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Samir Hchicha pour RadioHchicha.COM 🙂

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TV5 Monde Avec Bania, réinventer la tradition de la musique Diwan d’Algérie

20 OCT 2015 Mise à jour 21.10.2015 par TV5MONDE Web

Ils s’appellent Bania, ils sont huit musiciens en provenance d’Algérie et ils plongent dans la tradition musicale Diwan pour produire un album ou la culture musicale ancestrale rencontre les sonorités de la guitare et des volutes orientales.

Bania sont un groupe de huit musiciens. Ils étaient récemment  de passage dans les locaux de TV5MONDE pour défendre leur nouvel album Alwane.

Leur musique doit beaucoup à la tradition de la musique Diwan, variante algérienne de la musique Gnawa, popularisée surtout au Maroc par le festival des musiques Gnawa. Mais la musique Gnawa est présente dans tous les pays du Maghreb, pétrie des traditions de l’Afrique noire importées dans les pays du nord de l’Afrique.

Amoureux du guembri, ce luth basse si caractéristique de la musique Gnawa, autant que de la guitare, Bania s’essaie aux métissages à au renouvellement des codes de cette musique ancestrale.

Alger. 8e Festival diwan: « Lemchaheb » en ouverture

ALGER – Le groupe marocain mythique des années 1970 « Lemchaheb » a animé samedi à Alger un concert empreint de nostalgie, d’authenticité et d’énergie devant un public d’initiés, en ouverture du 8e Festival international de musique diwan.

Inaugurée par le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui a rappelé dans son allocution l' »importance » de ces expressions culturelles émanant d’un « patrimoine ancestral », cette édition a accueilli les compagnons de Mohamed Hamadi pour la première fois dans ce festival en plus des jeunes de « Diwan Gnawa El Kandoussia », premier prix du festival national qui s’était tenu en juin dernier à Bechar.

Connu pour avoir révolutionné la musique marocaine dans les années 1970 et 1980, « Lemchaheb », dont la musique, le verbe et l’énergie sur scène n’ont pas pris une ride, ont revisité leur répertoire devant un public algérois encore peu nombreux à cette soirée inaugurale.

« Ya chrâa », « Hamouda », ou encore « Ya latif » sont autant de succès joués sur des rythmes de musique gnawa soutenus par une instrumentation puissante et riche en percussions -bendir, tumba et batterie- qui ont séduit le public qui a également retrouvé des succès repris par des groupes du Sud-ouest du pays comme Hasna El Becharia et Essed- où les auteurs de la célèbre « Hakmet laqdar » connaissent un succès phénoménal.

Plus tôt dans la soirée, les tbel (tambours) des jeunes musiciens de « Diwan Gnawa El Kandoussia » avaient annoncé l’ouverture du festival avec un spectacle dynamique émanant de la tradition diwan dans ses aspects chorégraphiques et musicaux les plus authentiques.

Menée par un maâllem âgé de 21 ans au goumbri, la troupe a présenté, lors de son passage sur scène, un son irréprochable au goumbri en plus d’une grande maîtrise au chant des bradjs et de la danse koyo traditionnelle pratiquée dans le diwan.

Ayant pour objectif de « faire aimer le patrimoine populaire à la jeune génération » en l’intégrant d’un mouvement folk de l’époque, « Lemchaheb » ont également partagé la scène le temps de deux morceaux avec les jeunes musiciens de Kenadsa qui ont assuré les karkabou et la danse.

Ce groupe réactionnaire basé sur une poésie populaire et de la folk, créé en 1974, devrait prochainement entamer le tournage d’un film documentaire sur leur parcours en collaboration avec le réalisateur algérien Laarbi Lekhal en plus de la sortie prochaine d’un nouvel album au Maroc.

Inauguré samedi, le 8ème Festival international de musique diwan se poursuivra jusqu’au 27 août au théâtre de verdure Saïd-Mekbel du Bois des arcades avec encore à l’affiche trois autres lauréats du festival national, « Lemma Becharia », « Ifrikya Spirit », Hamid El Kasri (Maroc), « Bassekou Kouyaté & N’goni Ba » (Mali), Richard Bona (Cameroun) « Malted Milk & Green » (France-USA).

