappel, cinq personnes avaient trouvé la mort et 21 blessés, suite à une bousculade à l’entrée du stade 20 août 1955, lors du concert du rappeur algérien Soolking, organisé par l’ONDA le 22 août dernier.

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