La musique touareg se fait poétique avec les Algériens d’Imarhan, festive avec les Nigériens d’Etran de l’Aïr et électro avec les Maliens de M’berra Ensemble.

Par Fabien Mollon Publié 01-12-2021

Chaque mercredi, Le Monde Afrique vous présente trois nouveautés musicales issues ou inspirées du continent. Cette semaine, honneur à l’« assouf » (« nostalgie », en tamasheq), ce blues du désert popularisé notamment par Tinariwen, Bombino et Mdou Moctar. Comme les Touareg, cette musique se joue des frontières et résonne aussi bien en Algérie avec le groupe Imarhan, au Niger avec Etran de l’Aïr ou en Mauritanie avec les réfugiés maliens de M’berra Ensemble.

« ACHINKAD », D’IMARHAN

Un feu de camp dans le désert, près de Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie. Au milieu de la nuit, une voix s’élève, accompagnée de guitares acoustiques, de percussions puis de chœurs : « C’est l’histoire d’une gazelle forcée d’abandonner son petit/Le danger est venu dans sa patrie, la paix n’y réside plus. »

Telle est la poésie d’Imarhan (« Ceux dont je me soucie », en tamasheq), groupe touareg dont le morceau Achinkad, dévoilé mi-octobre, annonce la sortie d’Aboogi, son troisième album, prévu fin janvier 2022. Puis la guitare électrique prend le relais, le rythme se précipite, des youyous retentissent… Entre douceur et transe, Imarhan chante la nature, l’oppression et la jeunesse touarègue oubliée des gouvernements.

« TOUBOUK INE CHIHOUSSAY », D’ETRAN DE L’AÏR

A environ 800 kilomètres plus au sud, nous voici à Agadez, au Niger. C’est là que sévit le groupe Etran de l’Aïr (« Les étoiles de l’Aïr », du nom du massif montagneux qui couvre la région), qui écume depuis vingt-cinq ans les fêtes de mariage. Mi-février 2022, il fera paraître son deuxième album, sobrement intitulé Agadez et dont est issu le morceau Toubouk Ine Chihoussay (« Fleur de beauté »), sorti début octobre.

Formation de rock saharien composée de frères et de cousins dont les familles, nomades, ont fui les grandes sécheresses des années 1970, Etran de l’Aïr veut faire danser non seulement les Touareg, mais aussi les Toubou, les Zarma, les Haoussa… « Il suffit de nous inviter et nous jouons », précise Abindi, son leader.

« CURFEW », DE KHALAB & M’BERRA ENSEMBLEhttps://www.youtube.com/embed/Yw9_C2bESNs?autoplay=0&enablejsapi=1&origin=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr&widgetid=3

Enfin, direction M’berra, dans le sud-est de la Mauritanie, une « ville » surgie du sable à la faveur des déplacements de populations liés à l’insécurité dans le nord du Mali. C’est dans ce camp de réfugiés que des artistes arabes et touareg ont créé le groupe M’berra Ensemble, afin d’y trouver réconfort et dignité.

En avril 2021, ils ont fait paraître un album, M’berra, en compagnie du producteur italien de musique électronique Khalab et avec le soutien de l’ONG d’aide humanitaire InterSOS, basée à Rome. Un disque original et futuriste, où se mêlent guembri, guitares et machines, et dont la version vinyle est accompagnée de portraits des musiciens réalisés par le photographe franco-italien Jean-Marc Caimi.

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