APS Dimanche, 23 Août 2015

La musique touarègue à la source : Lalla Badi et Tinariwen

PAR NADIA BELALIMAT

C’est une occasion exceptionnelle qui s’offrira à tous les amateurs de musique touarègue d’assister au concert de Lalla Badi et de Tinariwen le 13 décembre 2014 à Paris. L’écrin majestueux des Bouffes du Nord répondra certainement aux exigences du décorum que les Touaregs affectionnent pour les grandes occasions, et sans aucun doute, ce concert en est une. Invitée du groupe culte des Touaregs qui finit sa tournée fleuve Emmaar (la brulure) par cette date, Lalla Badi, si elle est peu connue en Occident, est une figure de la vie culturelle du monde touareg. Souvent primée en Algérie, elle s’est déjà produite à Paris en 2003 avec sa troupe Issekta (Souvenir) et dans plusieurs festivals internationaux consacrés aux musiques du monde depuis 1973. Elle est la marraine du style musical qui a révolutionné la culture saharienne il y a plus de 40 ans et dont les Tinariwen portent depuis haut et fort les couleurs dans le monde entier.

Du haut de ses 75 ans, elle incarne le dynamisme artistique touareg contemporain et est une actrice majeure de son renouvellement esthétique et musical. Originaire de la région frontalière de Timyawin (Algérie), comme les membres fondateurs des Tinariwen, elle a surtout marqué sa génération et les suivantes lors des soirées musicales qu’elle organisait à Tamanrasset, dans le quartier des Touaregs maliens, Tahaggart-shoumera, regroupés ici en diaspora depuis les années 60.C’est tout autant par la maitrise de son art, l’élégance puissante de son chant que par son rôle social extraordinaire qu’elle devient l’égérie des Touaregs des années 70 et 80, les jeunes années des Tinariwen, foisonnantes de chansons et de mélodies . Depuis, elle n’a cessé de chanter chez elle, à Tahaggart où le puits du quartier porte son nom, et où son esplanade de tendé a laissé place à un hôpital.

Le tendé et l’iswat sont les deux répertoires typiquement féminins de l’art du chant touareg. Si Lalla Badi incarne l’excellence du tendé, ces deux genres constituent l’héritage musical majeur des Tinariwen qu’ils ont adapté à la guitare, transcendé et sublimé. Le tendé est un genre festif, joué lors de célébrations multiples comme les mariages, les baptêmes, mais tout aussi bien pour le goût de la fête et des retrouvailles (takoubelt) que les nomades affectionnent lors de l’hivernage lorsque le bétail dispose de pâturages et d’eau en abondance et que les campements se fixent. En milieu rural, il est performé sur l’esplanade du lieu-dit de la fête : un groupe de femmes se regroupent autour du tendé, un mortier tout à fait usuel sur lequel on a tendu une peau régulièrement arrosée d’eau, et la soliste entame un cycle de chants posés sur le beat enlevé de la percussion du membranophone et le clappement des mains syncopé des autres femmes. Dans un tendé accompli, des cavaliers montés sur leurs dromadaires forment un carrousel autour des femmes qui continuent de jouer, la soliste de chanter, alors que le rythme du tendé et celui des pas des montures ne forment plus qu’un.

L’iswat est un genre plus confidentiel, nocturne contrairement au tendé, et plus mélancolique, réservé aux jeunes gens, que ce soient les artistes ou l’audience. Toutes les grandes chanteuses de tendé se sont formées avec la pratique de l’iswat dans leur jeunesse. Originellement c’est un genre a capella mais qui tend de plus en plus à être accompagné d’une percussion (tendé ou bidon) et / ou de guitare. Surtout, l’iswat se caractérise par un chant lead féminin et d’un chœur d’hommes (issigdalen) qui tient la ligne de basse. On retrouve cet harmonique décisif et caractéristique dans les guitares de Tinariwen et de tous les jeunes artistes qui ont adoptés leur style de jeu à leur suite. Enfin, c’est la puissance mélancolique et mélodique de ce répertoire qui domine et son dépouillement esthétique. C’est le répertoire où la fibre nostalgique de la poésie chantée touarègue s’exprime avec force.

Lorsque Lalla s’installe à Tahaggart, dans la banlieue de Tamanrasset qui n’est encore qu’un village, au début des années 1970, il n’y a que deux maisons et beaucoup de désolation dans les tentes alentours. La diaspora nord malienne, fuyant une situation répressive dans le Nord du Mali ou les sécheresses successives, s’y installe progressivement. Ouvrant sa maison aux familles sinistrées, elle va prendre l’habitude d’organiser des soirées de tendé, où la bienséance est de mise, dans ce quartier encore mal perçu par les natifs de la région. Elle sera la première à importer le style musical des Touaregs maliens dans le sud algérien qui finira par dominer largement tous les autres, confirmant sa suprématie artistique. Les tendé de Lalla d’ailleurs ne vont pas tarder à emporter l’adhésion de toutes les communautés de Touaregs, à Tamanrasset comme ailleurs au Sahara, grâce aux cassettes qui sont enregistrées à Tahaggart. Les jeunes Tinariwen sont là bien sûr et tout en défrichant les possibilités d’un nouveau son à la guitare, peaufinant leurs messages, ils continuent grâce à elle leur éducation musicale et culturelle alors que le déracinement frappe toute leur génération. Avec ces cassettes, Lalla va aussi participer à la prise de conscience collective des Touaregs, sur les crises sociales et politiques qu’ils traversent pendant toutes ces années, et que les premières chansons de Tinariwen confirment de façon radicale, dès la fin des années 70 et plus encore pendant la décennie suivante. A sa façon, elle chante la vie et les aventures des ishumar qui circulent aux quatre coins du Sahara et dont géographiquement Tamanrasset est le centre névralgique. Les jeunes s’arrachent ses cassettes et font des milliers de kilomètres pour la voir chanter. De même que, dix ans plus tard, la même passion collective sera catalysée et incarnée par les Tinariwen dont les chansons accompagneront la rébellion de 1990 au Nord du Mali après l’avoir annoncée avec leurs cassettes auto produites, dupliquées, transportées, écoutées par toute leur génération.

Alors que le groupe atteint son apogée saharienne au début des années 90, le syncrétisme du tendé-guitare se concrétise : Lalla et les Tinariwen performent ensemble dans quelques soirées et les cassettes de l’époque témoignent de la « modernisation » du tendé ou de la veine « traditionnelle » de la guitare des Tinariwen. Les deux genres cependant ne s’excluent pas et se renforcent mutuellement. Lalla a depuis bien longtemps intégré un guitariste dans sa troupe Issekta alors que ses « enfants » parcouraient le monde avec leur guitare et la mémoire vive de sa voix.

C’est donc un moment unique que nous offre le bien nommé festival World Stock – La musique des Mondes : des artistes aguerris par plus de 40 ans de performances, aux destins artistiques communs, au firmament de la maitrise de leur art, hérauts de leur culture coulée dans un apparat élégant et chatoyant, des performers hors pairs et réunis enfin sur une même scène européenne : la diva du tendé et le groupe culte de la guitare touarègue.

11 DÉCEMBRE 2014 | Nadia Belalimat, Anthropologue.

Page personnelle : http://www.centre-cired.fr/spip.php?article1349

La musique touarègue à la source : Lalla Badi et Tinariwen aux Bouffes du Nord le 13 décembre 2014.

Pour ceux qui ne pourront assister au concert des Bouffes du Nord, ils auront la chance de pouvoir les entendre le dimanche 14 décembre à Paris à l’occasion de La Grande Fête touarègue de l’Association Telilt à partir de 17 h à la Salle Olympe de Gouges, 15 rue Merlin, 75011 Paris.

Métro : Voltaire, Père Lachaise, Philippe Auguste / Bus : 61 ou 69. Entrée et participation libre.